Les amours de Jean-Armand et de Marie-Joséphine

Publié le 10 mars 2008 par Rendez-Vous Du Patrimoine

Cliché I. Rambaud, le château de Montgermont aujourd'hui
Jean-Armand et Marie-Joséphine habitaient le château de Montgermont (Pringy, 77).
Lui était de la famille Gontaut-Biron, elle née de Palerne et l'héritière du château par son père. Ils s'étaient mariés en 1770.
En 1785-1786, ils voulurent en faire un domaine "à la mode" : à cette époque, un vent de nouveauté soufflait aussi sur l'architecture, les parcs et les jardins .
Il ne reste pas grand chose malheureusement de ces transformations dues à Soufflot "le Romain" (neveu du "grand" Soufflot), tant le château a été remanié au XIXe siècle.
En revanche dans le parc, aujourd'hui divisé en trois propriétés, et qui développe avec amplitude ses perspectives "à l'anglaise", on peut encore admirer deux "fabriques" particulièrement interressantes. Il ne s'agit pas d'usines, bien sûr, mais de petits monuments installés pour le plaisir de l'oeil de manière à souligner une perspective ou à susciter émotion et curiosité.
C'est le cas du Temple, dit aussi Temple de l'amour, construit par Soufflot en 1785.
Posé sur une longue prairie au bord de la rivière Ecole, dans la perspective du moulin, ce charmant monument produit un effet remarquable quand on le contemple de l'autre rive, entouré d'arbres centenaires dans la tranquilité d'un site évidemment romantique où l'on ne va qu'à pied ou à cheval.
Cliché I. Rambaud
Il s'agit d'une rotonde précédée d'une colonnade et surmontée d'une lanterne. Un mémoire du vitrier de Seine-Port du 26 janvier 1786, conservé aux Archives départementales de Seine-et-Marne, nous apprend qu'il avait utilisé de la peinture "en petit gris" pour les huisseries et 37 pièces de verre de Bohême pour la lanterne.

Cliché R. Rambaud
A l'intérieur, il y avait, sur un piédestal, la statue de l'Apollon du Belvédère en marbre de Carrare, sculpté à Rome (Oudiette, 1817).
On aime à penser que Jean-Armand et Marie-Joséphine y vinrent en amoureux, avant les grands bouleversements révolutionnaires.
Le calme qui y règne était sans doute le même, les volumes harmonieux invitent à la rêverie...

Clichés R. Rambaud
Après la Révolution, la famille de Gontaut-Biron reprit sa place au château.
Jean-Armand reprit goût aux aménagements.
En 1814, comme les ruines de l'abbaye de Corbeil indisposaient la municipalité, il les racheta et les installa dans le parc, témoignage insolite du gothique que l' on commençait à apprécier.


Cliché R. Rambaud
On y voit encore quelques beaux chapiteaux, finement sculptés, où les plis des vêtements couverts de lichens, témoignent de la splendeur passée.

Clichés I. Rambaud
Pourtant devant ces vestiges épargnés par le temps, une certaine inquiétude persiste avec l'interrogation:" combien de temps ?"
Jean-Armand en profita jusqu'à sa mort à l'âge de 80 ans (1826). On ne sait pour Marie-Joséphine. Mais combien de temps dureront encore les amours de Jean-Armand et de Marie-Joséphine ?N'est-ce pas tant que les promeneurs apprécieront ces vues pittoresques et charmantes qu'ils construisirent ensemble ?
Merci pour votre lecture ! Thank you for reading !