Carnets de tournée : The Dancers

Publié le 15 janvier 2012 par Teazine

En 2011, il y a un "jeune" groupe qui a fait un bond de géant : The Dancers. Ils se sont installés dans une ferme perdue au nord ouest d'Angers, histoire d'être bien sûrs de n'avoir rien d'intéressant à faire à part jouer de la musique. Ils ont bossé comme des dingues et ça leur a réussi. Ils ont changé de nom (adieu Misty Socks), fait un nouvel EP, trouvé un bon manager, gagné le prix Ampli Ouest France, et tourné comme jamais. Ils ont carrément fait la première partie des Subways sur une partie de leur tournée européenne. Qu'on aime ou pas la musique du trio anglais, on ne peut quand même pas nier que c'était une opportunité incroyable. J'ai demandé à cette très chère Clémentine, la bassiste, si elle voulait bien écrire pour TEA un article sur cette tournée justement, vue du côté du groupe directement. Elle s'est exécutée admirablement comme vous pourrez le voir dans la suite, agrémenté de jolies et exclusives photos argentiques prises par ses soins. 
The Dancers joueront le 20 janvier à Bordeaux au Chicho, le 3 février à l'International à Paris, le 18 au Chabada à Angers avec The Subways (tiens tiens), et aussi ailleurs, vous trouverez leurs dates ici.
EN TOURNÉE EUROPÉENNE AVEC THE SUBWAYS
En septembre/octobre/novembre, il s’est passé un truc vraiment magique pour mon groupe The Dancers : nous avons fait notre première vraie tournée en Europe. On ouvrait pour un groupe que l’on adore : The Subways. Tout le monde a déjà fredonné leur single "Rock’n’roll Queen" pendant l’adolescence. Mais les Subs n’ont pas chômé depuis cette époque Young For Eternity, et après un deuxième album que j’ai beaucoup aimé (All Or Nothing), ils reviennent avec un nouveau disque Money And Celebrity qui contient quelques singles pop-punk comme j’aime. Par où commencer ? On a pris le ferry tous guillerets pour traverser la Manche fin septembre, direction Manchester, la première des six dates anglaises. Whoooop ! Pour planter un peu le décor, on a bourlingué tout au long du périple dans un van six places nommé « Elvis » qui secouait pas mal, et accompagnés par un tour manager very nice, Jay.

J’ai envie de parler un peu de l’Angleterre, le pays où l’on a fait le plus de dates, et où l’ambiance tranche carrément avec la France. Il y a énormément de groupes et peu d’aides. Tout le monde se bouscule pour un même créneau, c’est une véritable compétition. En un mot, c’est un peu la jungle. Mais du coup on remarque que le niveau des groupes est meilleur, sans doute proportionnel à leur ambition. Pour résumer, il y a un peu moins de groupes pourris qu’en France. Peut-être. 
Dans l’ensemble les dates anglaises ont été rock’n’roll. Parfois on montait sur scène pour les balances, un peu à la bourre, et on nous disait "ouverture des portes dans 15 minutes les gars !", donc il fallait s’installer à fond les manettes. Mais c’est cool d’être confrontés à des situations un peu stressantes, on a l’impression d’apprendre notre métier. "5 minutes de balances ? Pas de soucis. Fais moi un peu de grosse caisse", disait notre cher Jay, toujours optimiste.

On a écumé des salles aux ambiances différentes : clean, un peu crades, magnifiques… Mais dans l’ensemble c’était très vivant. C’est débile mais on sent que les lieux dédiés à la musique ont vu passer un paquet de groupes. Là bas, la culture laisse des traces plus importantes, les gens sortent beaucoup plus voir des concerts ! Mes meilleurs souvenirs restent le KOKO à Londres, un superbe théâtre à l’italienne (on a d’ailleurs rejoué là bas depuis pour un Club NME !) ; et le Thekla à Bristol, un gros bateau. J’ai bien aimé dire au public "This boat rocks !", ça les a fait rire. Bref, ces deux semaines dans le pays qui a bercé la pop music étaient plutôt géniales. En plus, c’était carrément l’été indien là bas, tout le monde arborant T-shirt et sunglasses en octobre : le bonheur.
Bristol : "The boat that rocks!" Photos : The Dancers @ KOKO by Stuart Nicholls
Généralement on faisait deux soirs de concert, puis un jour de repos, c’est assez tranquille. On a continué sur ce rythme en passant par la Belgique, les Pays Bas, l’Allemagne, la République Tchèque, l’Autriche, la Suisse… Quand j’y repense ça me paraît complètement fou. Avant que la tournée ait commencé je n’imaginais pas vraiment d’"après" tellement ça me paraissait énorme comme expérience. Mais si, c’est possible, ce voyage est derrière moi et le temps ne s’est pas figé comme je le pensais. Je me revois encore dire "Tu imagines dans une semaine on est en Angleterre, on aura commencé la tournée !". Partir comme ça, c’était vraiment un rêve. Du coup j’avais l’impression de parler d’un truc irréel.



Des petits bouts de Dresden, Allemagne 
Je ne vais pas raconter chaque concert dans l’ordre chronologique parce que ça risque d’être profondément emmerdant, mais j’aimerais évoquer quelques souvenirs qui m’ont marquée. Le premier concert en Allemagne, à Hambourg, me fait l’effet d’une bombe dans le cœur en y repensant. Si ça se trouve ce n’était pas notre meilleure performance, mais j’ai vraiment eu l’impression d’être une rock star dans un stade ce jour là. Il faut savoir que les Subways ont vraiment la cote en Allemagne, genre ils remplissent des salles de 1000/2000 personnes. Le soir de ce concert la capacité de la fosse était de 1200 places et c’était SOLD OUT. Ouh yeah! On se préparait, backstage et tout, quand Mathieu – notre batteur - est revenu en nous racontant que les gens couraient dans la salle dès l’ouverture des portes pour être au premier rang. Oh my god!! Tout le monde est donc arrivé à l’heure pour notre concert : à 19h30 ! Je me rappelle d’un sms de ma maman "Hambourg ! Comme les Beatles ! C’est un signe, chérie !!".
Et on a même dédicacé des polas

On est donc montés sur scène tous frétillants et on a balancé la sauce. J’ai vraiment eu la sensation de prendre confiance ce soir là. L’enthousiasme du public nous a porté pendant ce concert, et j’ai compris que j’avais réellement une raison de m’agiter partout sur scène : j’étais en train de participer au bonheur des gens ! L’Allemagne est un pays où j’ai vraiment aimé jouer. Notre musique a été accueillie avec chaleur, le public est spontané, tout le monde vient aux concerts pour s’éclater, et ça fait beaucoup de bien ! J’ai l’impression qu’en France on est un brin plus snob…

Les Autrichiens ont été un peu plus réservés, mais pas moins attentifs. Même s’ils paraissaient un peu plus timides que les Allemands fêtards, je pense qu’ils ont réellement écouté notre musique, et que pas mal l’ont appréciée puisqu’on a eu de bons retours. Oh, et puis on s’est promenés à Vienne, c’était magnifique ! C’est Toph, de Trouble Over Tokyo qui nous a fait visiter. Au passage, on aime vraiment son projet.
Pour continuer avec les pays de l’est, à un moment on a atterri en République Tchèque pour une date à Prague. C’est le seul mauvais souvenir de la tournée : Corentin a eu une extinction de voix à ce moment là, et pour un chanteur c’est vraiment pas drôle. On a quand même fait le concert, sauf que j’ai chanté toute seule. J’avais l’impression d’être toute nue. Heureusement le public était vraiment à fond, j’ai expliqué notre petite galère et le concert s’est bien passé. Et puis on était gâtés : en plus d’avoir une audience sur les starting blocks, on jouait sur une belle scène en demi-cercle, ce qui faisait qu’on avait des gens presque tout autour de nous ! Magique.
    Un aperçu de la tournée en vidéo 
Si la tournée s’est vraiment bien passée, c’est aussi qu’on s’est très bien entendu avec les Subways et leur équipe technique. Je pense que de nos jours, c’est rare les groupes aussi humbles. Ils étaient gentils, tout simplement, et contents de tourner en notre compagnie. Après quelques concerts, Josh (le batteur) nous a demandé si on voulait bien qu’il fasse nos lights sur les concerts, on était trop touchés ! Il a été notre technicien lumière jusqu’à la fin de la tournée, c’est vraiment excellent quand j’y pense. À chaque fin de set, on lui faisait une petite dédicace en l’appelant par un faux nom pour se marrer.
Josh, avenant
The Subways en live, ça poutre sérieusement. Je crois que j’ai assisté à tous leurs concerts sans exception, et j’ai toujours été contente d’entendre leur setlist. Au bout d’un moment je la connaissais par cœur… L’entrée de scène explosive avec "Oh Yeah", les premiers accords de "I Wanna Hear what you’ve Got To Say" qui font toujours frémir, la foule qui devient une énorme vague lorsque tout le monde se met à sauter pour "Rock’n’roll Queen", "With You" magnifique en rappel.

The Subways @ Komplex, Zurich, par moi même 
Pour être sincère, j’ai vraiment peur de ne jamais revivre cette expérience. Parce que mine de rien, après un moment aussi grisant, il y a forcément un coup de mou. Je pense qu’on a pas trop mal rebondi, en remportant le prix Ampli Ouest France juste après (ouaiiiis) et en rejouant au KOKO pour un Club NME. Et en ce moment on travaille sur de nouveaux morceaux, c’est une autre dimension de la vie d’un groupe, tout aussi intéressante. Mais quand même. Je veux repartir, vivre dans ma valise pendant deux mois, sautiller partout sur scène et rendre les gens heureux.

See you !

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