GRIPPE: Le midodrine, un nouvel anti-grippal universel ? – Inserm

Publié le 29 février 2012 par Santelog @santelog

De nombreuses études ont été publiées sur un vaccin universel qui puisse générer des anticorps contre un large éventail de virus de la grippe et ainsi, stopper la transmission voire l'évolution du virus. Cet essai clinique français FluMeD va évoluer l'efficacité anti-grippale du midodrine contre l'ensemble des virus influenza, y compris le virus pandémique de type A(H15N1) ayant circulé en 2009. Une étude menée par l'Inserm.


L'étude vient de démarrer et évaluera sur 161 patients l'efficacité anti-grippale du chlorhydrate de midodrine -une molécule déjà sur le marché pour son action anti-hypotensive- sur 2 saisons d'épidémie grippale. Il s'agit de confirmer son action anti-grippale déjà observée in vitro et de pouvoir ainsi élargir son indication thérapeutique.


Actuellement, les antiviraux disponibles bloquent spécifiquement des protéines virales afin de limiter la réplication et la dissémination du virus dans l'organisme. Une stratégie qui se heurte à la grande variabilité des virus qui mutent pour devenir résistants, explique le Dr. Manuel Rosa-Calatrava (Inserm), co-auteur de cette recherche. Son équipe teste une autre stratégie, cibler les voies de signalisation cellulaires détournées par les virus de la grippe et qui rendent les cellules de l'hôte favorables à l'infection, puis identifier des molécules déjà existantes qui bloqueraient les voies de signalisation en question.


Une signature génétique de l'infection : En travaillant d'abord sur des cultures de cellules pulmonaires humaines infectées par différents virus de la grippe de la grippe, H1N1, H3N2, H5N1, H5N2 et H7N7, les chercheurs ont constaté que l'infection par ces virus modifie systématiquement l'expression d'environ 300 gènes rendant les cellules vulnérables à l'infection.


Pourquoi le chlorhydrate de midodrine ? Les chercheurs ont identifié 5 molécules ayant déjà une autorisation de mise sur le marché et présentant une activité antivirale in vitro contre l'ensemble de ces virus influenza. Parmi ces molécules, testées in vitro, le chlorhydrate de midodrine, qui fait l'objet de cet essai FluMeD.


L'objectif sera de valider son efficacité antivirale en termes de vitesse d'élimination du virus. Les 161 participants, non vaccinés recevront soit du midodrine pendant 5 jours, soit un placebo. Les chercheurs mesurer la concentration de virus et évaluer la fréquence de réponse clinique au médicament pourront mesurer la concentration du virus, la réponse clinique et sa fréquence, par prélèvement nasal. Des résultats attendus pour septembre 2013.


Source : Communiqué Inserm (Vignette-virus CDC H3N2)


Lire aussi : GRIPPE: D'ici 5 ans, le vaccin universel stoppera la transmission et l'évolution du virus -