La série du Lundi: WhiteChapel

Publié le 19 mars 2012 par Kokiri081187 @DENISLaurent

En résumé

Les meurtres du passé peuvent nous aider à comprendre ceux du présent. En quelques mots, c’est l’idée de cette série anglaise. Chaque saison s’attache à la résolution d’une affaire rattachée d’une manière ou d’une autre à des crimes passés.

La série tire son nom du quartier de l’est londonien de… WhiteChapel (c’est bien, y’en a qui suivent). Croyez-le ou non, il semble que ce soit un endroit de prédilection pour les criminels. A commencer par, excusez du peu, Jack l’Eventreur. Ce célèbre dissecteur de prostituées exerçait son art dans les sombres allées de l’Angleterre victorienne, causant un battage médiatique remarquable et entrant ainsi dans la légende. Amis chercheurs prenez en de la graine : si vous ne parvenez pas à publier dans Science, vous pourrez toujours passer à la postérité en allant égorger quelques demoiselles au bois de Boulogne. Moins connus mais tout aussi brutaux, les frères Kray mirent l’Est Londonien à feu et à sang dans les années 50-60. Ces cas célèbres sont la trame des deux premières saisons, alors que la troisième aborde des affaires moins connues – mais vraiment tout aussi sanguinaires. Voilà pour la toile de fond.

Au niveau des personnages, on suit Joseph Chandler, un jeune blanc bec aux dents longues, pressé de monter quatre à quatre les échelons de la hiérarchie. Passage obligé sur son parcours, il est affecté au poste de Detective Inspector, qu’il n’entend bien n’occuper que pour une courte période de temps avant de s’envoler vers le sommet de la pyramide. Il est en charge d’une escouade de détectives avec à leur tête le sergent DS Ray Miles. La confrontation des deux hommes est assez savoureuse. A ma droite, Ray, vieux bougon qui connait ses hommes, la rue et les ficelles du métier comme sa poche, et qui entend bien ne pas se laisser marcher sur les pieds… A ma gauche le jeunot  fraichement sorti de l’académie qui doit assoir son autorité. Sortez le pop corn. Le troisième larron occupe le versant historique. A la base guide touristique spécialisé dans Jack l’Eventreur, Edward Buchan s’avère un allié précieux lorsqu’il s’agit de remuer des archives poussiéreuses. A condition bien sûr qu’on arrive à supporter son ego et son enthousiasme.

L’avis de Scientigeek

En soi, cela manque un peu originalité : l’opposition entre les détectives de la rue, là pour résoudre les meurtres, et la hiérarchie concentrée sur les statistiques et la publicité n’est pas vraiment un angle nouveau dans les séries policières. Le lien entre affaires passées et présentes est exploité de manière pas très subtile, même si assez efficace. Le rythme est bien mené, les acteurs très bons, et on se prend vite au jeu.

La série parvient bien à mêler intrigue policière et vie intime des personnages, sans que cela soit artificiel comme dans beaucoup de séries (Et OH !! Le serial killer va s’attaquer à la femme du chef d’équipe ! Mais quelle coïncidence !). Le Detective Inspector, Joseph, est atteint de troubles obsessionnels compulsifs -maniaquerie extrême, comportements rituels- qui empirent sous l’effet du stress. Observer son combat contre ses démons intérieurs, en particulier alors qu’il est projeté dans l’univers sordide, stressant, et compliqué du crime est intéressant ; cela rend le personnage et sa relation avec Ray Miles très attachants. Le fait qu’il change de chemises constamment par nervosité dans la saison 3 permet en particulier d’admirer les nombreux talents de l’acteur.

Talentueux n'est-ce pas?

L’évolution de Buchan, qui  passe de guide touristique à consultant sur des crimes et des victimes bien réels et actuels, avec les conséquences psychologiques que l’on imagine, est aussi assez bien menée bien que pas exactement originale.

Le format de la série (trois épisodes pour les deux premières saisons, six pour la troisième) autorise un visionnage-marathon et donc de bien se plonger dans l’ambiance. Le rythme ne languit pas, mais la tension a tout de même le temps de bien s’installer.

Mais l’intérêt majeur, qui fait que l’on accroche c’est que c’est sympathiquement glauque. Pas gore à la True Blood; pas glauque proprette à la CSI, avec des intestins et des cervelles éparpillés de ci de là, entre deux actrices au sourire Colgate et aux cheveux laqués. Non, le glauque Anglais ©, avec son image verdâtre, ses trognes hallucinantes et hallucinées, son réalisme blafard et son ambiance de film noir. Le genre qui vous ne fait pas grand-chose quand vous regardez, et vous file des frissons des que vous éteignez l’ordinateur. Qui met gentiment mal à l’aise, qui joue subtilement avec vos nerfs, sans donner envie de vomir et sans vous mettre une trouille monstre. Bien sur, cela dépend de votre sensibilité (j’ai eu peur en regardant La cité de la peur à 7 ans…) mais dans tous les cas, cela vaut vraiment le coup de tenter l’aventure !

Qu'est ce qu'on s'éclate dans ce pub...

Regardez WhiteChapel si:

Vous souhaitez une série qui se laisse regarder tranquillement, mais sans vous euthanasier le neurone. Si vous êtes fatigués des séries US bien policées avec leurs acteurs tous tout droits sortis d’un catalogue de mannequin. Ici on voit des gens moches, des trognes tordues avec des dents en vrac, et ça fait du bien. Si vous voulez avoir un p’tit peu peur, mais pas trop non plus.

Ne regardez pas WhiteChapel si:

Vous êtes SUPER sensible et que vous n’aimez pas trop les ambiances un peu sombres. Ou le soir où vous babysittez votre cousine de 4 ans.

Conseil de visionnage:

Toutes  lumières éteintes, dans une maison isolée aux parquets grinçants, un soir de nouvelle lune. Vers minuit. Au minimum, virez les colocs et mettez vous dans le noir. On apprécie mieux de cette manière. Si si.

Je ne suis pas certaine que les sous titres français soient disponibles, et à cause de l’accent anglais des bas quartiers, ils sont malheureusement utiles…

Sneak Peak:

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Trailer:

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