Voir Firenze et payer

Publié le 05 janvier 2012 par La Bienveillante @Ema_Dellorto

Brice, Brice, Brice, bébé.

Un peu plus et je vais devenir Chevènementiste. Une maladie qui a traîné dans la famille mais que nous avons heureusement su éradiquer.

Lundi matin, Sapir nous joue le couplet de la fin de l'euro sur France Culture. Je n'essaierai même pas de prétendre que j'ai un avis qui vaut le coup sur ce point, blublublu comme dirait ma regrettée collègue.

Couturier résolument opposé fourbissait ses arguments contre une dévaluation d'un franc qui serait renaissant.

Le pétrole ! 

Ca n'a pas marché, parce son prix est en grande partie constitué de taxes. On pourrait toujours en acheter plein, avec notre monnaie de singe, se faire des bains de bouche, s'en arroser, se rouler dans le pétrole.

L'orgie pétrolière toujours à notre portée.

C'est là que ma position sur l'économie européenne a vacillé.

Le pauvre garçon, Brice Couturier, que je présume informé [huge fan, en général], n'a trouvé d'autre riposte que le voyage en Italie.

Comment ferait-on pour passer nos vacances en Italie si la valeur de notre monnaie était abaissée ?

Une question "confondante de naïveté bourgeoise", comme dirait une autre collègue, en forme.

Sapir s'est retenu d'effectuer une danse de joie et a doucement demandé "Vous savez combien de français passent leurs vacances à l'étranger ?"

Brice, blanc, on l'imagine, joue l'agacement : "non". Il se sait au tapis.

Au tapis par Sapir (pigé ?)

Rajoute, livide "Je ne l'ai pas en tête". Notre oeil.

L'autre, susurrant annonce 10%.

Moins de 10%, mégotons.

Mais moi je souhaite garder cette liberté.

Pardon : "Mais moi je souhaite garder cette liberté", dit le chroniqueur de France Culture.

Pas moi, je ne l'ai pas dit.

Cent-trente-deuxième minute, la vérité sort de la bouche de l'élite.

J'en suis ! Supprimez-moi mes escapades en Autriche, à Helsinki et New Dehli et je dépérirai, toute casanière que je suis.

Je souhaite garder la liberté de voyager.

Sapir, rassurant : vous pourrez toujours.

Mais il faudra payer.

Sans blague, tu t'imagines passer une semaine à Marrakech avec le pouvoir d'achat d'un marocain ? Ou une semaine à Bamako avec le pouvoir d'achat d'un Malien ? Ou une semaine dans n'importe quel foutu pays sous-développé avec le même pouvoir d'achat que les foutus sous-développés qui le peuplent ?

FAUT PAS DECONNER.

Pire : se retrouver à Rome avec le pouvoir d'achat d'un ouvrier chinois d'une usine de confection de vêtements H&M Trend ?

FAUT PAS DECONNER.

Du coup, Brice, coincé, a dit que le système proposé par Sapir était "autoritaire". Très peur. Fait très très peur, les systèmes autoritaires.

J'attendais tremblante la suite, vu que ce monsieur Sapir, comme l'avait assuré Couturier, est repris à l'envi par les Frontistes.

"Le contrôle des changes est un système autoritaire".

Les Iraniens seraient ravis d'échanger leur théocratie contre une monnaicratie.

Ca ferait de bien drôles de dissidents. 

L'archipel du taux de change, faudrait écrire. 

Y avait quand même dans le ciboulot de Brice cette hypothèse qui devait tourner en boucle ("si 10% des français partent à l'étranger tous les ans, peut-être qu'il y a un roulement et qu'au bout de 10 ans, tous les français sont allés un jour à l'étranger ?") parce qu'il a ensuite tenté d'accuser Sapir d'être à l'origine de la banqueroute de l'Etat russe de 1998. Mais ce dernier ne conseillait pas le gouvernement russe à cette époque donc ça n'allait pas, comme accusation.

C'était dur, après, parce que je sortais quasi de cette matinale en souverainiste.

Ce que je ne souhaite pas.

On m'a dit qu'ils n'avaient pas de très jolies peaux.