Recherche électeurs FN désespérément

Publié le 26 avril 2012 par Lesmartine @Journal2Martine

“Nicolas Sarkozy , il est… Exceptionnel“. C’est la parole d’un jeune UMP. Quoi de plus séducteur que des jeunes qui vantent les mérites du président sortant ? Mais il risque d’en falloir plus pour attirer l’électorat tant convoité du Front National. Après un score record de plus de 18 % des voix au premier tour, Marine Le Pen a les cartes en main. L’opération séduction est lancée.

“Si Marine Le Pen a le droit de se présenter c’est qu’elle est compatible avec la République“. C’est la phrase de Nicolas Sarkozy qui a fait scandale ce mercredi. Rapidement, les médias ont réagi. Ils accusent alors le candidat UMP de draguer l’électorat du FN. Certains vont même plus loin. C’est le cas du journal l’Humanité.

La Une polémique de l'Humanité.

Comparer les propos de Nicolas Sarkozy à ceux du maréchal Pétain, c’est la Une osée du journal L’Humanité. Face à cela, François Baroin dénonce “un terrorisme intellectuel“. En cause, l’appel de NS à célébrer la ” fête du vrai travail” le premier mai. Et que ces feignants de fonctionnaires et de syndicalistes subissent le déshonneur !  Rapidement, le président sortant s’est rattrapé et a nié en bloc.

Libération a fait plus simple. Un grand portrait en noir et blanc de Nicolas Sarkozy, avec cette citation “Le Pen est compatible avec la République” a fait la Une du quotidien. Du “fascisme rouge” selon Bernard Debré, député UMP.

Le thèmes de campagne ? Instaurés par le FN

Marine Le Pen doit s’en laver les mains. Ces sujets de prédilection -l’islam et l’immigration- sont maintenant au coeur des débats. Les discours sont parsemés d’allusions à ce “fléau” dont on-ne-prononce-pas-le-nom, l’islam. “Toutes ces horreurs, l’excision, nous n’en voulons pas sur le territoire de la République”. Et dire qu’on pensait que c’était le chômage et la précarité les véritables problèmes.

L'express.fr revisite la célèbre publicité en stratégie politique.

En bon challenger, Nicolas Sarkozy n’en oublie pas d’être incisif envers son concurrent. Alors qu’il évoque les  “femmes enfermées dans des prisons de tissus“, il pointe du doigt la non participation de François Hollande à la loi interdisant le port de la burqa dans les espaces publics.

Le compte twitter @humour de droite explique la stratégie de l'UMP aux enfants.

Tête baissée, François Hollande tombe dans le traquenard de l’UMP. Et pour s’opposer idéologiquement à son adversaire, ressort un sujet primordial en période de crise : le vote des étrangers. Mais uniquement “pour les élections municipales ” et “pas avant 2013″.

La jeunesse comme targuet ? Même pas

19 % des 18-24 ans ont voté pour Marine Le Pen dimanche dernier. Un chiffre coup de poing qui devrait orienter l’opération séduction des candidats. “Le vote du FN est un vote de crise” selon Nicolas Sarkozy. Crise de l’emploi ? Un tollé contre la précarité ? Bref, ce serait l’expression de la galère des jeunes dans la société actuelle. Comment faire pour bercer la jeunesse de douces illusions ? Rien, des broutilles. Les candidats préfèrent sortir leur flambant costumes trois pièces et ratisser plus large.

Leur solution ? Investir les terres où Marine le Pen a fait ses meilleurs scores. Le président sortant a choisi d’aller à Cernay hier (Alsace), bastion du FN où Marine est arrivée en tête des suffrages. Plus que cela, il a changé son image ne portant un verre de vin à ses lèvres (chose exceptionnelle)  lors de son déplacement à Vouvray, en Indre-et-Loire. De son côté, François Hollande s’est déplacé dans l’Aisne mardi ( 26 % de voix en faveur du FN au premier tour).

L'arme surprise ROSE.

Egalement intéressé par “le cri de colère des électeurs”, ce dernier souhaite délivrer un message de confiance. Pour cela, il sort l’artillerie lourde en la personne de Ségolène Royal. En multipliant les apparitions médiatiques, elle souhaite murmurer à l’oreille des non-adhérents aux idées d’extrême droite. Et charmer les déçus du sarkozysme. Une fraction de l’électorat de Marine Le Pen « vient de la gauche et devrait se retrouver du côté du progrès, de l’égalité, du changement, de l’effort partagé, de la justice, parce qu’elle est contre les privilèges, contre la mondialisation financière, contre une Europe défaillante » selon F.Hollande. Ca tombe bien, non ?

Avec plus de 18 % de vote au premier tour, Marine Le Pen est devenue le “troisième homme”. Ainsi, elle change le tournant de la campagne de l’entre deux tours. Et les candidats n’ont pas tardé à succomber au piège de la séduction.