Salle 5 - vitrine 4 ² : les peintures du mastaba de metchetchi - 37. et la vache vêla ...

Publié le 01 mai 2012 par Rl1948

   Si d'aventure, amis lecteurs, vous vous référiez au Manuel d'archéologie, l'énorme somme publiée jadis par l'égyptologue français Jacques Vandier, vous constateriez que les tableaux choisis pour réaliser le programme iconographique des mastabas memphites d'Ancien Empire concernant la vie des animaux se répartissent en quelques grands thèmes : saillie de la vache, naissance du veau, son allaitement puis son sevrage, traite de la vache, alimentation des animaux, traversée des marais par les troupeaux et, bien évidemment, les scènes de boucherie sur lesquelles je me suis déjà beaucoup épanché.

   Autorisez-moi une petite parenthèse pour simplement préciser que les combats de taureaux apparemment désireux de conquérir la même femelle ne furent jamais évoqués dans les tombes de Basse-Egypte, tous les exemples connus ayant été mis au jour soit en Moyenne, soit en Haute-Egypte.  

     I

   Après mon introduction de samedi, vous aurez compris que nous nous retrouvons aujourd'hui - et pour longtemps encore - devant le fragment E 25515 exposé dans cette vitrine 4 ² de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre pour, dans un premier temps, ne nous préoccuper que d'un des deux seuls sujets, parmi la liste ci-dessus, peints jadis au registre inférieur par l'artiste en charge de la tombe de Metchetchi.

   Les plus fidèles d'entre vous, ceux qui m'accompagnent depuis la création d'EgyptoMusée en mars 2008, se souviendront assurément que nous avions vu semblable figuration dans la chapelle funéraire du mastaba d'Akhethetep remontée dans la salle 4, ci-avant,

 

précédée qu'elle était tout logiquement par celle de la saillie par le taureau.

   (Je me suis autorisé à réaliser les deux clichés ci-dessus à partir de la photographie proposée dans l'ouvrage publié en 1993 par Madame Ch. Ziegler dédié au mastaba d'Akhethetep.)

   Chez Metchetchi, c'est donc la vache de gauche, en plein travail, elle, ce 1er mai, qui retiendra notre attention.

   Comme si l'image n'était pas suffisamment éloquente, - souffrant visiblement de mettre bas, arc-boutée sur ses pattes antérieures, la bête beugle, cou tendu, tête levée et langue tirée ; et le geste du bouvier qui, par les pattes, agrippe le veau passant déjà la tête et la partie antérieure du corps ne laisse subsister aucun doute sur ce à quoi nous assistons -, le scribe des contours a cru bon, par-dessus la scène, de retranscrire cette injonction orale : Délivre-là bien, berger !

   Dans beaucoup de cas, pour faciliter la parturition, le bouvier a été figuré en position accroupie, une jambe levée et l'autre repliée sous lui. A l'instar d'autres artistes, celui qui oeuvra chez Metchetchi, se démarqua pour montrer l'homme dans une autre attitude : il ploie une jambe vers l'avant, maintient l'autre un peu en arrière de manière à légèrement se pencher vers la bête à délivrer : attirant vers lui de la main gauche les pattes antérieures du nouveau-né, il positionne la droite aux fins de tout à la fois protéger la vulve de la mère et la tête de son petit.

   Il faut d'ailleurs reconnaître que c'est surtout au niveau de la façon d'être du ou des personnages accompagnant la naissance que les peintres de l'époque se sont autorisé quelques variantes, préférant tous exprimer de la même manière la douleur ressentie par la parturiente en travail.  

  

   Certes, ces scènes d'accouchement, autant que de fécondation ou d'allaitement d'ailleurs que l'on retrouve ainsi dans un petit nombre de mastabas sont en relation directe avec l'offrande alimentaire dans la mesure où ces animaux permettront aux défunts de magiquement se nourrir tout au long de leur seconde vie. Mais, ne le perdez pas de vue, amis lecteurs, elles participent également de cette symbolique de renouveau, de régénération, de renaissance à laquelle tout défunt souhaite être associé que, très souvent ici, j'ai amplement évoquée.

(Jean : 1998, 16-26 ; Montet : 1925, 97 ; Vandier : 1969, 64-7 ; Ziegler : 1990, 129-30 ; Ead. 1993 : 80-1)