La nausée

Publié le 17 mars 2008 par Laurent Matignon


La nausée. Reflux gastro-oesophagien. Autrement dit : RGO. Envie de vomir. Vomir pour de bon. Une bonne fois pour toute. Vomir à s'en sortir les tripes.
Brûlures. Le feu sacré. Sacrément douloureux. Lourdement salée, l'addition : des mois, des années à se tordre au-dessus des toilettes, à tenir compagnie à une bassine bleue comme le fond de la baignoire de ma nièce tout juste venue à la vie.

Moi si près de la mort.
Et ma route qui croise celle d'un médecin compétent. Humain. Intelligent. Intelligible.
La nausée qui cède du terrain face à un petit cachet blanc, absorption après absorption. Magie de l'inhibition de la pompe à protons.
Et puis, il y a un moins, une rhyno-pharyngite. Vilaine, vicieuse, hostile. Mal traitée. Et mon être maltraité. La gorge en feu, saisi de quintes de toux, convulsions imprévisibles qui me jettent au bas de mon lit au milieu de la nuit, qui me poussent dans les toilettes sur mon lieu de travail.
Plus d'un mois désormais. Trois médecins consultés, antibiotiques et tout le tralala habituel. Et la nausée est toujours là. Elle m'a vidé le ventre en plein coeur de la nuit, il y a quelques heures de cela. Comme elle le fait quasi-quotidiennement depuis mi-février.
Pourtant je sens bien que ce n'est plus la même : cette force noire et maléfique qui m'avait mis bas a depuis longtemps disparu.
La cuvée 2008 est gênante, certes. Mais elle n'est que le produit d'une infection. Microbienne, et non cérébrale.
Une question de jours, probablement.
(Quand Adeline Lamarre vomit, ça éclabousse de couleurs)