Les dirigeants irakiens s’entre-tuent.

Publié le 22 décembre 2011 par Plusnet

La cohabitation plus ou moins conflictuelle qui règne à la tête de l’Irak entre politiciens irakiens pro-américains et pro-iraniens –ou adeptes du double jeu -a volé en éclat : Nouri al-Maliki accuse Tarek al-Hashemi – un des vice-Présidents de la République – d’avoir tenté de l’assassiner, le 28 novembre dernier, dans la Zone verte hyper-sécurisée, près du Parlement où il devait prendre la parole. Mais Oussama al- Noujafi, président du Parlement, n’est pas de cet avis. Il affirme que c’est lui qui était visé. Selon un témoin, un kamikaze aurait pénétré dans l’enceinte du Parlement au volant d’un véhicule identique à ceux du convoi de Noujafi, ennemi politique du Premier ministre. Refoulé, faute de badge, il aurait alors actionné sa charge explosive. Un mandat d’arrêt ayant été lancé à l’encontre de Tarek al-Hashemi pour « terrorisme », le Bloc Iraqiya (82 députés, 9 ministres au gouvernement) auquel il appartient, a décidé, le 17 décembre, de boycotter le gouvernement. Il accuse Nouri al-Maliki d’avoir fait placer des chars et des véhicules blindés devant les résidences des dirigeants d'Iraqiya habitant dans la Zone verte.
Maliki : un dictateur pire que Saddam Hussein ! Tarek al-Hashemi s’est réfugié à Erbil, capitale de la Région autonome du Kurdistan, où il s’est placé sous la protection de Jalal Talabani, président de la République. Il crie au complot. Selon lui : « Al-Maliki est derrière tout ça. Le pays est entre les mains d'Al-Maliki. Tous les efforts faits en vue de parvenir à une réconciliation nationale et pour unifier l'Irak appartiennent au passé ». Ses accusations rejoignent celles de Salah al-Mutlaq, vice-Premier ministre, membre d’Iraqiya, qui a déclaré sur une chaîne de télévision irakienne : « Maliki est un dictateur pire que Saddam Hussein car ce dernier était un bâtisseur alors que lui n'a absolument rien fait». Le Premier ministre a réagi en le limogeant. La décision devra être confirmée par le Parlement qui se réunira à cet effet le 3 janvier prochain. Plusieurs observateurs notent qu’à chaque fois que la coalition chiite pro-iranienne prépare un coup de force ou se trouve en difficulté, un complot, un attentat ou un massacre arrive à point nommé pour resserrer les rangs de ses partisans. Pour Massoud Barzani, président de la Région autonome du Kurdistan, l’Irak s’achemine vers « une crise profonde » qui risque de faire effondrer le « processus politique ».
 Articles de Gilles Munier publiés par Mondialisation.ca