Where is the light of evolution?

Publié le 04 mars 2008 par Timothée Poisot

Nothing in Biology Makes Sense Except in the Light of Evolution disait Theodosius Dobzhansky. J’ai été contraint de repenser à cette phrase en visitant la grande galerie du MNHN. Pour quelle obscure raison?

J’ai été choqué par le manque de lumière qui règne dans la galerie. Par le manque de couleurs. Par le fait, que finalement, ça à l’air triste, tout ça.

J’ai été particulièrement attristé de voir ce qui était arrivé au specimen de Serranus scriba exposé. Alors que le poisson vivant est plutôt coloré (marron et blanc, avec des motifs bleus absolument superbes), celui qui est épinglé dans la vitrine est d’un pauvre gris terne. Il a fallu que je relise l’étiquette trois fois pour me persuader que c’était bien le poisson que je croisai à chaque plongée…

Certes, les lumières sont conçues pour recréer le milieu des animaux et plantes exposés. Mais on se retrouve avec de la couleur plus que de la lumière, et au final, tout est sombre et gris. Et ça se ressent d’autant plus quand on a un appareil photo à la main… Impossible de faire quoique ce soit en dessous de 400 ISO…

On peut croire que c’est un de mes coups de mauvaise humeur habituels, mais je pense que ça va plus loin. Il est important de sensibiliser la société aux menaces qui pèsent sur la biodiversité, et d’expliquer l’évolution (c’est moins important que le premier point, mais quand même…). Seulement, quand on a l’impression d’être dans une cave, ça ajoute un côté formel, quasi sacré à l’endroit.

Si on me permet une digression, cette atmosphère de gravité est justifiée dans la salle des espèces menacées… et disparues. Mais pas dans la galerie…

On peut voir le museum comme un “temple” à la biodiversité, mais ça ne devrait pas être incompatible avec une meilleure visibilité, une atmosphère moins impressionnante, plus accueillante. Pourquoi ne pas mettre des couleurs sur les panneaux (et, par la même occasion, les rendre plus attrayants à des yeux plus jeunes)?

J’ai l’impression que finalement, le lieu gagnerait en attractivité avec une ambiance un peu moins solennelle. Et que ça aiderait les visiteurs à se sentir concernés par les problèmes auxquels le museum a pour vocation de les sensibiliser.