Politique monétaire de la BCE inefficace contre le problème structurel de la Zone euro

Publié le 09 mai 2012 par Davidmourey25

Dans un article de recherche publié ce jour, mercredi 9 mai 2012, et intitulé

« Même une politique monétaire de la BCE extraordinairement expansionniste et non conventionnelle ne règlerait pas le problème structurel de la zone euro »,

Patrick ARTUS

explique une nouvelle fois pourquoi des problèmes structurels ne peuvent être résolus

par une politique monétaire expansionniste à l’excès.

Faciliter le désendettement public et privé ne permet pas de résoudre les problèmes de compétitivité d’une économie et son manque de croissance potentielle.

« De nombreuses voix s’élèvent pour réclamer une politique monétaire très expansionniste et très non conventionnelle dans la zone euro.

On pourrait imaginer par exemple que la BCE rachète les dettes publiques (à leur prix de marché), et les échange dans son bilan contre de nouveaux titres de maturité très longue et de taux d’intérêt très faibles. La perte pour la BCE serait neutralisée artificiellement.

Ceci allègerait considérablement le service de la dette (publique et extérieure) des pays en difficulté.

Mais la crise de la zone euro ne serait pas pour autant terminée.

Plusieurs pays désindustrialisés de la zone euro (France, Espagne, Portugal, mais plus l’Italie) continueraient à avoir un déficit de leur balance courante (même en tenant compte de la baisse du service de la dette publique détenue par les non-résidents), et devraient toujours s’endetter auprès des autres pays.

Le problème du retour nécessaire à l’équilibre extérieur pour les pays d’une Union Monétaire sans fédéralisme, et du coût excessif en emplois de ce retour dans beaucoup de pays, serait toujours présent. »

 

« Les pays désindustrialisés de la zone euro (Espagne, Grèce, France, Portugal, pas l’Italie ont naturellement des déficits extérieurs.

Pourtant ceci est impossible durablement dans une Union Monétaire sans fédéralisme.

On peut alors avoir l’idée d’une politique monétaire ultra non conventionnelle, qui consisterait à remplacer la moitié de la dette publique de ces pays par une dette publique payant 1% de taux d’intérêt.L’effet favorable sur les déficits publics irait de 1 à 2 points de PIB.

L’effet sur les balances courantes ne ferait disparaître le déficit extérieur qu’en Italie, il ne le réduirait que faiblement en France, en Espagne, au Portugal.

On voit que le problème de la zone euro est plus profond que celui de la politique monétaire de la zone : même avec une politique monétaire ultra-expansionniste, les pays désindustrialisés seraient toujours confrontés à la nécessité de comprimer leur demande pour faire disparaître leurs déficits extérieurs. »

A lire en intégralité ici

http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=63888