8 mm

Publié le 14 avril 2012 par Olivier Walmacq

Un détective privé travaille sur l'affaire concernant une vidéo traînant chez une vieille dame. En effet, elle lui a demandé de retrouver la fille se faisant torturer dans ce snuff movie. La descente aux enfers ne fait que de comencer...

La critique snuffienne de Borat

Joel Schumacher est un drôle de coco. De toute sa carrière, il n'a cessé de jouer au yoyo, réalisant aussi bien de bons films ou sympathique que de superbes bouses. Indéniablement, comment oublier ses deux Batman qui sont inbouffables et terriblement datés alors qu'ils n'ont même pas vingt ans ?
Pareil pour Le nombre 23 où l'ami Jim se joue de la schyzophrénie littéraire et les deux derniers du réalisateur Twelve et Trespass restés dans les cartons ou diffusés à la sauvette (Trespass sortira dans quelques salles avant de finir rapidement en DVD quand l'autre attendra au moins deux ans pour sortir).
Néanmoins, cantonner ce cinéaste uniquement aux Batman, c'est comme si la filmographie de Spielberg se réduisait à ET.
Je vous avais déjà parlé de Phone Game et Olivier de Blood Creek (qui vient juste de sortir en DTV), il est maintenant temps d'évoquer 8 mm.

Un film qui avait fait grand bruit à l'époque à cause de son sujet abordant les snuff movies, précursseur du torture porn sauf que là, on n'est jamais sûr que le contenu est du cinéma ou non. C'est le cas des Guinea Pig dont quelques uns ont été abordés par mon cher collègue. Un genre ultra-glauque et certainement pas à laisser devant tous les yeux. Pour cela, Schumacher peut s'épauler d'un casting de qualité composé de Nicolas Cage, Catherine Keener, James Gandolfini, Joaquin Phoenix, Peter Stormare et Anthony Heald. Le film suit les bas fonds de la fabrication des snuffs en prenant pour point de vue celui d'un détective privé. En effet, il est envoyé par une vieille dame pour retrouver une fille apparaissant dans un des films et étant en facheuse posture.
Le but étant d'explorer l'envers du décor qui n'est franchement pas joyeux.

A l'image du tueur de service, Machine, qui pourrait clairement être votre voisin. On ne verra d'ailleurs son visage qu'à la fin, ce qui donnera lieu à une engueulade entre le réalisateur et son scénariste Andrew Kevin Walker.
Ce dernier ne voulait pas montrer le visage du coco mais Schumacher si, pour montrer que cela pouvait être votre voisin, votre meilleur ami même.
Mais le pire étant les instigateurs. Des gens sans scrupules prêts à tout pour assouvir leur pulsions quitte à donner lieu à l'inévitable (viol, meurtre, torture...). Stormare se révèle affreusement sadique mais beaucoup moins viséral que dans Fargo. Ce n'est pas une armoire à glace ici, mais un mec prenant son pied à filmé des filles se torturant se faisant dézinguer. Quant à Gandolfini se révèle largement plus soumis que dans Les Soprano, ce qui engage un bien drôle de paradoxe.
Clairement, ce n'est pas lui la tête pensante mais c'est également un être égoïste et salace à sa manière.

C'est un homme n'ayant aucun remord. S'engage alors une vendetta particulièrement saignante après un énième defonçage de tronche.
C'est d'ailleurs sur cet aspect que la critique a tiqué, certains évoquant même une certaine vision du fascisme. En même temps, à la même époque, Starship Troopers a eu les même critiques invraissemblables, on a vu qu'ils avaient eu tord.
Mais indéniablement, 8 mm ne se situe pas à la même case. Le final peut donc diviser, mais personnellement je trouve que c'est un aspect intéressant. Il montre que le personnage de Cage commence sérieusement à dévier au point de devenir presque aussi taré que ceux qu'il veut assassiner.
De plus, la photographie très sombre intensifie cet aspect cradingue, ce qui ne plaira pas à tout le monde. Cage se révèle donc convaincant voire étonnant, sa prestation montrant déjà les prémices d'un bon paquet de rôles récents à commencer par Bad Lieutenant.

Un bon film de Joel Schumacher, ça ne se refuse pas? Bref un polar très sombre et dérangeant.

Note: 16/20