Patricia Laranco .

Par Ananda

Les rues

ces pentes de cristal

veulent fuir de sous les balcons

elles kidnappent les enfants

au long de leurs fleurs barbelées

en faisant rouler leurs cerceaux

et leurs roues de vélos sournoises

où vont-ils ? Disparaissent-ils ?

Est-ce par delà les jardins ?

Est-ce au détour d'un arbre clair,

à l'appel d'un nuage seul ?

Ils s'engouffrent

dans les châteaux

trop hauts, couleur de boue, de fer

par des fenêtres haut perchées;

les escaliers y sont légion.

Là, ils atterrissent en bas,

dans leurs entrailles compliquées

aux confinements clairs-obscurs

et ils passent de sas en sas

parmi les toiles d'araignée

et les pelages d'argent sourd

de loups qui hurlent à la mort.

Ce sont tous des Petits Poucets

qui essaient de tromper l'ennui

tombé des éclairages huileux,

des lèvres muettes animées

somnambuliques

qui statuent

à l'abri du moindre regard.

Patricia Laranco