Salle 5 - vitrine 4 ² : les peintures du mastaba de metchetchi - 38. et la vache, son lait donna ...

Publié le 05 mai 2012 par Rl1948

   Si, comme je vous l'ai indiqué lors de notre précédent rendez-vous, amis visiteurs, certains des propriétaires de mastabas memphites à l'Ancien Empire choisirent, parmi les thèmes abordés dans leur programme iconographique, de présenter au sein des scènes champêtres la fécondation de la vache par un taureau, puis, en toute logique, la délivrance de l'animal, l'allaitement du nouveau-né et, éventuellement, son sevrage, Metchetchi, pour sa part, à tout le moins au niveau des fragments que nous découvrons de conserve depuis le 15 novembre 2011, ici dans la vitrine 4 ² de la salle 5 du Département des Antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, ne retint que trois d'entre elles.

     Souvenez-vous, mardi, ne me cantonnant qu'à la partie inférieure gauche du monument, je vous ai invités à assister à la naissance du petit veau. Ce matin, il me plairait d'attirer votre attention sur ce que nous propose le côté droit.

 

    

   Sur le grand morceau de mouna peint (E 25515) de 81 centimètres de longueur et 45 de haut,

figure en effet, au registre inférieur du soubassement du mur duquel, au siècle dernier, il fut arraché par les pillards, ce tableau où deux vaches de races différentes, l'une brune, l'autre blanche, se font face avec, en guise de lien symbolique, le veau : l'un naissant, l'autre, blanc moucheté noir, étant affectueusement léché par sa mère.

     Les hiéroglyphes dessinés au-dessus de cette dernière précisent, de gauche à droite : Traire le lait.

Indication qui, a contrario, vous l'aurez compris, prouve que la petite bête choyée n'est déjà plus autorisée à se délecter du  lait maternel.

   Que voilà bellement et délicatement traduite, par l'artiste qui réalisa ce tableau pour Metchetchi, la notion de sevrage quand, plus prosaïquement, dans certains autres mastabas, nous est montré le jeune animal, l'une ou l'autre patte volontairement immobilisée, tentant vainement de se dégager pour aller téter sa mère toute proche.

     Souvent aussi, on le voit tirer la langue, soit qu'il halète après ses efforts pour se libérer, soit qu'il exprime tout simplement sa faim, son désir d'allaitement ...

     Vous remarquerez également que Metchetchi a choisi de faire représenter cette vache libre de toute entrave pendant qu'elle était traite : ce fut loin d'être le cas ailleurs ; oserais-je même avancer le terme d' "exception" pour définir ici cette figuration ?  

   Car très souvent, comme ci-après sur ce relief du registre supérieur du mur ouest de la salle III du mastaba de Kagemni remarquablement étudié sur le site OsirisNet - (Merci Thierry !) -,

l'animal est maintenu en laisse, pattes postérieures ligotées, de crainte d'une quelconque rebuffade.

     Il semblerait que le scribe des contours commandité par Metchetchi rechercha dans sa composition une simplicité certaine : assis sur sa jambe droite repliée, la gauche étant relevée, un large récipient sous le pis dans lequel le liquide s'écoule, l'homme est seul pour traire.

     Or, vous avez probablement constaté que dans d'autres tombes d'Ancien Empire que vous avez eu l'occasion de visiter sur le plateau de Guizeh ainsi que dans l'un ou l'autre ouvrage ou site que vous avez consulté, tout en restant évidemment le personnage principal, le trayeur peut être entouré d'autres hommes qui, soit privent la vache d'une mobilité qui pourrait le gêner, voire même le blesser, soit empêchent le veau de gambader vers sa mère, soit maintiennent eux-mêmes le pot à lait des deux mains ; soit encore, vieux bergers pérorants, distribuent conseils et recommandations d'usage ...

   Ceci corroborant à nouveau ce que je tente en permanence de démontrer au cours de nos différents entretiens : à bien le détailler, à bien l'analyser, l'art égyptien ne peut être accusé de la répétition monotone dans les composants d'une même scène !

   Mais ce liquide nourricier dont manifestement chez Metchetchi le veau fut privé, à qui et à quoi d'autre servait-il ?

   Quelle symbolique ce lait celait-il ?

   Voilà ce qu'il m'intéresserait de vous expliquer, amis visiteurs, lors de notre rencontre du 8 mai prochain.

   A mardi ?

(Vandier : 1969, 68-74 ; Ziegler : 1990, 130)