Le Château Ambulant

Publié le 13 février 2012 par Olivier Walmacq

Pour avoir séduit par sa beauté le sorcier Hauru, Sophie se voit affubler d'une malédiction par une sorcière. Elle se retrouve avec le corps d'une vieille dame d'environ 90 ans. Elle décide de rechercher Hauru en ne lui disant pas qui elle est...

La critique ambulante de Borat

Après le succès monumental du Voyage de Chihiro, Hayao Miyazaki revient encore et toujours pour réaliser l'adaptation d'un roman de Diane Wynme Jones, Le château de Hurle. Rebaptisé Le château ambulant, il fut présenté à la Mostra de Venise et rencontra un certain succès. A vrai dire, j'avais beau avoir vu Totoro et Princesse Mononoké avant, ce ne sera qu'avec ce film que j'ai réellement découvert le talent de Miyazaki. Dès lors, je me suis acheté toute sa filmographie (en dehors de Ponyo sur la falaise que j'ai vu au cinéma) et j'en suis bien content. Ce film est probablement le plus imaginatif du coco et pour cause, le château possède une porte pouvant aller vers différents mondes. Le sorcier Hauru peut se retrouver aussi bien au bord de la mer que dans les montagnes. Hauru est également un fugitif du fait qu'il ne veut servir le roi dans une guerre inutile. Encore une fois, on sent le propos anti-guerre de Miyazaki, sûrement au fait qu'il a connu la Seconde Guerre Mondiale.

C'était déjà présent dans NausicaÄ (certainement son plus gros brulot que ce soit en animation comme en manga), Porco Rosso (le cochon ne veut plus servir son pays) et Princesse Mononoké (la violence ne fait qu'augmenter la violence); c'est encore présent dans Le château ambulant. Ce n'est qu'une toile de fond mais les scènes d'affrontement sont frappantes. Surtout dans un film où le merveilleux est très présent. L'héroÏne est une belle jeune fille devenant une vieille dame à cause d'une sorcière jalouse. En effet, elle a plu à Hauru. Elle finira par le retrouver dans une sorte de bâtiment se déplaçant à base de pattes géantes et d'un certain Calcifer, flamme ne survivant que grâce aux pouvoirs du sorcier. On retrouve également un jeune garçon et un épouvantail surnommé "navet" (pas le constat de ce film évidemment mais le légume!). Ils seront bientôt rejoint par la sorcière et son chien, formant ainsi une sorte de famille.

Hauru est certes un jeune homme séduisant mais arrogant. Il ne cesse de se plaindre et cache une part d'ombre le rongeant de l'intérieur. Sophie essaye tant bien que mal de faire avec son corps. Entre les crampes et les craquements, il n'y a qu'un pas. Mais cela lui permettra également de devenir une véritable femme. Finalement, l'âge de la jeune fille apparaît comme crédible. Elle a 18 ans, ce qui ramène au passage définitif de l'adolescence à l'âge adulte (en dehors de l'adulescence hein?). Un personnage rappelant les grandes héroÏnes façonnées par le cinéaste durant toute sa carrière. Comme à son habitude, Miyazaki ne laisse jamais ses personnages au profit de l'animation encore une fois exceptionnelle. On ne parvient jamais à penser que le château éponyme est en fait un mélange de crayonné et d'images de synthèse. En d'autres mots, superbe. De plus, le réalisateur n'oublie pas l'humour notamment avec la scène de la coloration et les travaux fracassants de Sophie.

Un superbe film à l'imagination débordante.

Note:17/20


Le château ambulant - Bande annonce