Qui cours s’y pique

Publié le 03 mai 2012 par Legraoully @LeGraoullyOff

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Où est passé l’amour de l’autre? N’est-ce qu’une abstraction à l’image de cette démocratie dont on nous rebat sans arrêt les oreilles ? Se doit-on face à certaines « nécessités » de l’enfouir le plus loin possible de peur qu’il ne nous cause du tort ou pire ! qu’il nous rende heureux. «Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve» disait Gainsbourg…Il est nécessaire à l’époque à laquelle nous vivons de miser sur le bon cheval, la bonne écurie, dont le foin et l’eau ne nous arracheront pas une grimace de dégout à chaque repas. C’est du moins le minimum pour ne pas finir comme une vieille carne valétudinaire. Malheureusement on ne se contente jamais de peu ou presque. Il en faut plus ! Beaucoup plus ! Toujours plus ! Et pour en avoir plus, il faut savoir être moins. Moins humain, moins présent, moins indépendant, plus androïde, plus loin de nos enfants, plus encadré. Un clébard abandonné en foret et attaché à un arbre non loin de la route et dont on raccourcit progressivement la laisse pour qu’il ne risque pas de se faire écraser. A force de ramper si près du sol, bien en dessous de nos capacités, nos sens perdent en acuité; obstrués par l’odeur méphitique qui se repend à vitesse grand V un peu partout dans notre bonne vieille France. Et dire qu’il y en a qui trouve ça normal !

Une de mes connaissances est cadre supérieur -ou JCD comme ils disent dans le milieu- pour une compagnie d’assurances fan de Plastic Bertrand. Mise en pli impeccable, belle voiture, belle et grande maison décoré avec gout et bâtie sur le modèle de toutes les autres dans le lotissement, un mari génial, deux adorables petites filles très éveillées. Mais une JCD ne peut se contenter d’une vie « ordinaire ». Elle passe donc le plus clair de son temps dans des réunions interminables, dort à l’hôtel, sort faire la nouba (parce qu’il faut quand même un point positif) et ne profite que très peu de sa maison et de sa famille. Et quand bien même elle serait avec eux, l’intempestif bourdonnement émis par son blackberry la rappellera continuellement à ses obligations, même en vacances. Résultat : on envoie l’ainée chez le psy juste parce que sa mère lui manque et que cela a des répercussions à l’école. Parce que c’est toujours mieux d’aller voir un charlatan diplômé que d’affronter la vérité et qu’elle n’a pas que ça à foutre non plus. Et moi dans tout ça, je suis le sauveur qui la calme de temps à autre à coup de ganja pour lui faire relâcher un peu la pression…Mais je m’égare. Passons et retournons à ce qui préoccupe tout le monde en ce moment…

Le pays est en liesse. La seconde course quinquennale va commencer ce dimanche. Qui passera le poteau d’arrivée le premier ? Nicsableu le furioso et tenant du titre ou Frollarouge le boulonnais, son challenger. Déjà les bookmakers se font des couilles en or. Vous les avez vus aussi ? Ils trimballent des attachés-cases. Les deux canassons favoris des français seront bientôt dans les stalles et le gagnant se verra rajouter une charge supplémentaire (handicap en terme hippique) pour les cinq prochaines années.

Personne ne s’est jamais battu pour le partage. La réalité c’est la conquête, le désir de pouvoir, voilà pourquoi vous n’aurez pas la chance de me voir à l’hippodrome. Tout est dit !