Boulet is in da Lab! 1/2

Publié le 19 décembre 2011 par Taupo


Bon, je pense que les lecteurs assidus de SSAFT seront peu surpris mais il y a quelque chose que vous devez savoir sur moi: je suis un grand fan de Boulet
Et il s’avère que les réseaux inextricables d’internet ont mené les clics du célèbre dessinateur-blogueur sur mon humble blog, et qu’il semble avoir apprécié SSAFT. Du coup j’ai réussi à rentrer en contact avec lui à coup de tweets et commentaires, ou par exemple quand j’ai participé à un des évènements qu’il a organisés sur Facebook où les lecteurs étaient censés se photographier avec un des ‘Notes’ (les recueils papiers des strips qui paraissent sur son blog). Voici mes deux participations (trouvez quelle est la vraie):



Du coup Boulet a appris que j’étais résident temporaire à New York et m’a proposé qu’on se voit à sa visite de la grosse pomme… Y’a pas grand chose qui a pu me rendre à ce point euphorique!
Au final j’ai joué un peu les guides touristiques de fortune puisqu’il n’avait pas eu l’opportunité de visité la partie de la ville où je lui avais donné rendez-vous. C’était très sympa, on a surtout parlé BD (avec notamment une visite assez dingue dans un comics book store où il a trouvé une de ses BD traduite et commencé à expliquer au vendeur qu’il en était l’auteur: surréaliste!). J’ai fini la visite en lui proposant de visiter mon labo en France (je savais déjà que j’allais revenir pour de bon).
3 mois s’écoulent et nous voilà le jour J. Vran et Semik, tous deux thésards dans mon labo français, sont également de la partie. Ont été invités également Marie, Delphine, Fuzzyraptor et Benoit Crouzet.
Comme je trouve qu’on a vu pas mal de choses Strange et Funky, j’ai décidé de vous faire une visite virtuelle pour que vous puissiez en profiter aussi!
Alors, après avoir accueilli les invités dans notre salle de conférence, Vran nous a présenté, en quelques diapositives, les tenants et aboutissants de notre recherche. Les voici donc:

Pour commencer, on présente deux grosses pointures qui ont initié les réflexions sous-jacentes de nos recherches: Charles Darwin et Ernst Haeckel.  
Si Charles Darwin a fondamentalement révolutionné la biologie en développant la théorie de l’évolution, postulant notamment que tout être vivant est lié aux autres par des liens de parenté plus ou moins profond, Ernst Haeckel a de son côté mené une réflexion en proposant un rapprochement entre le développement des organismes et leur évolution. Là où il s’est un peu planté, c’est en postulant que des étapes de l’évolution étaient récapitulées durant le développement (avec une vue assez dirigiste de l’évolution où les organismes auraient franchi des étapes au cours de l’évolution). Les deux théories ont depuis été remaniées (surtout celle d’Haeckel) et ont permis l’avènement d’une nouvelle branche de la biologie, mariant l’évolution et le développement: l’Evo-Devo:

 



Cette discipline s’attache donc à étudier les mécanismes de l’évolution à travers l’étude du développement des organismes. Et on utilise de nos jours des techniques de pointes comme la comparaison des données génomiques  pour retracer les liens de parenté entre organismes, et des méthodes de microscopie fluorescentes pour suivre leur développement jusqu’au niveau cellulaire.

Cette diapositive (que les fans de Vran reconnaitront), présente le groupe d’animaux auquel notre laboratoire s’intéresse particulièrement: les Bilatériens (des animaux qui possèdent une symétrie bilatérale, c’est à dire qu’un plan de symétrie qui passe par leur milieu).
Les Bilalériens se divisent en 3 grands groupes aux noms quasi imprononçables: les Deutérostomiens, les Ecdysozoaires et les Lophotrochozoaires. Vous remarquerez que nous, vertébrés tétrapodes mammifères, appartenons au groupe des Deutérostomiens dans lequel on retrouve tous les autres vertébrés (comme la poule, la souris, le poisson), mais aussi… l’oursin! Si beaucoup de travaux en biologie ont été effectués sur les Deutérostomiens et les Ecdysozoaires (comme la mouche du vinaigre, Drosophila melanogaster), on ne peut pas dire autant pour le dernier groupe, celui des Lophotrochozoaires. Pourtant, si on veut retracer le portrait robot du dernier ancêtre commun de tous les Bilatériens, un ancêtre appelé Urbilateria, il ne faut pas négliger ce dernier groupe.


Est-ce que toute la communauté scientifique travaille uniquement sur les 2 premiers groupes? Non! Un groupe de chercheur, tel un petit village gaulois, résiste et a décidé d’étudier le développement d’un organisme modèle Lophotrochozoaire: il s’agit d’un ver annélide polychète dénommé: Platynereis dumerilii.

Sur ce, la présentation de Vran s’achevait et j’embrayais sur une petite vidéo mignonne pour en apprendre plus sur les mœurs de nos charmantes bestioles (en l’occurrence ici, une autre espèce mais du même genre: les néréides):