Après le quartier Saint-Michel et Caudéran en 2011, un troisième atelier de la coéducation s’est tenu lundi soir à la Ludothèque Interlude à La Bastide. Une vingtaine de parents y étaient présents. Dialoguer de manière constructive «sans récrimination», c’est le pari lancé par la ville de Bordeaux qui organise ces tables rondes autour de l’accueil des bambins en dehors du temps scolaire (matin, midi et soir et les vacances scolaires). Il s’agit de se pencher, par exemple, sur le fonctionnement des accueils périscolaires et des centres d’accueil et de loisirs. « Ces ateliers doivent permettre de faire rencontrer les adultes qui entourent l’enfant durant ces temps. Parents, animateurs, service de la ville... Il s’agit d’un espace de dialogue où la singularité de chaque témoignage est respectée », synthétise Brigitte Collet, adjointe au maire chargée de l’enfance et de la famille. Totalement innovants, ces ateliers se démarquent par leur caractère partenarial. « C’est le lieu pour que nous élaborions positivement le projet éducatif de la ville que nous souhaitons bâtir ». Chaque participant est informé des ateliers à venir et peut à loisir y participer de nouveau. Une fois le tour des quartiers effectué, une restitution « avec les questions essentielles » sera présentée.
À La Bastide...
D’interrogations, il n’en manquait pas à la Ludothèque lundi. « Mon fils est en CP cette année, il se retrouve donc avec des géants de l’élémentaire, c’est chaud (sic), s’inquiète une maman. J’aimerais qu’il ait des temps calmes, à la bibliothèque par exemple mais la demande est telle que la liste d’attente est gérée au trimestre ! ». « Nous avons mis en place des activités sur la base du volontariat avec l’aide de la ludothèque avant et après le repas, l’informe Didier Dubasque, de la Direction de l’éducation et de la famille à la mairie de Bordeaux, il s’agit d’activités légères : des jeux de ballons, de cerceaux avec les agents... Dans les 2-3 écoles, ça a très bien fonctionné ». Pendant près de deux heures, de nombreux sujets sont abordés au gré des ressentis des parents. L’échange y est chaleureux, constructif. Mais aucune difficulté n’est éludée. Une maman évoque «la transition difficile» pour sa fille, entrée en primaire et qui fréquente les accueils périscolaires : « J’ai l’impression que c’est du gardiennage ». Une seconde femme enchaîne : « Rien n’est proposé pour mon garçon. On le met devant un film de Walt Disney tous les soirs. ça n’a aucun intérêt, c’est complètement abrutissant. En plus, le bouche-à-oreille est négatif ». L’animatrice du groupe l’interroge : « Qu’est ce que vous faites à partir de ce constat ? Je serais dans votre position, j’irais interroger l’équipe ». Le sujet accapare l’attention des participants pendant de longues minutes. Une voix s’élève, celle d’une responsable de la ville de Bordeaux : « Comment se fait-on que l’on apprenne ces difficultés que maintenant ? »... Reste à savoir ce qu’il en sera fait concrètement.• NB