Haro sur les "ravitos" placebo

Publié le 27 mars 2012 par Pascal Boutreau

Voilà une nouvelle preuve qu'il ne faut jamais désespérer avec une new news ... (comment ça vous n'étiez pas désespérés ?!?)

. Samedi avait lieu l'Ecotrail de Paris. Trois parcours de 30km, 50km et 80km. Une vraie course nature contrairement à ce que certains pensent en refusant d'associer "nature" et "Paris". Sur le 80 km, 90% du parcours se fait ainsi sur les sentiers et chemins des parcs franciliens. Avec pour le 80 bornes, arrivée au premier étage de la Tour Eiffel. 357 marches qui loin d'être un ultime chemin de croix prennent surtout l'allure d'une formidable récompense après des heures de course. Je n'ai pas encore eu l'occasion de m'y lancer mais il est évident que je l'ai dans un coin de la tête celle-là... 

Bravo à quelques vieux routiers à commencer par Walter Batel (10h00), Yann Pichault (9h06'), Benjamin Proux (9h16), Antonio Siguenza (10h05'), Michel Bisson (12h27) et l'énormissime Willy Vanaudenhove, magnifique 41e en 7h26', coéquipiers du Meudon Triathlon, Fabrice Pradin et Alex Bougouin (10h35) qui peuvent fièrement porter le tee shirt finisher du 80 bornes. Sur le 30 bornes, chapeau à Copsté (Stéphane Cottereau, encore un Meudonais...), qui a coupé la ligne en 2h14 et une incroyable 11e place pour son premier trail (son CR ICI). D'autres Meudonais avec François "Zarma" Dubuc (37e, 2h27'), Mathieu Guittenit (38e, 2h27), Vincent Benezit (3h05), Régis Bourguignon (3h39'). Grosse bise à Cécile (Bouché), ma triathlète préférée, qui s'est baladée en 3h29'. Grand bravo aussi à Eva, Cristina et Nadia (4h10 et 4h36). 

Enfin, sur le 50km, chapeau à Anne Valéro qui l'emporte et à Christophe Boébion, 4e après avoir longtemps mené. Du Meudonais aussi à gogo avec Patrick Poite (120e en 4h59), Sébastien Dheilly (5h41), Jeff Le Moigne (5h43), Nelson Mendes Antunes (6h20) et Frédéric Jarry (6h27). Et dire que nous ne sommes pas un club de trail... 

Et évidemment, je ne peux oublier mon amie Cécile (Bertin) qui va avoir droit à un paragraphe entier parce qu'elle le vaut bien ! Dans la dernière news, je lui souhaitais bonne chance pour la première étape de son défi des 4 déserts avec en hors d'oeuvre, 250km dans le désert d'Atacama au Chili. Son compte-rendu est à lire sur son blog (http://cecilebertin.com/). Normalement, après un tel ultra, on range les baskets quelques semaines avant de s'y remettre. Mais voilà, "normalement" et "Cécile" sont des notions qui ne s'accordent pas. Et voilà comment je me suis retrouvé samedi vers 22heures à la sortie du Parc de l'Île Saint-Germain à attendre la miss pour l'accompagner le long des quais, l'endroit le plus pénible de la course, puis un peu plus tard, pour l'attendre au pied de la Tour Eiffel. Avant d'aller savourer un bon Mcdo bien mérité (enfin surtout pour Cécile) sur les Champs... Au final, 11 h 16'34'' de course pour madame (son compte-rendu sur le site www.courir-au-feminin.com), de quoi mettre en jambes pour le Lyon Urban Trail dans une semaine (40km, 6000 marches) et surtout le Marathon des Sables et ses 250km en autosuffisance alimentaire dans le Sahara. Départ le 6 avril. Oui je sais, normalement, après l'Atacama et l'Ecotrail, ça ne se fait pas... Normalement...   Et vu que j'y serai aussi, je vous raconterai. 

Et pour conclure, je vous recommande d'aller chez un marchand de journaux pour vous procurer le n°10 de Running pour Elles, magazine de course à pied à destination des femmes (mais les hommes ont le droit de l'acheter et de le lire hein...) dont la rédactrice en chef est une certaine... Cécile... 

Puisque je suis dans un spécial Cécile, son site m'a fait découvrir une vidéo ayant pour thème les ravitaillements en course (ci-dessous... surtout à partir de 1' et aller jusqu'après le générique de fin). Voilà un sujet qui m'interpelle de plus en plus. Mais où s'arrêtera-t-on dans les surenchères des arnaques produits énergétiques ? On se demande comment faisaient les coureurs il y a encore seulement quelques années pour ne pas succomber dans d'affreuses souffrances, privés qu'ils étaient de ces potions magiques, poudres de perlimpinpin (et dans perlimpinpin, y a pimpim) et autres produits miracles vantés à longueur de magazines et de pseudo tests scientifiques. Quand je vois maintenant des coureurs partir sur un 10km avec des gels énergétiques dans leur petite ceinture achetée à prix d'or la veille sur un stand et se gaver de différents breuvages juste avant la course, je dis respect à tous les dealers as du marketing qui ont réussi à faire croire que toutes ces mixtures, pour la plupart chimiques, étaient quasi "vitales". Effarant d'entendre dans les briefing course, toutes les questions pour savoir quelle marque de produits sera servie aux ravitaillements et de tirer la gueule quand ce n'est pas le produit avec lequel le monsieur a l'habitude de s'entraîner. Pauvre chou... Il n'aura pas sa p'tite poudre fétiche... Trop deg le monsieur ! 

(photo issue de Jogging International) Et très sincèrement, même si ce n'est pas très charitable, ça me fait bien rire quand j'entends un coureur me dire qu'il a eu des problèmes digestifs sur un marathon d'Ironman par exemple et qu'il ne pouvait plus rien avaler. Ben oui, mais s'il ne s'était pas empiffré de saloperies chimiques sur son vélo, peut-être aurait-il évité les problèmes. A force d'avaler du sucre concentré, l'estomac finit par dire stop ! A ce que je sache, il y a encore très peu d'années, on courait des marathons, des ultras, des Ironman etc, avec de l'eau, des bananes et des fruits secs au ravitaillement (je peux aussi tenir le même discours sur les chaussettes de compression...). Après, l'essentiel est d'y croire et si ça en rassure certains, tant mieux pour eux (en plus ça soulage leur porte-monnaie). En plus ça fait vendre de la pub aux magazines spécialisés qui en ont bien besoin, alors à chacun de se faire sa propre opinion. Je ne dis pas que ça n'aide pas à la performance, mais ce qui m'énerve, c'est ceux qui essaient de nous faire croire que c'est indispensable et qui mettent dans l'esprit de beaucoup que sans leur cocktail, tout espoir d'une bonne perf devient illusoire. Et ce qui m'énerve aussi, c'est de retrouver des tubes et des papiers sur tous les sentiers... mais là, ça relève de l'éducation et du savoir vivre des coureurs... Là aussi, il y aurait à dire... 

A titre perso, puisque j'ai repris un entraînement à peu près sérieux (6 h de vélo dimanche par exemple), j'ai décidé de revenir aux bases., à l'ancienne Les quelques produits qui trainaient encore dans mon placard ont fini à la poubelle (ok, la date d'expiration était dépassée depuis longtemps...) et à l'exception de mon Gatosport au chocolat (parce que c'est bon et que ça évite de se faire des pâtes 3 heures avant le départ), ce sera de la flotte, des bonnes vieilles barres de céréales achetées à l'épicerie du coin et à la limite quelques M§Ms (je sais, c'est chimique aussi mais c'est bon... au moins pour le moral).  

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. Je le répète régulièrement, mais difficile aujourd'hui de trouver à la télévision une meilleure émission sportive qu'Intérieur Sport, le samedi sur Canal Plus. Alors quand le sujet est l'équipe de France de hockey sur gazon, vous imaginez que je ne vais pas en dire du mal. Vincent Alix a suivi les Bleus lors du Tournoi de Qualification Olympique en Inde. Immersion au coeur des Tricolores dans un pays où le hockey rempli des stades de 20 000 places. A ne pas manquer bien évidemment. A voir ICI

. Voilà une saison qui commence particulièrement bien pour les triathlètes français. Le week-end dernier avait lieu la Coupe du monde de Mooloolaba en Australie. Et pan, bingo pour Laurent Vidal qui remporte au sprint sa première victoire en Coupe du monde. Un succès qui fait du bien d'autant plus que David Hauss prend la troisième place. Alors on ne va pas non plus trop s'enflammer mais simplement s'enthousiasmer. Les meilleurs n'étaient pas tous là, notamment les Brownlee (Alistair, le meilleur triathlète de la planète depuis deux ou trois ans, a entamé une course contre la montre pour être prêt pour les JO suite à une blessure à un tendon d'Achille - article à lire ICI) ou encore l'Espagnol Javier Gomez. De plus, c'est dans quatre mois qu'il faudra être au top. Mais ça ne peut pas faire de mal pour la confiance et ça montre surtout que le travail de cet hiver va dans le bon sens. Bravo les gars. On ne lâche rien jusqu'à Londres maintenant. A commencer dans trois semaines avec la première manche du Championnat du monde (pour ceux qui n'ont pas tout suivi dans la tordue classification des circuits, les "Coupes du monde" sont le niveau 2 derrière les manches de Championnat du monde). 

. Alain Bernard ne participera donc pas aux JO à titre individuel. Le champion olympique du 100m, il y a quatre ans à Pékin, ne pourra défendre son titre. Cinquième lors des Championnats de France, il n'a pu décrocher sa qualif. mais dieu que sa sortie du bassin de Dunkerque fut particulièrement émouvante (la vidéo est ICI et je vous la recommande, vraiment. Perso, ça m'a tiré une petite larmichette... ben oui suis sensible, moi). Un grand moment d'émotion parfaitement retransmis par Eurosport qui, au passage, nous aura offert pendant une semaine de magnifiques retransmissions avec notamment une Laury Thilleman pétillante. Le public ne s'y est pas trompé, rendant un juste hommage un à "mec bien", toujours respectueux de ses adversaires, toujours respectueux des autres. Un grand monsieur. L'Equipe lui a aussi tiré un joli coup de chapeau avec une Une très classe.