Un texte...

Par Ananda

L’ORGASME DE LA POESIE

On vit chaque poème un peu comme un orgasme ; intensément… Puis la tension retombe, l’exaltation magique des mots se dilue dans la bouillie informe, incolore du quotidien. Oui, tout retombe, un peu comme un nuage radioactif : hiver nucléaire…

Alors on est obligé de « remettre ça » : à nouveau, des mots. A nouveau, la même promesse, la même ascension, la même exaltation fébrile…qui se résout en déception, car immanquablement la voilà qui bute contre l’indifférence titanesque des Hommes, du Cosmos, contre le manque endémique et irréductible de quelque chose (on ne sait quoi).

Quelques mots, jetés à la face du monde, tels des confettis…est-ce que ça pèse lourd vis-à-vis du gigantesque chaos des choses ?

Et cependant – folie ! – on poursuit cette chimère, cette sorte de leurre. On demande aux mots, aux visions de nous apporter l’Absolu. On leur demande de se lancer, pour nous, à la poursuite de la ligne d’horizon…de défaire – enfin ! – le nœud d’incomplétude qui sous-tend notre être.

La poésie nait d’un remous, d’une gerbe d’émotions qui fusent.

Feu d’artifice qui, parfois, une fois tombé, laisse un goût amer. Même si l’on ferait – à tout coup – n’importe quoi pour que ça se reproduise…

Patricia Laranco