La TVA « sociale » ou comment le MEDEF veut, sans en avoir l’air, baisser les salaires ?

Publié le 06 décembre 2011 par Forrestgump54

L’Association française des entreprises privées (AFEP) et le MEDEF ont pris position pour une nouvelle TVA dite TVA "sociale".
Dans le concret, il s’agit de transférer les cotisations patronales sur la TVA et la CSG. Pour l’AFEP, « un passage de la TVA à 21 % dégagerait une recette supplémentaire de 13 milliards qui permettrait d’alléger d’autant la part des cotisations sociales » c'est-à-dire essentiellement les cotisations patronales. Le MEDEF estime à 70 milliards de réduction des cotisations patronales (7,5 points) et salariales (4,5 points), remplacées par des impôts (2 points de CSG et TVA à 25 %).
Devinez qui paierait le manque à gagner des cotisations patronales ? Essentiellement les salariés et les retraités ! C’est inacceptable !

Augmenter la TVA augmenterait évidemment les prix, et donc toucherait à la consommation qui est le moteur de l’économie. En effet, près de 95% de la population active est salariée, auxquels s’ajoutent évidemment les retraités.
Augmenter
la TVA, (même si on l’appelle TVA sociale) freinerait donc un peu plus la croissance.
Ajoutons que la TVA est très inégalitaire, car sa part dans un budget d’une famille au SMIC est plus importante que dans les revenus plus élevés.
Le patronat veut réduire ce qu’il appelle « le coût du travail » qui est la somme du salaire net et du salaire socialisé.

Or en 20 ans, la part des salaires dans le produit intérieur brut de la France a baissé de 10%, soit près de 200 milliards d’Euros actuels, qui permettraient de combler le déficit budgétaire, de répondre aux besoins sociaux urgent, de relancer l’investissement productif. Ces sommes sont à comparer aux 170 Milliards de trésorerie des entreprises du CAC 40, des 210 Milliards de dividendes versée en 2010 par les sociétés non financières. Il faut une autre répartition des richesses !
Aller plus loin encore ? Lorsqu’on voit conséquence (chômage endémique, précarité généralisée, mal vie, délinquance, etc.), est-ce sérieux ? Est-ce durable ?
Aller plus c’est sous prétexte de concurrence, vouloir rapprocher le niveau des salaires en France, des salaires les plus bas au monde : alors, objectif Chine ?
Le patronat revendique une conception de la rémunération limitée au salaire net, qui lui permettrait d’en accélérer la baisse, car pour lui, tout salaire, même le plus léger, est une charge ; et une charge c’est évidemment trop lourd !
La Sécurité sociale ne serait alors plus financée que par l’impôt. Au moment où l’Etat a le regard fixé sur la ligne bleue de la « réduction des déficits », multiplie les déremboursements de médicaments, retarde la revalorisation des prestations, etc. on mesure les risques qu’il y aurait pour l’immense majorité de la population, de financer la protection sociale par la TVA et la CSG, tant en matière de santé publique, d’emploi et d’activité économique, que de baisse de pouvoir d’achat !
Vous l'aurez compris, il n'y a rien de social dans la TVA.
A l'opposé la CGT revendique comme une conquête essentielle un système de financement de la protection sociale qui échappe à la loi du marché, qui repose sur la valeur ajoutée en prélevant d’abord sur les profits.
Pour la CGT, l’avenir passe par la satisfaction des besoins, la solidarité, la démocratie au service de tous. L’avenir c’est mettre enfin le progrès scientifique et technologique au service de l’homme, c’est respecter l’environnement, c’est la coopération internationale plutôt que la loi de plus fort et la guerre.
=> Refusons l’austérité,
=> exigeons une autre répartition des richesses,
=> défendons la protection sociale !

Source : le blog de l’UL CGT de Dieppe

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