A moi le fric

Publié le 10 avril 2012 par Malesherbes

 Le 24 janvier 2007, Nicolas Sarkozy avait indiqué à l’Express comment il avait financé l’appartement qu’il avait acheté en 1997 dans l’île de la Jatte : après un dépôt de garantie de 270 000 francs, les 5,4millions de francs nécessaires avaient été couverts grâce à un prêt bancaire de 1,6 millions et un prêt de l’Assemblée nationale de plus de 3 millions.

Le 29 mars, lors d’un déplacement dans le Gard du président sortant, Valentine Oberti, de Mediapart, l’a interrogé sur ce prêt de l’Assemblée Nationale. En effet, celle-ci n’accordait pas alors de prêt d’un montant supérieur à 1,2 millions. Non content d’ignorer cette question, Nicolas Sarkozy a couvert de sa main l’objectif de la caméra pour l’empêcher de filmer la scène. Lors d’une conférence de presse de notre président le 5 avril, Michael Hajdenberg, de Mediapart, a renouvelé cette question. Nicolas Sarkozy a répondu qu’il avait obtenu un prêt de l’Assemblée Nationale entre 1995 et 1997, pensant faire preuve de finesse en ajoutant que la majorité était alors de gauche. Deux erreurs : l’une vénielle, Jacques Chirac avait disposé après son élection en 1995 d’une majorité de droite jusqu’à ce qu’il dissolve l’assemblée en 1997 ; l’autre, beaucoup plus conséquente, ce président de tous les Français s’imagine que l’application des lois et règlements est différente selon la couleur politique du demandeur.

Cet homme vertueux se livre ensuite à diverses considérations sur les nombreux contrôles dont il aurait fait l’objet, avant de conclure : « Adressez-vous à l’Assemblée nationale ! ». Michael Hajdenberg ayant été dépossédé du micro, il lui a été impossible de répliquer que cela avait déjà été fait et il n’y a pas eu de journaliste courageux, ou peut-être tout simplement professionnel, pour relancer la balle.

Mediapart, renouvelant sa demande de précision à l’Assemblée, a d’abord reçu une réponse de Bernard Accoyer, son président, assurant que le prêt accordé à M. Sarkozy était conforme aux règles. Puis, on lui a confirmé l’octroi à Nicolas Sarkozy d’un prêt de 1,68 millions de francs. L’acte de vente de septembre 1997 indiquant un prix de 5,4 millions, 1,85 millions de francs manquent à l’appel. Nouvelle question : quelle est l’origine de ces presque deux millions de francs ?

En Allemagne, pays dont Nicolas Sarkozy ne cesse de faire l’éloge, le président de la République a démissionné pour des faits non monétaires. Mais je suis persuadé que notre président aura à cœur de dissiper toute incertitude sur l’origine de cette bricole de deux millions de francs et s’appliquera à ne plus éluder des questions auxquelles il lui est assurément très aisé de fournir une réponse satisfaisante.