Comprendre l'affaire Sarkozy-Mediapart

Publié le 02 mai 2012 par Lecridupeuple
Par LEXPRESS.fr, publié le 30/04/2012 à 14:59, mis à jour à 21:41

La justice a ouvert une enquête préliminaire après la plainte de Nicolas Sarkozy contre le site Mediapart, pour avoir publié un document sur le financement de la campagne de 2007 par Kadhafi. L'Express revient sur les principaux rebondissements de l'Affaire. 

1/ Médiapart publie une note explosive

Samedi 28 avril, Mediapart met en ligne un document signé Moussa Koussa - un ex-chef des services de renseignements extérieurs de la Libye qui vit en exil à Doha. La note en question affirme que le régime de Kadhafi avait accepté en 2006 de financer à hauteur de "50 millions d'euros" la campagne de Nicolas Sarkozy. 

2/ Les cadres du PS réagissent

Plusieurs personnalités du Parti socialiste commentent cette information dans la journée. Bernard Cazeneuve, un des porte-parole de François Hollande, demande à Nicolas Sarkozy de "s'expliquer devant les Français" face "à des éléments aussi graves". Delphine Batho, juge, de son côté, que "l'ouverture d'une information judiciaire et la désignation d'un juge indépendant s'impos(ai)ent".  

En revanche, Pierre Moscovici évoque "un document approximatif." Le directeur de campagne de François Hollande juge toutefois que "pour le reste, s'agissant de la campagne de 2007 il y a d'autres interrogations qui peuvent donner lieu à des vraies procédures judiciaires". 

3/ L'ex-responsable dément

Dès samedi, l'authenticité de la note publiée par Mediapart est mise en doute. L'ancien chef des services de renseignements libyen, Moussa Koussa qui qualifie de faux ce document. Même son de cloche chez le destinataire du document, Bachir Saleh, ex-directeur de cabinet de Kadhafi, qui se trouve en France. 

4/ Nicolas Sarkozy annonce qu'il portera plainte

Nicolas Sarkozy annonce ce lundi matin 30 avril qu'il porterait plainte contre Mediapart pour avoir publié ce fameux document qu'il a qualifié de "faux". Invité sur France 2, il se défend: "Ce document est un faux grossier, les deux personnes en Libye qui étaient censées avoir envoyé ce document et le recevoir l'ont démenti". Il précise que sa plainte serait déposée "avant la fin" de la campagne. Le président sortant et candidat de l'UMP accuse ensuite Mediapart d'être "une officine" et affirme que "(Edwy) Plenel (directeur du site Mediapart) c'est le bidonnage à chaque fois". [Lire: Depuis le début de son mandat, Nicolas Sarkozy a porté plainte sept fois et "Sarkozy ressucite le thème de la vraie France contre les médias"] 

François Fillon, qui avait lancé une charge contre Mediapart dès dimanche 29 avril, approuve. Il se dit, lundi sur RTL, "certain" que le document de Mediapart était "faux" et lance: "Si monsieur Plenel a des documents, qu'il les remette à la justice!". 

5/ Mediapart maintient ses informations

Mediapart "attend avec sérénité un éventuel procès", assure son directeur Edwy Plenel, lundi 30 avril. Le journaliste précise: "Il ne suffit pas de contester l'authenticité du document révélé par Mediapart pour mettre fin aux suspicions largement documentées depuis plusieurs mois de relations financières entre l'entourage de Nicolas Sarkozy et celui du dictateur Mouammar Kadhafi". 

"Nous en ferons la démonstration si le procès annoncé a bien lieu", ajoute le directeur de Mediapart.  

6/ François Hollande veut laisser faire la justice

Interrogé sur cette affaire, François Hollande estime, lundi 30 avril sur Europe 1, que "c'est à la justice d'être saisie". "Si c'est un faux, eh bien le site sera condamné, si ce n'était pas un faux, à ce moment-là il y aurait des explications à fournir", a dit le candidat PS à l'Elysée, niant tout lien entre lui et Mediapart.  

Plus incisive, Ségolène Royal, qui affronta le président sortant en 2007, veut savoir "si l'élection de 2007 s'est déroulée dans des conditions légales". Sinon, affirme-t-elle, "le Conseil constitutionnel aurait inversé les résultats. Vous imaginez les conséquences? Ca voudrait dire que pendant cinq ans, Nicolas Sarkozy a exercé son mandat de façon illégitime". 

7/ Le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire

Le parquet de Paris a ouvert, lundi 30 avril au soir, une enquête préliminaire pour "faux et usage de faux", "recel de ce délit" et "publication de fausses nouvelles", à la suite de la plainte de Nicolas Sarkozy contre Mediapart, selon une source judiciaire. L'enquête est confiée au directeur régional de la police judiciaire.