PSYCHO: Les enfants imitent plus par distraction que par réflexion – PLoS ONE

Publié le 31 mars 2012 par Santelog @santelog

Alors que l'imitation sélective -ou ce que le petit enfant choisit d'imiter- a, dans le passé, été interprété par les psychologues comme une compréhension très précoce de l'enfant de la rationalité de l'action, ces chercheurs de l'Institut Max Planck suggèrent, avec de nouvelles expériences, que ce choix d'imiter ou pas est tout simplement motivé par la distraction. En bref, le petit enfant choisirait d'imiter des situations qui lui semblent remarquables ou incongrues plutôt que des actions qui se justifient de manière rationnelle par des contraintes extérieures. Bref, il ne faudrait pas exagérer la pensée rationnelle chez le tout petit ? Des expériences relayées dans l'édition du 14 mars de la revue PLoS ONE.


L'imitation infantile est un facteur clé dans l'apprentissage et a longuement été étudiée par les psychologues du développement. En 2002, une étude publiée dans la revue Nature suggérait d'étonnantes capacités cognitives chez les enfants âgés de seulement 14 mois : Dans l'expérience de Nature, un enfant observe un adulte effectuant une action non conventionnelle: L'adulte allume une lampe avec la tête. 70% des enfants vont reproduire ce comportement curieux, mais seulement dans le cas où les mains de la personne sont libres durant cette curieuse action. Si les mains sont bloquées, par l'intermédiaire d'une couverture enroulée autour de l'adulte, le taux d'imitation tombe à environ 20%. Si le modèle a choisi librement d'utiliser sa tête pour allumer la lampe, ils peuvent avoir imaginé de bonnes raisons pour cela. Mais si le modèle a agi en fonction de contraintes évidentes, comme des mains attachées, il n'y a alors plus aucune raison de l'imiter. L'étude suggérait donc que les petits enfants étaient capables non seulement de comprendre les objectifs, mais aussi dans le contexte du comportement observé.


C'était une première interprétation mais qui doit être révisée, plaident aujourd'hui ces chercheurs et en raison d'un facteur qui avait déjà pas été pris en compte. Car la vision de la personne enveloppée dans une couverture a pu distraire les nourrissons du reste de l'action, explique Miriam Beisert du Research Group. Son équipe a donc reproduit l'étude originale, mais a ajouté deux conditions supplémentaires :


·   Quand la distraction influence la réaction des enfants: Quand deux Smileys rouge sont posés sur la table avant l'expérience, le taux d'imitation de la situation avec «mains libres» diminue considérablement.


·   Quand la distraction n'en est plus une, elle n'influence plus la réaction d'imitation des enfants : Lorsque les enfants ont le temps de se familiariser avec la situation de la couverture enroulée, pendant une période de 5mn précédant la démonstration, le taux d'imitation remonte à environ 70%, montrant l'absence de différence que les mains du modèle soient libres ou non.


C'est donc le caractère remarquable de l'action qui favorise l'imitation de l'enfant et non pas la logique de l'action: Ces résultats, concluent les chercheurs, suggèrent que la pensée rationnelle ne peut être considérée comme une raison majeure de sélection de l'imitation chez le petit enfant.



Source: PLoS ONE Research Article, published 14 Mar 2012 10.1371/journal.pone.0032563Rethinking ‘Rational Imitation' in 14-Month-Old Infants: A Perceptual Distraction Approach(Visuel © MPI for Human Cognitive and Brain Sciences, vignette Fotolia Santé log PE 12)


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