Révolution(s) 2.0 : Le Printemps de Téhéran

Publié le 17 janvier 2012 par Cath_woman @Cath_woman
Iran : La révolution verte confisquée

En 2009, le vert recouvrit l’Iran. Chacun arborait rubans et vêtements aux couleurs d’un espoir à portée de main. Les manifestations étudiantes participèrent à cette déferlante. Mais une couleur en remplaçant bien vite une autre, le rouge (ironiquement couleur complémentaire du vert dans la chromatique) fit son apparition. Le rouge de la répression quant au lendemain des « élections » (12 juin) qui ont maintenues frauduleusement Mahmoud Ahmadinejad au pouvoir, certaines voix s’élevèrent pour demander « where is my vote? » (i.e. où est mon vote?). Le vert devient la couleur stigmatisante de ceux qui ont osé.

Le diable Internet

Le Printemps de Téhéran montre les exactions d’une armée, d’une milice et d’un état répressif. La parole tue autant que l’écriture. Des tweets partirent de quelques smartphones, des vidéos ont circulé sur YouTube, Facebook ne fut pas en reste et des blogs faisaient état de la réalité de la rue. Qui vit et respire médias sociaux n’a pu oublier Neda Soltani. Une cyber-armée fut consituée. Il fallait couper les canaux de communication, rendre inopérant Internet, faire taire le peuple iranien.

Les hackers ne connaissent pas de frontière, pas plus que l’ingéniosité de ceux qui veulent montrer au monde leur stupeur et leur effroi.

Azedeh et Keveh, deux étudiants à Téhéran

Le spectateur est guidé par deux étudiants (fictifs et pourtant…) : un garçon et une fille. Ils nous guident dans leur révolution qui pourrait bien être celle de tout citoyen victime d’oppression. Les témoins qui se succèdent face à nous ne sont pas présentés, aucun banc-titre portant mention de leur nom, on comprend que certains ont fui l’Iran. Dans un premier temps, on peut se sentir gêné par cette absence de précision… et puis on peut imaginer le parti pris du réalisateur qui fait ainsi tomber une barrière : le spectateur est face à des hommes et des femmes qui partagent leur histoire, une histoire qui aurait pu être la nôtre si notre naissance n’en avait pas décidé autrement. Pour un instant on oublie leur nom (que l’on retrouvera au générique), l’essentiel réside dans ce qu’ils ont vécu.

Lui, parle des larmes qu’il n’a pu contenir face à l’humiliation qu’il a vécu. Elle, tremble la nuit et se demande si Dieu tremble aussi.

Une révolution volée, une répression silencieuse

L’Iran est toujours sur le devant de la scène. L’arme nucléaire et son utilisation possible contre Israël occupent bien plus nos colonnes que les blogueurs arrêtés et condamnés à des peines de 20 ans de réclusion comme Hossein Derakhshan (considéré comme le père des blogs et des réseaux sociaux dans cette partie du monde) alors même que le blogueur Vahid Asghari avait écrit à un juge, en octobre 2009, une lettre précisant qu’il avait été torturé, contraint à faire des « aveux » télévisés et forcé à l’accuser d’espionnage.

Cyber-action contre cyber-armée

Nous qui passons beaucoup de temps sur les médias sociaux à traquer le moindre mème, lol-cat ou top des flops, qui les relayons, commentons voire écrivons dessus… nous pouvons et nous avons sans aucun doute la responsabilité de relayer les actions menées en Iran ou ailleurs, les messages, les images afin que toutes les Neda, Hossein, Vahid, Azedeh et Keveh ne soient pas juste des images pixelisées, saccadées diffusées sur nos écrans « déconnectés ».

Ne manquez donc pas Le Printemps de Téhéran : L’histoire d’une Révolution 2.0 qui sort dans vos salles ce mercredi 18 janvier.

Merci Arash pour l’invitation.

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