Commissaire MAIGRET

Par Noirdepolars

Nom:MAIGRET

Prénom:Jules

Naissance:1887, Saint-fiacre (Allier)

Age: entre 40 et 60 ans

Situation de famille:marié, une fille (décédée)

Domicile:132, boulevard Richard Lenoir, Paris XIème

Amis:Docteur Pardon & Madame

Profession:commissaire de police divisionnaire

Service:brigade criminelle, Paris, quai des Orfèvres

Collaborateurs:inspecteurs Lucas,Janvier,Lapointe.et Moers à l'identité judiciaire

Point de rallement:brasserie Dauphine (près du Palais de justice)

Plat préféré:blanquette de veau

Vins / Alcools:Vouvray blanc, Calvados

Loisirs:cinéma, pêche à la ligne

Signes particuliers:fumeur de pipe,chapeau, pardessus,ne conduit pas

Comportementbougon, fidèle

Jean Richard Maigret La Folle de Maigret

jean gabin Maigret et l'affaire Saint Fiacre (1959)

Les enquêtes du célèbre commissaire Maigret

Maigret

Texte ci-dessous repris du site 0Faute http://www.0faute.com/maigret.htm

À la demande de Joseph Kessel, Simenon écrit pour Détective une série de nouvelles où apparaît pour la première fois le personnage de Maigret, le policier qui se veut "médecin des âmes" et non justicier. Avec Maigret apparaît un type nouveau de roman policier, non plus axé sur le problème à résoudre, mais sur un criminel à comprendre, à prendre en charge. Maigret est né clandestinement dans quatre romans publiés sous divers pseudonymes : Train de nuit, La jeune fille aux perles, La femme rousse, La maison de inquiétude. 
Avant ceux-ci, l'homme à la pipe avait fait l'objet d'une longue et obscure genèse dans laquelle vingt-sept personnages ont contribué à préparer et à préciser la personnalité de celui qui allait devenir l'un des enquêteurs les plus connus du roman policier. Dans "L'Homme à la cigarette", le nom de Boucheron pourrait être biffé et remplacé par celui de Maigret, tant il lui ressemble par sa manie de "renifler" les lieux du crime et de se mettre dans la peau de l'assassin inconnu : pour le comprendre, et donc pour le démasquer... 

Publié en 1931, Pietr le Letton est un roman important car il s'agit de la première aventure de Maigret. Un policier qui allait s'imposer dans le mode entier pour sa façon très personnelle de découvrir le coupable : loin d'utiliser les méthodes scientifiques, il s'imprègne de la personnalité des personnages pour mieux saisir les coupables. 
Le commissaire est officiellement baptisé le 20 février 1931 à Montparnasse, au cours du "bal anthropométrique" que donne Georges Simenon à la Boule Blanche. 30 ans plus tard, le 3 septembre 1966, une statue du Commissaire Maigret sera inaugurée à Delfzijl (Pays-Bas). On peut aussi noter, mais sans doute est-ce un coïncidence, que le nom de Maigret figure sur le mémorial des policiers morts pour la patrie de l'Hôtel de Ville de Liège.
Évariste Maigret, le père du commissaire serait né en 1884 et se serait marié en 1912, exactement comme son modèle, Monsieur Tardivon, régisseur du château de Paray le Frésil où Georges Simenon a vécu comme secrétaire du Marquis de Tracy. Simenon confirma d'ailleurs cet emprunt d'identité dans les années 1970 dans une lettre adressée à sa fille.

Au départ, Maigret n'était qu'une silhouette, mais le personnage s'est enrichi de l'observation minutieuse du monde de la police (un directeur de la police, qui avait lu ses livres, le contacta et l'invita à venir sur le terrain afin d'éviter des erreurs techniques). La sympathie de Maigret pour les petites gens est venue ensuite petit à petit. Simenon remarque que les "Maigret" de la fin se rapprochent de ses romans durs.
Georges Simenon avouera à Francis Lacassin : «C’est l’un des rares, sinon le seul personnage que j’ai créé qui ait des points communs avec moi. Tous les autres ou à peu près sont complètement indépendants de moi.» 
Le personnage, quelque peu massif, ne se sépare jamais, comme son créatuer, de sa célèbre pipe, ni de son chapeau et même de son imperméable. Ses goûts sont ceux d'un petit-bourgeois, et il affiche pour la bonne cuisine un penchant complaisament entretenu par son épouse, qui lui mitonne d'incomparables blanquettes de veau en attendant son retour dans l'appartement douillet du boulevard Richard Lenoir.
Dans une interview au Magazine Littéraire en 1975, Simenon déclarait : "Au début, Maigret était assez simple. Un gros homme placide qui, lui aussi, croyait plus à l'instinct qu'à l'intelligence, qu'à toutes les empreintes digitales et autres techniques policières. Il en usait d'ailleurs comme il y était obligé, mais sans trop y croire.
Il est certain que j'ai pris quelques unes de ses manies et qu'il en a pris des miennes. Tenez : on s'est demandé souvent pourquoi Maigret n'avait pas d'enfant, alors qu'il en avait tellement envie. C'est sa grande nostalgie. Et bien, c'est parce que quand j'ai commencé les Maigret - j'ai dû en écrire une trentaine avant d'avoir moi-même un enfant -, ma première femme n'en voulait pas. Elle m'avait fait jurer, avant de me marier, que je ne lui en ferai pas. Ce dont j'ai beaucoup souffert car j'adore les enfants... comme Maigret.
Et bien, j'étais incapable de montrer Maigret rentrant chez lui et retrouvant un ou deux gosses. Qu'allait-il leur dire, comment allait-il réagir à leurs cris, comment ferait-il la nuit pour leur donner le biberon, si Mme Maigret était un peu malade ? Je ne le savais pas.
Par conséquent, j'ai dû créer un couple qui ne pouvait pas avoir d'enfant. C'est la raison. Puis j'ai avancé en âge, beaucoup plus vite que Maigret. Théoriquement, il aurait dû partir à la retraite à cinquante-cinq ans. Dans sa dernière incarnation, il a cinquante-trois ans et demi, et, quand je l'ai créé il en avait déjà quarante ou quarante-cinq. Par conséquent, il a vécu quinze ans pendant que j'en vivait presque quarante. Alors, fatalement, je lui ai donné sans le vouloir de mes expériences et lui me donnait de son activité."

Maigret ne s'oublie pas, le personnage avec sa démarche, sa pipe, son chapeau, appartient désormais à l'imagerie populaire. Tout en mouvance et en incertitudes, il échappe à la description et plus encore aux définitions. Il se méfie des déductions brillantes, des techniques, des esprits trop méthodiques et même de la psychologie. A ses yeux, la recherche criminelle est avant tout celle d'une vérité humaine qu'on ne saurait mieux comprendre que si on l'a d'abord sentie. Il convient donc d'écarter au cours de l'enquête tout ce qui peut gêner une expérience sensible, en premier lieu les raisonnements trop bien construits. Maigret possède justement cette forme de sensibilité qui lui permet de sentir les êtres, d'entrer dans la peau d'un personnage et de vivre un peu de la vie d'un suspect, fût-ce fugitivement, le temps d'apercevoir une vérité que les plus savantes déductions n'auraient su tirer de son humble retraite. C'est par une sorte d'osmose que les acteurs du drame lui livrent leur secret. Ses enquêtes sont menées d'un pas lent, au rythme des pipes que l'on bourre, scandant une vie bien réglée. Hachis parmentier, blanquette de veau, les plats égrènent les jours de la semaine, tandis qu'un verre de prunelle ponctue rituellement l'après-dîner. 
Maigret ne serait pas Maigret sans les sandwiches et les demis de bière qu'il fait monter à son bureau pour tous les interrogatoires. De même que Sherlock Holmes ne peut être conçu sans sa pipe, son grog, son feu de coke, au milieu des brouillards de Londres. Maigret, avant toute autre chose, est un monsieur qui boit des demis de bière en mangeant les sandwiches de la brasserie du coin. C'est si vrai qu'il le fait même quand il n'en a pas besoin. 
Rien pourtant du légendaire Sherlock, rien du cérébral Hercule Poirot, mais un personnage profondément humain, menant l'enquête de manière réaliste, reniflant l'atmosphère, procédant par intuition plutôt que par déduction, qui sent autant qu'il pense, bref familier et proche. 
Dans les romans qui le mettent en action, l'énigme et l'action sont quasi inexistantes, car Maigret est un policier qui agit peu  - tout le contraire du détective à l'américaine ou d'Hercule Poirot. Le plus souvent il s'installe dans un lieu, paraît s'assoupir, boit force demis, rallume sans cesse sa pipe, questionne vaguement témoins et acteurs, s'enquiert de détails en apparence anodins, suit son instinct qui le pousse à flairer çà et là. Il s'imprègne de l'atmosphère, absorbe comme une éponge la vie presque toujours médiocre qui l'entoure, entre lentement dans la peau des personnages impliqués et devine la vérité de leurs rapports. Quand il est comme gorgé de matière, que l'alchimie a opéré silencieusement et que tout se réduit à un petit secret insignifiant, mais aux conséquences dramatiques, le commissaire revient au Quai des Orfèvres. Alors les choses se précipitent, il tisonne vigoureusement son poêle, téléphone à Madame Maigret qu'il rentrera très tard et se fait monter des sandwichs et de la bière de la Brasserie Dauphine... la nuit sera longue ! Le suspect finit par avouer ce que Maigret savait déjà. Au petit matin, blafard et pluvieux, le rituel est accompli et il repart, un peu plus lourd du poids de la grande misère des hommes.