La bourse ou la vie

Publié le 08 mars 2012 par Malesherbes

Lundi 5 mars, le journal de 20 heures de France 2 a diffusé un reportage sur des Français quittant leur pays pour s’établir en Belgique ou enSuisse. La liberté individuelle garantit à chacun de s’établir où bon lui semble. On ne saurait donc faire grief à ces personnes d’abandonner la France.

De tous temps, y compris de nos jours,certains de nos concitoyens ont vécu ou vivent hors de nos frontières.Le plus souvent, ils ont été conduits à s’expatrier pour des raisons professionnelles. On les trouve alors participant au développement de notre économie ou contribuant au rayonnement de notre culture dans l’éducation ou les arts. Depuis quelques années, une nouvelle race d’émigrés est apparue, celle des déserteurs qui quittent la France à seule fin d’échapper à l’impôt, mus par leur seul intérêt financier personnel.

A ce point du billet, il convient de rappeler un point de la législation fiscale des États-Unis, pays éminemment socialiste s’il en est. Un citoyen étatsunien paie des impôts sur l’ensemble de ses revenus et biens, quel que soit son pays de résidence. On conçoit aisément qu’il puisse être plus délicat de déterminer les bases de son imposition lorsque les éléments qui la déterminent se trouvent à l’extérieur du pays dont il est un national. Mais, les paradis fiscaux ayant été supprimés grâce à l’impulsion déterminante donnée par notre président, ce n’est vraisemblablement plus une tâche impossible D’ailleurs les États-Unis parviennent apparemment à surmonter ces difficultés. Être américain, c’est avoir le devoir d’y payer ses impôts, quel que soit l’endroit de la planète où l’on se trouve.

Notre président actuel, toujours soucieux de s’inspirer d’exemples étrangers, peut donc trouver dans cette pratique un élément de réponse à la question qui l’obsède : qu’est-ce que l’identité nationale ? Eh bien, notre identité nationale, c’est faire vivre la France en y payant ses impôts. Autrefois, les hommes pouvaient aller jusqu’à donner leur sang, leur vie. Désormais tous les citoyens doivent simplement s’acquitter, en proportion de leurs ressources, d’ une part de leur bourse.

Quant à ceux qui s’y refusent, le seul lien qu’ils conservent avec la France, c’est la langue forgée par nos ancêtres et nous-mêmes, élément indispensable de leur acclimatation à l’étranger, incapables qu’ils sont, pour la plupart, d’évoluer dans un milieu non francophone. Ainsi leurs faveurs se portent surtout vers la Suisse ou la Belgique, pays qui, de surcroît, leur permettent par leur proximité, de continuer à jouir par intermittence des douceurs de la patrie désertée.

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