Grève des étudiants et incitation à la violence

Publié le 29 mars 2012 par Raymond Viger

Grève des étudiants pour les frais de scolarité

Claude Legault et la manifestation des étudiants

Suite aux déclarations de Claude Legault dans le Journal de Montréal, 23 étudiants sont blessés et 1 policier. Qui est responsable?

Raymond Viger Dossier Éducation, Médias

Claude Legault ne se cache d’avoir bel et bien dit au journaliste du Journal de Montréal Marc-André Lemieux:

Les étudiants ont le droit d’aller jusqu’au bout s’ils ne veulent pas payer plus. S’ils sont fâchés pis qu’ils ont envie de décâlisser des bagnoles à l’envers parce qu’on ne les écoute pas , eh bien qu’ils le fassent. Il faut arrêter d’être passif.

La police interroge Claude Legault sur le sens que celui-ci a donné à ses paroles. Claude Legault ne sera pas poursuivi pour incitation à la violence. Claude Legault en n’avait pas l’intention. Un cri du coeur, un cri de mobilisation… Mais y a-t-il quelqu’un qui est responsable de quelque chose dans les incidents qui ont suivi et qui en ont plusieurs à l’hôpital?

Un journaliste ne peut interpréter les paroles qu’on lui donne. Il a cependant la mission de rechercher la vérité et l’intérêt public. Que des artistes tels que Claude Legault appuie le mouvement de grève des étudiants peut être d’intérêt public. Mais où se trouve la vérité que le journaliste doit ramener dans son média?

Même si Claude Legault a bel et bien dit cela, la vérité est qu’il ne cherchait pas à inciter les étudiants à la violence. Le journaliste Marc-André Lemieux aurait dû le comprendre et questionner un peu plus Claude Legault au lieu de se limiter à cette citation et à la publier en gros caractère dans son média à sensation.

Qui est responsable d’incitation à la violence?

Le chef de pupitre et le rédacteur en chef aurait dû aussi questionner le journaliste et s’assurer que cette citation représentait bel et bien la position de Claude Legault. Ils devaient s’assurer que la citation représentait la vérité et non pas une citation qui ferait vendre de la copie et remplirait un bel encadré sensationnaliste.

Encore une fois, je suis obligé de me questionner sur la façon de travailler au Journal de Montréal. S’il y a un coupable d’incitation à la violence, j’amènerais le journaliste Marc-André Lemieux, le chef de pupitre et le rédacteur en chef Dany Doucet. Et pourquoi pas la présidente et éditrice Lyne Robitaille et le président et chef de la direction Pierre Karl Péladeau?

Je vous laisse quelques passages du code de déontologie de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). Vous pourrez juger par vous-même si le Journal de Montréal aurait pu agir différemment dans cette triste histoire concernant Claude Legault et les manifestations des étudiants.

Code de déontologie de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec

Préambule

Le rôle essentiel des journalistes est de rapporter fidèlement, d’analyser et de commenter le cas échéant les faits qui permettent à leurs concitoyens de mieux connaître et de mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent.

2. Valeurs fondamentales du journalisme

Les journalistes basent leur travail sur des valeurs fondamentales telles que l’esprit critique qui leur impose de douter méthodiquement de tout…

3. Vérité et rigueur

3 b) Les journalistes doivent situer dans leur contexte les faits et opinions dont ils font état de manière à ce qu’ils soient compréhensibles, sans en exagérer ou en diminuer la portée.

3 c) Les titres et présentations des articles et reportages ne doivent pas exagérer ni induire en erreur.

3 f) Les journalistes doivent respecter fidèlement le sens des propos qu’ils rapportent.

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