Depuis la publication en 1993 du "rapport Martre" définissant cet "outil" comme celui de "la connaissance et de la compréhension permanente des réalités des marchés" et qui articulait "l’ensemble des actions coordonnées de recherche, de traitement, de distribution et de protection de l’information utile aux acteurs économiques", et la création, deux ans plus tard, sous l’impulsion de Rémy Pautrat, du premier Comité de Compétitivité et de Sécurité Économique à l’échelle interministérielle et en partenariat avec de grands industriels, de l’eau a coulé sous les ponts: parmi les "sept thèmes sélectionnés" pour la matière dispensée en LMD (Licence Master Doctorat) figurent par exemple les "nouveaux paramètres des affaires dans la mondialisation" et les "enjeux de la propriété intellectuelle". Les futurs responsables des questions culturelles ou sociales sont donc concernés par la mise en place de ce dispositif. Reste que, nonobstant les cycles de formation qui existent déjà, notamment ceux de l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN), malgré l’adaptation rapide des services français -l’ancienne DST, aujourd’hui la DRCI, avait engagé dès 1973 une réflexion sur la protection des entreprises liées au secteur de la défense nationale-, la France demeure en retard en comparaison de ses concurrents européens et internationaux: récupération par le Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie d’une initiative dont le succès dépend pourtant de la capacité à mobiliser la totalité des départements ministériels, mentalité où la rétention de l’information signifie du pouvoir pour son détenteur, méfiance à l’encontre d’un domaine où l’activité d’espionnage côtoie l’essentiel d’une investigation qui doit rester légale et puiser dans les sources ouvertes, non intégration dans le processus décisionnel français -et ce, contrairement aux anglo-saxons qui en ont anobli le terme en "intelligence"- du renseignement encore assimilé par les milieux universitaires à de "coupables actions de barbouzeries", PME modestes souvent absentes des pôles de compétitivité.
C’est dire toute l’importance pédagogique de cette nouvelle discipline dans les campus. A condition toutefois que le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ne loupe pas la dernière marche : en pleine révision du PPN, le Programme Pédagogique National pour les Instituts Universitaires Technologiques (IUT), il faut souhaiter que la nouvelle grille des matières, tout en respectant le volume des horaires qui fait leur réputation -1620 heures de cours pour le DUT- prenne en compte l’instruction de l’intelligence économique. 90% des futurs diplômés en Techniques de commercialisation inscrits par exemple cette année à l’IUT de Nice Côte d’Azur entendent poursuivre leur cursus en École de commerce, intégrer un grand groupe industriel national. Ils envisagent aussi leur expatriation. Autant dire qu’ils seront frontalement exposés aux défis que l’intelligence économique cherche justement à relever. Amnesty International considère les trois défenseurs des droits humains zimbabwéens arrêtés e...