Beach House – Bloom

Publié le 05 mai 2012 par Wtfru @romain_wtfru

Comment faire après l’ immensément magnifique Teen Dream ? C’est là tout le questionnement autour de Beach House, de retour deux ans après, avec un nouvel album. Représentant, que disons-nous, porte-drapeau de la dreampop, le duo de Baltimore a la périlleuse mission de nous enchanter à nouveau avec Bloom, tout en faisant évoluer leurs envolées.
Pour tout ceux ayant loupé le train rempli d’amour de Beach House qui roule depuis sept ans, il est grand temps de le prendre en marche. Non, il ne s’agit pas ici d’une compile « house pour la plage » avec un énième titre de Bob Sinclar en compagnie de Big Ali ou un remix d’Helmut Fritz. Beach House c’est ce qui se fait de mieux en matière de musique remplie de bons sentiments, de douce rêverie sucrée, d’amour et de poésie musicale. Le genre de groupe qui réussirait sans doute à apaiser le conflit israélo-palestinien en une heure de live. Qui, s’il avait tenu le débat mercredi soir, aurait fait danser joue contre joue les deux prétendants au trône de France. Bref, de la came qui fait planer sans être dangereuse.

Aux premières notes de Myth, le doute s’estompe, la magie opère toujours. La voix aussi improbable que pénétrante de Victoria Legrand (petite fille du grand Michel Legrand) nous transporte pour cinquante minutes au-dessus des nuages et des tracasseries du quotidien. Tout au long de l’album, c’est toujours un peu plus clair: on est en train d’écouter le plus grand groupe de dreampop depuis des années. On aime beaucoup Animal Collective, Panda Bear et tout les autres, mais Beach House domine le jeu.
Deux raisons, l’une dans l’autre. La première, c’est le plaisir éprouvé quand nos deux amis ressortent la bonne vieille recette précédente. On a déjà parlé de Myth mais on peut tout aussi bien mentionné Lazuli ou le tellement beau Wishes.

Wishes

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La seconde, c’est qu’ils réussissent dans le même temps à changer quelque peu la sonorité globale du disque. Un peu plus rythmé, un peu plus acoquiné à l’indie rock. On retrouve donc ce délicieux mélange du triptyque synthé/piano/orgue accompagné d’une guitare qui se veut un tantinet plus électrique sur The Hours ou de drums plus rapides sur Troublemaker ou la grande trouvaille pop Other People. Le plus beau dans tout ça, c’est qu’ils parviennent à piocher dans des univers plus variés voire péchus tout en conservant cette ambiance câlino-amoureuse.

Other People

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Si une personne n’arrive pas à ses fins avec sa future conquête là-dessus, on veut bien assurer le service après-vente dans la peau d’un psychologue.
Alors, évidemment, il s’agit de ne pas écouter ce genre d’album par-dessus la jambe (ou l’oreille dans le cas précis). On en voit venir à l’avance des esprits chagrins nous expliquer que c’est toujours la même chose. Il faut l’écouter encore et encore, le décortiquer, pour en comprendre l’extrême richesse. Et très sincèrement, si vous ne ressentez pas la puissance et la beauté d’un titre de l’acabit de Irene, feu d’artifice final (comme l’était le superbe Take Care sur le précédent cd) , il faut consulter d’urgence. Pas impossible que vous soyez un serial killer en devenir, ou quelque chose dans le genre.

Irene

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On notera également la justesse infinie du travail de Chris Coady derrière les manettes en studio (producteur-ingénieur des albums de Santigold, TV on the Radio, Zola Jesus, Yeah Yeah Yeahs, Grizzly Bear entre autres).
Ce Bloom, vous l’aurez donc compris, c’est du petit lait qui s’installe directement dans les meilleures sorties de cette année et se greffe parfaitement dans la discographie sans faille de ce groupe de génie.

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