Les amis de Pancho Villa, récit complet

Publié le 20 mars 2012 par Un_amour_de_bd @un_mour_de_bd

1910, guerre civile mexicaine. Suivez Rodolfo Fierro, homme brutal et cynique au coté d’un de ses plus terribles chefs de file : Pancho Villa, superbe et terrifiant.


Edité chez Casterman,
D’après le livre de James Carlos Blake,
Adaptation et Dessin de Léonard Chemineau,
Sortie le 14/?03/2012
Collection Rivages/Casterman/Noir

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Public conseillé : Adulte, âme sensible s’abstenir

Style : saga historique, guerre civile

L’histoire

1910, Mexique : la guerre civile a commencé depuis peu. Rodolfo Fierro, homme brutal et sans scrupules, sort de prison. Devant le chaos dans lequel plonge le pays, son choix est vite fait : être du coté des oppresseurs plutôt que de celui des opprimés. Comme sa plus grande qualité est d’être un bon tireur, il monnaye ses compétences auprès de Pancho Villa. Sans idéal, mais terriblement pragmatique, il y devient un homme sans affect, capable de tuer par principe ou plus simplement pour éliminer un futur ennemi. Se croyant protégé des dieux, sans peur et sans état d’âme, il devient un des compadre (compagnons d’arme) de Pancho Villa, son mentor et protecteur. Son surnom, le boucher (carnicero) il le gagne en abattant froidement dans le dos l’un après l’autre plus de 300 hommes. En suivant fidèlement Villa durant toute la guerre civile, il nous donne l’occasion, à travers ses yeux, de vivre de l’intérieur cette révolution sans fin et d’y rencontrer les figures majeures de l’histoire mexicaine (Emiliano Zapata et Carranza, ).

Ce que j’en pense

Leonard Chemineau fait fort. Pour son premier album, il rejoint la collection ‘rivage noire/casterman’ qui adapte en BD ce fond prestigieux de polard noirs. C’est ce magnifique “terreau” de James Carlos Blake que Léonard Chemineau adapte et met en image avec talent. Pour un premier projet, Léonard Chemineau s’est attaqué à un sacré morceau : un pavé riche en aventure où la petite histoire côtoie la grande. Et il s’en sort bien. Avec “les amis de Pancho villa”, il nous offre une épopée intense et complexe vu par le prisme d’un de ces protagonistes. Pour rendre le personnage de Rodolfo acceptable, il prend soin de ne jamais juger ses actes, fussent-ils inhumains. C’est par son quotidien, ses envies terre-à-terre qu’il dépeint cet homme sans limite et sans idéal, lancé dans une course vers la mort.
 
Car Rodolfo n’agit pas pour une noble cause, mais le plus souvent par auto-défense. C’est un choix, que nous pouvons considérer comme amoral mais qui en vaut un autre. Chemineaux nous livre le portrait d’un homme sans hypocrisie, qui lutte pour vivre en tuant ses ennemis, comme un animal sauvage acculé au bord d’un gouffre. Sans haine ni réelle passion, Rodolfo vit au jour le jour, capable des pires horreurs, comme des plus grands sacrifices par amitié. C’est toutes ces contradictions qui rendent Rodolfo crédible et humain, sous son air de profiteur et de tueur sans limite et sans morale.
 
Tout en étant très centré sur Rodolfo, le récit nous amène à côtoyer les grands personnages de cette révolution et nous explique, dans les grandes lignes, les différents camps, leurs combats, alliances et trahisons.

Parlons dessin

Léonard Chemineau fait preuve d’une belle maîtrise graphique. Et pourtant, le challenge n’est pas des moindres : Représenter 20 ans de guerre mexicaine, par le prisme d’un odieux participant.
Le dessin, à mon goût, est vraiment réussi. Chemineau a su trouver le bon compromis, entre un dessin ligne clair assez simple, mais travaillé avec un trait nerveux et charbonneux. l’ensemble est moderne et très lisible.
Le découpage est bien travaillé, excepté les grandes ellipses temporelles où je me suis un peu perdu. Il faut dire que représenter une telle saga n’est pas aisée. Pour cette adaptation, Léonard Chemineau déroule 130 planches. Bel exploit pour un premier album. Son ambition paye !
Autre réussite, son dessin nous plonge immédiatement dans ce Mexique, mélange d’images connues et de réalités plus basiques . l’ambiance se pose vite et le drame est toujours présent…   Car Il s’agit d’une guerre, et Léonard Chemineau n’oublie pas d’en montrer toute l’horreur. Les scènes de violence sont très présentes et assez effrayantes. Pour ces raisons, les âmes sensibles ne trouveront pas leur compte dans cette histoire violente d’homme et de mort.

Pour finir, j’ai juste une interrogation personnelle : La couverture montre la mort personnifiée (la calavera). Au Mexique, elle est omniprésente dans le folklore. Elle trouve donc fort naturellement sa place dans un récit de guerre civile meurtrier. Pour autant, ce personnage n’apparaît qu’en fin d’album et n’est pas du tout représentatif du récit. Je trouve cela étonnant, de l’utiliser sur la couverture, même si le thème est symbolique.

En résumé, si vous voulez vivre une fresque ébouriffante et sombre de la révolution mexicaine, achetez “les amis de Pancho Villa”. Mais attention à votre guide. Rodolfo pourrait être votre ami, et votre tortionnaire.

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