Escapade à Pékin en période de Nouvel An Chinois

Publié le 21 janvier 2012 par Neoyak

Pour des formalités administratives, j'ai dû me rendre très récemment à l'ambassade de France à Pékin. Mais avec le nouvel an chinois très proche (23 janvier 2012), la Chine est entrée dans la période du ChunYun (春运), littéralement "transports pendant le printemps", "printemps" désignant en fait le début du printemps c'est à dire le nouvel an dans le calendrier lunaire traditionnel.

Dans cette période de ChunYun, des centaines de millions de personnes se déplacent pour rentrer passer les fêtes dans leur famille au loin. Cela concerne les ouvriers migrants, petites mains de la réussite économique de la Chine, mais aussi beaucoup de cols blancs, ayant trouvé un meilleur travail loin de leur région natale, cherchant la réussite dans les grandes villes.

Il est généralement déconseillé pour des touristes étrangers de voyager en Chine durant cette période, tant les transports peuvent être pénibles : nous avions tenté l'expérience de voyager à ce moment en 2008, c'est beaucoup de fatigue à la clé comme on peut le voir sur cet ancien article !

Ce mouvement collectif - la plus grande transhumance humaine au monde - est majoritairement à sens unique : des grandes villes (en particulier Pékin, Shanghai, Canton et Shenzhen) vers les provinces du centre avant le nouvel an, puis retour vers ces mêmes villes une ou deux semaines plus tard.

Du coup, il est relativement facile de se rendre dans des grandes villes juste avant le nouvel an, rares étant les Pékinois ou les Shanghaiens à partir travailler en province. Mais quand on n'y va qu'une journée comme c'était mon cas, toute la difficulté est de revenir... Heureusement, Handan n'est pas très loin de Pékin (450 km de train) et il y a un train quotidien de Pékin ayant Handan pour terminus, sur lequel on arrive à trouver des places même deux ou trois jours à l'avance - même si ce sont des places debout. Sur des trajets longue distance, les billets sont d'une part plus difficiles à acheter, et d'autre part on accepte moins de faire 20, 30 ou 40 heures de train sans place assise garantie.

Mais j'ai retrouvé avec nostalgie l'ambiance bien typique de la Gare de l'Ouest de Pékin en période de fêtes : ouvriers migrants, cols blancs et familles se retrouvent dans une foule humaine finalement très bien canalisée par une administration rodée à ces grands mouvements humains.

L'imposante Gare de l'Ouest de Pékin

Depuis le premier janvier, tous les billets de train doivent comporter le numéro de carte d'identité (ou de passeport) du voyageur (alors qu'avant seuls les trains rapides le demandaient), et dans les grandes villes comme Pékin, cela est contrôlé à l'entrée dans la gare. En ajoutant le scan des bagages et les longues marches à l'intérieur de la gare, on se rapproche progressivement des délais pour prendre l'avion. Mais bien sûr, si l'on voyage 36 heures, la durée relative reste tout à fait raisonnable !

Salle d'embarquement dans la Gare de l'Ouest

Bravant la foule, je finis par arriver dans la salle d'embarquement de mon train pour Handan (6h pour 450 km, pas terrible comme moyenne) , et je ne suis visiblement pas le seul. Comme le dit si bien le proverbe Chinglish "People Mountain People Sea" (du chinois 人山人海), c'est une véritable marée humaine, que l'on retrouve d'ailleurs dans chacune des 10 salles d'embarquement. Mieux vaut ne pas être agoraphobe !

De retour à Handan, c'est décidé, je ne bouge plus des vacances !