There Will Be Blood

Publié le 29 avril 2012 par Olivier Walmacq

genre: drame
année: 2008
durée: 2h40

l'histoire: Daniel Plainview, prospecteur à la recherche de pétrole, apprend que le sous-sol californien en regorgerait. Il s'y rend, accompagné du fils orphelin de son associé, et achète les terres à des fermiers de la région, à commencer par celle de la famille Sunday, dont le fils, Eli, se prétend inspiré par Dieu. Rapidement, le pétrole jaillit. Mais les relations deviennent de plus en plus tendues entre Plainview et Eli.

la critique d'Alice In Oliver:

A la base, There Will Be Blood, réalisé par Paul Thomas Anderson en 2008, est l'adaptation d'un roman, Pétrole !, écrit par Upton Sinclair.
Avec ce nouveau film, Paul Thomas Anderson passe un nouveau cap et s'impose définitivement parmi les meilleurs réalisateurs du moment.
En résumé, There Will Be Blood peut se targuer d'appartenir aux meilleurs films sortis lors de la dernière décennie.

Il serait dommage également de caricaturer ce drame à un petit film sur le pétrole. L'air de rien, Paul Thomas Anderson signe un drame plus complexe qu'il n'y paraît, en focalisant sa caméra sur la détermination d'un homme, Daniel Plainview (Daniel Day-Lewis), prêt à tout pour trouver de l'or noir dans le sous-sol californien.
La chance ne tarde pas à lui sourire et Daniel achète la terre de la famille Sunday, à qui il promet monts et merveilles, surtout à leur fils aîné, Eli (Paul Dano), nouvel élu de Dieu. Tout du moins, aux yeux de sa petite communauté.

Ce qui a le don de provoquer l'hilarité de Daniel, bien plus soucieux de son nouveau capital. Car c'est bien de cela dont il s'agit.
En vérité, Daniel pourrait s'apparenter à un clone du héros de Citizen Kane, soit un homme soucieux de faire triompher sa richesse au détriment des autres et de sa propre vie. A partir du portrait peu élogieux de ce prospecteur, déjà capitaliste dans l'âme, Paul Thomas Anderson nous présente un personnage atypique, méprisant, égocentrique, fier, mégalomane mais terriblement humain.

Plus que jamais, le portrait de Daniel Plainview ressemble à s'y méprendre aux futurs grands capitalistes de notre monde moderne: calculateur, manipulateur, menteur, féroce, dur en affaire et prêt à assassiner son voisin pour parvenir à ses fins.
Paul Thomas Anderson peut alors s'appuyer sur d'excellents acteurs. Par exemple, Daniel Day-Lewis livre une composition troublante, qui frise la fascination pour cet être abject et terriblement antipathique.

Pourtant, ce personnage symbolise déjà l'avenir d'une société américaine à la dérive et déjà obsédée par l'argent.
A cette thématique capitaliste, Paul Thomas Anderson aborde également les thèmes de la famille et de la religion.
Le film a une vraie dimension biblique. Ce côté spirituel est symbolisé ici par le personnage d'Eli.

Sur ce dernier point, Paul Dano est la grande révélation du film. Il incarne un adversaire de taille et prédit des temps maudits pour ce capitaliste pécheur.
La colère de dieu finira-t-elle par s'abattre sur Daniel Plainview ? Au final, ce dernier est à l'image du pétrole qu'il fait jaillir du sous-sol californien: terne, sale, grisâtre mais également révélateur de la noirceur de l'âme humaine.
Telle est la thématique de ce drame fort, troublant et intelligent. Le chef d'oeuvre de Paul Thomas Anderson, point barre.

Note: 18.5/20

 
CINE. There will be blood: la bande-annonce