iPad 3 : un écran haute définition pour faire oublier le papier

Par Ebouquin

Mercredi soir, Apple annonçait la mise à jour du produit central de sa stratégie « post-PC », l’iPad. Cette troisième version de la tablette n’avait pas manqué de faire courir toutes sortes de bruits sur ses potentielles fonctionnalités : processeur plus puissant, nouvel écran, capteur photo amélioré, etc. Il faut reconnaître que, pour une fois, toutes les fonctionnalités du produit avaient été révélées au préalable. Presque une première pour un produit Apple protégé par un culte du secret unique (sauf pour l’affaire de l’iPhone 4).

Du coup, l’iPad 3 (mais qu’Apple nomme uniquement « iPad ») est équipé d’un processeur A5X performant pour sa partie graphique (maintenant quadricoeur). iGeneration revient dans le détail sur toutes les nouveautés. . Les éditeurs de jeux vidéos ou d’applications gourmandes en ressources risquent d’apprécier le changement. Un concentré de technologie qui va réduire légèrement la marge brute d’Apple comme le souligne l’institut UBM TechInsights.

La nouveauté principale est avant tout l’écran, qualifié désormais de Retina (une résolution de 2 048 x 1 536 pixels à 264 pixels par pouce (ppp)), contre une résolution classique pour l’iPad 2 (1024 x 768 pixels). Les premiers testeurs du produit sont unanimes : la qualité d’affichage est étonnante. Mais est-ce pour autant une révolution ?

L’espace de stockage reste identique (16 Go, 32 Go et 64 Go) et le prix de vente de la tablette ne bouge pas (à partir de 489 € pour le modèle Wi-Fi et 519 € pour le Wi-Fi+3G). Mais pour la première fois, l’iPad passe sous la barre des 400 $ avec l’iPad 2 16Go en version Wi-Fi et Wi-Fi+3G qui reste au catalogue (409 € au lieu de 489 € il y a encore quelques jours). Ce modèle tout à fait suffisant pour un bon nombre d’utilisations séduira facilement le monde universitaire où Apple cherche à consolider sa position (cf. Apple : iBooks 2 et iBooks Author, simplicité et créativité pour l’édition scolaire).

Plutôt qu’une révolution, l’uniformisation de la gamme iOS en écran Retina dessine une tendance. Doucement mais sûrement, nos écrans (LCD, OLED ou en papier électronique) dépassent la qualité des meilleurs papiers et les contenus photos sont magnifiés par ces composants dernière génération. Les meilleures performances des processeurs permettent de développer des applications toujours plus interactives. 

Cependant, ces nouveautés vont avoir plusieurs conséquences. Toutes les applications vont devoir être revues pour se conformer à la nouvelle résolution de l’iPad troisième du nom. iBooks Author n’a pas fait exception et Apple a proposé une mise à jour dès la réouverture de sa boutique en ligne (cf. iGeneration). Le rendu du texte est amélioré tandis que l’export a été optimisé pour l’écran Retina de l’iPad. Si l’affichage du texte va être plus net, il ne faudra pas oublier d’intégrer des photos avec une résolution plus élevée dans son document pour un résultat optimal. Mécaniquement, le poids des applications et des ebooks va augmenter. iGeneration indique que rien que pour leur application, celle-ci va passer de 4,6Mo à 11 Mo. Quid des jeux vidéos et des contenus multimédias ?

Cette inflation est particulièrement problématique, car les capacités de l’iPad n’augmentent pas. L’entrée de gamme reste cantonnée à 16Go, soit une poignée de livres multimédias générés avec iBooks Author. De plus, avec une telle résolution d’écran, Apple laisse loin la concurrence loin derrière elle. Ainsi, même pour des livres numériques, l’iPad est un lecteur ultraperformant que les tablettes Android peinent à suivre. La suprématie de l’iPad en tant que plateforme de lecture d’ebooks enrichis va perdurer.

L’iPad et les appareils iOS (« post-PC devices » dans le jargon Apple) constituent un marché considérable. L’année dernière, 172 millions « post-PC devices » ont trouvé acquéreur dont 62 millions rien qu’au 4ème trimestre 2011. Et d’après les analystes, cette croissance se prolongera cette année (cf. AppleInsider). Au total, 315 millions d’appareils iOS ont été vendus depuis 2007, et on supposera presque associé à autant de cartes bancaires. Un élément qui explique facilement comment plus de 25 milliards d’applications ont été téléchargées. Une croissance exponentielle que les livres numériques vendus sur l’iBookstore ne semblent pas encore suivre. Tim Cook, PDG d’Apple, a été étonnamment silencieux sur les chiffres de téléchargements de ce type de contenus. A suivre…