Everwood

Publié le 11 mars 2008 par Lulla

Everwood, c'est une petite ville des Etats-Unis, cachée derrière les montagnes, un peu à l'écart du reste du monde. Everwood, c'est une petite série américaine, méconnue du grand public, un peu à part dans le monde de la télévision. C'est la série que l'on a envie de garder pour soi, celle qui se mérite. En France, il faut être un sériphage pour la connaître. Sa diffusion a été calamiteuse. Pourtant, tout avait si bien commencé ... (soupir) France 2 a diffusé la première saison de la série au rythme d'un épisode par semaine, chaque dimanche. La série étant dédiée à un public familial, c'était parfait. Oui mais voilà: l'audience n'a pas été au rendez-vous et la série est partie aux oubliettes. Bon nombre de télespectateurs ont du l'oublier sans même la regretter. Puis France 3 s'est rappelée de son existence. Alors elle a décidé de la diffuser chaque jour de la semaine, en début d'après-midi, à l'heure où seuls les retraités et les chômeurs sont en mesure de tomber dessus. Evidemment, ce fut une fois de plus une déception d'audience. Du coup, la diffusion s'est à nouveau arrêtée au dernier épisode de la saison 1 (si mes souvenirs sont bons), laissant le télespectateur sur un suspense insoutenable: Colin va-t-il survivre à son opération ? Puis plus rien. Pas même une sortie DVDs de prévue. C'est un peu triste de se dire que le destin de la série en France aura été bien sombre. Et puis en même temps, certains bijous sont destinés à rester dans l'ombre ...

Everwood est à mi-chemin entre plusieurs univers. C'est une série familiale avant tout mais pas dans le genre de 7 à la maison, pour prendre le pire exemple qui soit. C'est aussi une série médicale, quoi qu'on en dise, même si cet aspect s'est peu à peu atténué au fil des saison. C'est une série pour ados aussi puisqu'un grand nombre de ses personnages ont moins de 2o ans. En somme, c'est une série de feu WB, qui a enfanté quelques perles rares (DawsonGilmore GirlsBuffy contre les vampires ...), quelques navets aussi (CharmedSmallville, Tarzan & Jane ... fans des séries sus-citées, ne m'insultez pas en commentaires !!!) avant de s'éteindre il y a deux ans pour laisser place au four qu'est actuellement la CW. Everwood s'est éteinte avec sa chaîne et reste un peu comme le symbole d'une époque bien révolue. Nostalgie, quand tu nous tiens ...

Everwood, c'est avant tout l'histoire d'un deuil. Celui d'un père, Andy Brown, qui perd sa femme qu'il aimait éperdument dans un tragique accident de voiture, le laissant seul avec ses deux enfants: Ephram et Delia. Alors il décide de quitter New York, où il est un chirurgien connu et reconnu, pour Everwood, petite ville où sa femme a grandi, afin de reconstruire sa vie sans elle. C'est aussi l'histoire d'un père et d'un fils qui ne se s'entendent pas, qui ne se connaissent même pas, qui sont comme deux étrangers vivant sous le même toit. C'est peut-être là que réside la plus belle réussite de la série: dépeindre cette relation père-fils avec beaucoup de sensisiblité et de réalisme. Ni Andy, ni Ephram ne sont parfaits. Andy a été un mauvais père qui essaye de se racheter, il a lui-même eu un père qui ne n'est pas beaucoup occupé de lui et l'histoire semble se répéter. Il espère repartir sur de bonnes bases avec son fils en arrivant à Everwood mais le chemin sera long avant que les deux êtres s'avouent le respect et l'amour qu'ils ressentent l'un pour l'autre. Les crises seront nombreuses, de nombreuses fautes vont être commises de part et d'autre, la limite à dépasser va être franchie. Il y a la crise d'adolescence d'Ephram bien sûr mais on ne peut pas réduire son mal-être à cela. Everwood, c'est l'histoire de deux êtres imparfaits qui s'aiment mais qui ne savent pas comment se le dire. Et puis il y a Delia, trop souvent mise à l'écart à cause de tous ces coups de sang. Elle apprend à grandir dans un univers très masculin, où sa mère lui manque terriblement. C'est encore une enfant quand elle arrive à Everwood. 4 ans après, c'est une jeune fille qui va entrer dans le monde cruel de l'adolescence mais qui aura un père et un frère sur qui compter.

Face à la famille Brown, il y a la famille un temps rivale: les Abbott. Le chef de famille, Harold, est médecin, tout comme Andy. Il voit d'un mauvais oeil l'arrivée d'un second practicien dans une si petite ville. Contre toutes attentes, il trouvera en Andy un ami et un collègue fidèle. Avec sa femme Rose, maire d'Everwood, il est le père de deux beaux enfants: Bright et Amy. Deux tempéraments, deux natures très différentes, qui sauront s'épauler dans les moments les plus difficiles. Puis il y a la grand-mère dynamique, Edna, infirmière de son état. Ce portrait des Abbott est un peu rapide et caricatural mais rentrer dans les détails équivaudrait à écrire un roman. On notera malgré tout la présence de la petite voisine des Brown, Nina, mère-célibattante depuis que son mari a mis les voiles pour refaire sa vie avec un autre homme.

La première saison de la série était un joli vent de fraîcheur. On apprenait à connaître des personnages qui se révélaient être de plus en plus intéressants et de plus en plus attachants. A commencer par Ephram et Amy, qui n'ont pas tarder à former un couple, vascillant entre amour et amitié constamment. Je garde un souvenir ému de toutes ces scènes en extérieur, sur les collines ensoleillées, les montagnes enneigées en arrière plan. Deux adolescents qui se cherchent, qui se trouvent puis qui se perdent. La rage d'Ephram, la douceur d'Amy, le romantisme invétéré des deux protagonistes ... On parle d'âme soeur, d'amour toujours, de tous ces grands concepts qui font rêver bon nombre d'adolescents, avant de se rendre compte que la réalité est moins belle.Everwood est une série qui fait rêver et une ville légérement utopique. Les séries qui réussissent à faire rêver sont souvent les meilleures. Sa principale qualité c'est de rentranscrire avec énormément de justesse les relations humaines. J'ai parlé de la relation père-fils qui hante la série du début à la fin mais on peut parler des relations familiales, amoureuses et amicales de manière plus générale. La série traite de tout ça et le fait plutôt bien. On peut regretter parfois qu'elle tombe dans une certaine facilité, à la limite du gnangnan et de la niaiserie. Je pense au series finale, très décevant, où tout est bien qui finit bien, sans véritablement de nuances. Un bébé tombe du ciel, tous les coeurs blessés se remettrent à battre à l'unisson. Le genre de happy-end qui ne me plaît pas trop. Mais on peut difficilement terminer une telle série, qui porte un message positif, dans un bain de sang. Je le reconnais volontiers. J'aurai simplement aimé que les choses soient un peu plus complexes et moins tranchées. Et puis tout ce qui se passe est tellement attendu ... On n'est pas surpris un instant, c'est vraiment dommage.

Si la sortie est un peu ratée, le voyage est en tous cas réussi. A quelques notables exceptions. La première saison, je l'ai dis, était fraîche et très agréable à suivre. La deuxième saison a un peu trop forcé sur le mélo et certaines storylines n'ont pas toujours été bien maîtrisées. L'arrivée de Marcia Cross, alias Linda Abbott, est une bonne chose. On aurait voulu la voir rester un peu lus longtemps mais le rôle de Bree l'attendait. Andy avait trouvé en elle quelque chose qui lui manquait depuis la mort de Julia. Et au moment où son avenir s'annoncait enfin radieux, elle est partie. Je me souviens encore de son départ. C'était particulièrement émouvant. Il y a eu aussi la grande affaire Madison. Une bonne idée, assez bien gérée et qui aura eu une répercussion sur les saisons suivantes. La saison trois reste ma préférée, je ne sais pas très bien pourquoi. Peut-être parce que c'est l'année où Ephram et Amy se sont remis ensemble quelques temps, qu'ils ont vécu leur première fois ensemble (je dis bien ensemble, puisqu'Ephram avait déjà fait le grand saut avec Madison, avec les conséquences que l'on connaît) Et puis il y a la participation d'Anne Heche a une partie de la saison avec une storyline que j'ai trouvé magnifique: une femme dont le mari est paralysé depuis plusieurs années et qui ne sait pas comment avancer dans la vie avec ce poids. C'était finement interprété. Il y a eu aussi l'arrivée d'Hannah ! Un vrai bonheur ! Je me demande maintenant comment on a fait sans elle pendant les deux premières saisons. Elle a apporté beaucoup. De l'humour notamment mais pas seulement. C'est par elle que Bright a changé et est devenu un personnage respectable alors qu'au début de la série, il était juste détestable. Le cancer de Rose a été un grand moment également. Bref, si je ne devais en choisir qu'une, ce serait la saison 3 ! L'ultime saison laisse vraiment à désirer. j'ai d'ailleurs mis un temps fou à en arriver à bout. On sentait que les personnages étaient tous arrivés au bout de quelque chose, il n'y avait plus grand chose à dire sur eux. Je pense à Amy, que l'on a finalement peu vue. Un nouveau personnage a été introduit: Reid. On nous l'a d'abord presenté comme homosexuel, ce qui laissait présager quelque chose d'intéressant, pas encore abordé dans la série. Et puis pour des raisons que j'ignore, il est subitement devenu hétéro. Le personnage avait du potentiel mais il a été très mal exploité. Sa tentative de suicide, peu de temps avant qu'il ne quitte la série, aura été le seul moment intéressant de son passage à Everwood. Et encore, ça a été un peu traité par-dessus la jambe. Il y a eu Kyle aussi, qui est finalement devenu l'homo de la saison d'ailleurs, contre toutes attentes. Là aussi, ce fut traité un peu n'importe comment. De toute façon, il était surtout là pour faire avancer Ephram dans sa quête personnelle. Voilà pourquoi je n'ai pas mis quatre étoiles à la série: deux très bonnes saisons contre deux autres plus faibles.

Parfois, la série a su traiter de sujets un peu délicats. Elle a parlé par exemple de sexe sans complexe. De la dépression chez les adolescents. Elle a évoqué le mariage mixte, Edna qui se marie avec un homme noir, Irv. Dans une petite ville comme Everwood, c'est le genre de choses qui est encore mal vu de nos jours. La maladie a été un thème central de la série puisque deux des protagonistes sont médecins, même trois si l'on rajoute Jake dans les deux dernières saisons. La formule du show était au départ assez simple: un ou deux cas médicaux entourés des problèmes relationnels de la communauté d'Everwood. Petit à petit, les cas médicaux se sont fait plus rares et ce n'était pas pour me déplaire ! Ils plombaient souvent le propos. Ce que je recherchais dans la série, ce n'était pas ça. Et visiblement je n'étais pas le seul. Au début de la série, chaque début et fin d'épisode était accompagné de la voix-off d'Irv qui donnait un aspect "conte" à la série, ce qu'elle est un peu au fond. Puis cela a été abandonné du jour au lendemain. J'ai trouvé ça un peu dommage. Comme si tout à coup, les épisodes n'étaient plus suffisamment cohérents pour que l'on puisse en retirer une quelquonque leçon gloable. Et puis on finit par s'habituer à cette absence jusqu'à ce que ça ne nous manque plus vraiment. Il aurait été bon de reprendre ce système pour le dernier épisode, même si Irv n'était plus (sa mort et la réaction d'Edna est d'ailleurs le seul vrai moment fort des derniers épisodes). Je vais éviter de trop parler de Nina. Quasi-absente des deux premières saisons, elle prend sa revanche dans les deux dernières, pour le meilleur et pour le pire. Son couple bien propret avec Jake est mignon au début mais lasse très vite, surtout quand on comprend qu'ils ne finiront de toute façon pas ensemble. Et puis pardon de de dire ça mais Stéphanie Niznik n'est ps une actrice extraordinaire, ce qui est d'autant plus flagrant quand ses partenaires sont vraiment à la hauteur, eux ! Ou alors était-ce son personnage qui était trop transparent. Toujours est-il qu'elle ne m'a jamais transmise d'émotions. Ni quand Jake la quitte à l'aéroport, ni quand Andy lui fait sa demande en mariage (d'ailleurs, il n'y a pas une grande alchimie entre Niznik et Treat Williams). Un autre point noir c'est quand même les coupes de cheveux de Grégory Smith ! Encore, au tout début ça allait. Mais pour on ne sait quelle raison, il s'est teint dans une couleur virant au violet dégueulasse, avant de se laisser pousser les cheveux jusqu'à ne plus ressembler à rien ! Au moins, cette série n'a pas misée sur le physique de ses acteurs. Non parce que le visage porcin de Chris Pratt n'est pas non plus un plaisir des yeux. Emily VanCamp est heureusement très jolie, une beauté toute naturelle. Un peu comme Dawson,Everwood n'a pas misé sur le physique de ses jeunes premiers, c'est appréciable. Ca rend le tout plus plausible puisque dans la réalité, les lycées ne sont pas peuplés que de mannequins. Enfin bref, tout cela nest pas bien important et on s'éloigne du propos. Juste envie de souligner pour terminer le talent de treat Williams ainsi que celui de Tom Amandes. On sent que ce dernier a su apporter à son personnage plus de profondeur que ce qui était prévu au départ. Harold part souvent dans des délires qui permettent d'alléger le propos et de faire rire, ce qui n'est pas franchement le but premier de la série. Emily VanCamp et Grégory Smith campent des adolsecents vraiment touchants (mais très énervants aussi parfois, on a envie de les secouer comme des pruniers pour leur faire comprendre que leurs rebellions à deux balles, ça commence à suffire !) Debra Mooney est excellente et la petite Vivien Cardone, trés douée malgré son jeune âge. Plusieurs acteurs que l'on a revu par la suite dans d'autres séries ont posé un temps leurs valises à Everwood, je pense à Marcia Cross, Anne Heche, Scott Wolf, Brenda Strong, Kelly Carlson, Jane Krakowski, Kristen Bell et bien d'autres ...

Pour résumé, je dirais simplement qu'Everwood est une série touchante, avec une atmosphère qui lui est spécifique, de bons acteurs, des storylines souvent bien menées mais une morale dans doute parfois un peu trop présente, quelques erreurs de parcours regrettables et un season finale sans surprise, pas à la hauteur des espérances. La scène qui restera gravé dans ma mémoire est la scène finale, avec la grande roue ... L'épisode dont je me souviendrais longtemps -et je ne me rappelle plus de son titre- est celui où toute la ville se met à construire un phare, que l'on ne reverra d'ailleurs plus jamais. C'était très beau et je suis fan des phares, en fait. Bref.


Difficile de trouver une vidéo potable, soit l'extrait n'est pas top, soit les images sont de mauvaise qualité ... J'ai fini par choisir celle-ci, attention ! Il s'agit d'images duseason finale ! Le tout sur une des plus belles chansons qui soit: A sorta Fairytale de Tori Amos !