Samedi au Printemps de Bourges : Yuksek, Twin Twin, Vincha, Barbara Carlotti, Bernhfot et C2C

Publié le 03 mai 2012 par Notsoblonde @BlogDeLaBlonde

Samedi, dernier jour de présence pour moi sur le festival du Printemps de Bourges. Au programme : Vincha au 22, parmi les découvertes du Printemps de Bourges . Toujours aussi bon sur scène le duo formé par Vincha  et SOAP. Vraiment. Plaisir que de les retrouver en constatant que, comme toujours, le public attiré par le combo qui défend "des ritournelles entre 50cent et Vincent Delerm" est toujours aussi varié. Large cible. Qui semble réjouie, tous âges confondus, en fin de set.


Côté concert de jolies surprises : d'abord le retour "d'anciens morceaux" qui avaient un temps disparu au profit des nouvelles créations. Moi, je suis fan (de longue date, tu auras compris) alors j'applaudis des deux mains la sagesse qui a conduit Vincha à se replonger dans certains morceaux un temps délaissés. 


Côté instrus, de nouveaux arrangements sont là. Je relève en particulier le violoncelle en background de "Mon fils" qui, couplé à un jeu de lumière particulièrement bien pensé, concourt à instaurer une ambiance particulièrement propice au recueillement que suppose l'instant. Introspection. Projection. Emotion.

Bref, bravo Vincha qui à chaque fois réussit à embarquer le public, gérant, de plus, les transitions avec dextérité. Il termine sur "une chanson engagée parce qu'il en faut : Pour ou contre les petits seins". Ahah.

Un petit regret peut être, que le public des découvertes du printemps de Bourges, constitué en très grande partie de pros (ne nous voilons pas la face, c'est une réalité :p) n'ait pas davantage bougé.

Direction ensuite l'espace SFR Jeunes Talents pour applaudir les Twin Twin. Longtemps que je ne les avais pas vu. Un peu peur du coup que le projet n'ait trop changé et que je ne me retrouve plus dans leur son. Mes craintes sont vite dissipées. Double dose d'énergie, plus de rock encore qu'avant (place aux guitares déchainées), des titres qui n'ont pas changé, d'autres complètement modifiés (dans le bon sens, je te rassure). Les chouchous tiennent toujours le haut de mon classement "révélation scène" aux côtés de Sarah W. Papsun et Hyphen Hyphen. 


Un petit tour par le concert de Barbara Carlotti me permet de la découvrir ce soir là. Jusque là je ne la connaissais pas mais j'en avais entendu le plus grand bien. Je comprends désormais pourquoi. Force des textes associée à une qualité d'interprétation de haut niveau, j'ai été époustouflée. Je n'ai qu'une hâte : y retourner pour assister à un concert complet et pas tronqué (j'étais très occupée ailleurs, impossible de me libérer pour voir celui-là en entier). Et puis au moment de remercier son ingé lumière elle décide de ne pas le nommer. Ou plutôt de le remercier en utilisant le surnom qu'elle lui donne "Dieu". Parce que c'est grâce à lui qu'il y a de la lumière (NDR Clin d'oeil à "Que la lumière fût" bien sûr). Elle achève ainsi de me séduire complètement.


Ensuite direction la conférence de presse de Yuksek. Là, l'artiste discute tranquillement de sa présence à Bourges, qui le réjouit franchement, et de ses projets. Ainsi, il reconnait que son dernier album est moins "mainstream", mais qu'il sonne plus indé, plus pop anglosaxonne. Bref, on est loin de Lady Gaga. Il en profite pour revenir sur sa collaboration avec l'artiste. A l'époque où le projet d'un travail commun a été scellé, elle n'était pas encore l'immense star qu'elle est devenue depuis. J'ai écouté un morceau que j'ai aimé, on a travaillé ensemble mais c'était bien antérieur à son "explosion".

Il explique que ce projet est le premier pour lequel il fait un second disque alors bien sûr qu'il ne se voyait pas faire deux fois la même chose. C'est la raison pour laquelle ce dernier album peut sembler bien différent du premier. En même temps, c'est aussi normal qu'en 5 ans ses envies aient évolué.


"Est ce que c'est lié à l'avancée des techniques, cette évolution de ta musique?" lui demande t'on. "Non" répond t'il franchement. En fait je travaille de plus en plus en analogique pour la création. J'utilise plein de vieux synthés, que je collectionne d'ailleurs.

"Maintenant je choisis les gens avec qui je travaille, ce sont des artistes dont j'apprécie le travail et qui sont souvent, en plus, des amis, comme avec Stuck In The Sound. Je me fais plus rare mais je crois que je suis davantage dans la qualité" ajoute t'il.

A la faveur d'un petit moment de silence, il s'amuse à balancer sur les Victoires de La Musique alors que personne ne l'a amené sur ce terrain. Etonnement.

"Quand on voit les victoires de la musique, en France, ça fait peur, non?""Mais je veux dire TOUT : la présentation, l'organisation, c'est complètement lunaire, absolument décalé de la réalité du monde de la musique d'aujourd'hui! C'est quand même terriblement franofrançais dans l'esprit, ça, enfin..." Oui, pour ce qui est de la nécessité de s'ouvrir un peu au monde pour rester connecter à son époque et évoluer avec elle effectivement, il se trouve que Yuksek semble avoir bien compris la marche à suivre. Et qu'il pourrait donner des leçons au comité qui s'occupe des victoires de la musique. Sans aucun doute.

Quand on aborde le concert du soir à nouveau (mais..recentrons le débat. Sinon), Yuksek explique qu'on n'aborde pas 50 minutes de concert en festival comme un set complet et qu'il a fallu condenser. La sélection des titres s'est faite avec ses musiciens en orientant clairement le choix vers des morceaux dansants. Et de fait, le soir, le Phénix était explosif. Est- ce parce que Yuksek est un artiste pas complètement électro qu'il réussit à attirer autant de monde? Toujours est il que le Phénix était plein pour son set. Ouverture sur "You should talk", puis "always on the run", "Extraball", "Say a word", "fireworks", "The edge", "Off The Wall", "On a train" (j'aime tellement!), "Miracle" et enfin (bien sûr) "Tonight" (ma préférée!)(comme c'est original). Ambiance survoltée sous le chapiteau du début à la fin du concert. Yuksek avait annoncé avoir choisi des titres pour faire danser son public. Mission accomplie. Sous le phénix, c'était pure folie!


Puis c'est au tour de Bernhoft de me faire rêver. Il est tranquillement installé au 22 alors que la foule est massée (c'est le terme qui convient, crois moi) sous le chapiteau du Phénix. Calme. Seul.

Seul avec sa guitare et sa pédale de boucle. Quand même. Et c'est magique.


L'homem orchestre génial démarre et il emplit la salle aussi bien que s'il avait un band avec lui. Normal, il a pensé à tout. Backgrounds soignés à coups d'effets vocaux et de rythmiques folles et obsédantes, voix parfaite qui ondule et caresse mais peut rugir soudainement. Je chavire.

Il choisit de reprendre "Shout" de Tears for Fears en guise de dernier morceau, c'est parfait. Il invite le public à se joindre à lui et le moment devient précieux. C'est beau et quand il quitte la scène j'ai encore des étoiles plein les yeux.

Pour finir je décide d'un petit tour du côté de C2C. En fait au même moment que Bernhoft au 22 il y avait The Rapture au Phénix mais vu que je ne suis pas fan de la configuration de l'endroit, ni du son non plus (oups), j'ai préféré aller vers une valeur. Je ne regrette pas, crois moi. Ca groovait tellement là bas, c'était fou!


(Sache qu'en pus j'avais pris ma place il y a longtemps pour le concert de The Rapture à l'Olympia et que vu que j'étais à Bourges et bien je l'ai laissée à quelqu'un. J'aurais vraiment aimé les entendre. Mais dans de VRAIES BONNES conditions. Donc là non).

Côté C2C l'atmosphère est électrique. Sous le phénix la foule est en transe. Effets de lumières et son vont de pair, c'est incroyablement efficace mais moi au bout de deux morceaux, comme toujours, j'en ai déjà marre. Parce que ça sonne pour l'instant plus électro que ce fameux mix hip-hop et électro que j'aime chez eux. Je salue la performance mais me résigne à ma condition de musicophile hermétique à l'électro pure et dure et je m'engouffre dans un taxi.

Au passage grand merci aux taxis de Bourges. Adorables tous autant qu'ils sont. Et dont j'ai écouté la radio tous les soirs en éclatant (systématiquement) de rire, à l'écoute des festivaliers ivres qui tentaient tant bien que mal (plutôt mal que bien, en toute honnêteté) de s'expliquer.

Merci aussi à la Team Barclay qui a été parfaite. A croire aussi que ce label signe ses artistes sur leur talent mais aussi sur leur personnalité : tous adorables! Merci le printemps de Bourges pour l'accueil. Merci aux artistes pour le rêve, ça fait du bien de recharger ses batteries en faisant le plein de beaux moments.

Je crois que j'en ai fini.

Le PDB 2012, c'est officiellement la fin.

Et c'était drôlement bien (mais enfin sauf la météo. Quand même).