Il était une fois dans la banlieue Ouest.

Par Pagman

... Depuis le retrait de Shark Ozzie dans la réserve des Marakshee, le calme était revenu à Chihuahuan. Mais sous 50° à l'ombre, les esprits s'échauffaient vite. Trop vite. Ainsi, Klaus Gayhand, le desperado onaniste d'origine germanique (voir ici Et Viva la Collusion ! ) était de retour en ville pour aider son ami PC Baghate, maire de Bologna, petite bourgade dans les faubourgs de Chihuahuan qui allait devenir célèbre en inventant une sauce faite de viande, d'oignons, d'ail, de basilic, de laurier, d'origan et de sauce tomate. PC Baghate voulait désigner Klaus Gayhand comme Deputy-Sheriff de Bologna alors qu'au vu de sa sulfureuse réputation, personne n'en voulait. Surtout pas Teddie Solerr, régional de l'étape qui voyait là une excellente occasion de se faire mousser. Et comme il n'avait pas pris de bain depuis deux ans, ça tombait pas mal.

Dès l'instant où Klaus Gayhand aperçut Teddy Solerr, les mouches arrêtèrent de voler, les crotales détalèrent, les coyotes se turent et comme par magie, le son lancinant d'un harmonica se fit entendre car tout de même, on est dans un western. Face à face, ils se toisèrent avec dédain et leurs deux yeux aussi.

Harmonica.

Re-Harmonica.

Re-Re-Harmonica.

C'est Teddy Solerr qui dégaîna le premier. "Tu veux être Deputy-Sheriff de Bologna mais tu ne connais même pas El Rancho, le meilleur du pire des restaurants de la ville ! Moi, j'y ai une carte de fidélité. On m'appelle Señor Teddy là-bas", lança-t-il avant un rire sardonique du meilleur effet. Pour Klaus Gayhand, le coup était rude. C'est vrai, il n'avait jamais goûté les immondes fajitas d'El Rancho. Un point pour Teddy. " Oui mais moi, j'habite Bologna. Et depuis 5 ans, même que, alors". Pris à froid, Teddy Solerr chancela. Klaus avait touché un point sensible. Bien qu'il s'en défende, Teddy n'habitait plus Bologna depuis Belle Lurette, une jeune danseuse qu'il avait rencontré au saloon et chez qui il s'était installé un peu plus loin, dans les Eevelyn Mountains.

C'est qu'il était fourbe le Klaus Gayhand. Il avait toujours une carte dans sa manche et en général, c'était un as. La carte, pas Klaus car lui était plus un naze qu'un as. "On verra bien ce que diront les Bolognais et les Bolognaises", rétorqua Teddy Solerr, "moi, je suis Bolognais, je vote Bolognais. Et ils sont tous derrière moi". Klaus Gayhand se pencha sur le côté, ne vit pas grand monde derrière Teddy. "Moi, c'est Shark Ozzie qui m'envoie alors dégage. Si tu votes Bolognais, vote pas niais. Vote pour moi. Aha." Un argument massue, un vrai programme de campagne.

"Rendez-vous en juin", répliqua Teddy Solerr, "tu sais où me trouver, je serai à El Rancho pour tester la nouvelle formule à 12 dollars 80 avec nachos et tequila à gogo". Toutes dents devant, regard bleu métal comme un ciel d'été au dessus de Bergstesgarden dont il était originaire, Klaus Gayhand enclencha la multipliée : "C'est moi la nouvelle formule et je suis une Formule 1 !". Les grand prix d'automobile n'existant pas à l'époque, personne ne comprit. Rangeant de rage son Luger, Klaus Gayhand regarda Teddy Solerr s'éloigner, saluant quelques Bolognais qui pointaient à nouveau le bout de leur nez après l'orage. La partie n'allait pas être facile pour Klaus. Un duel au soleil, au sommet, au couteau, au finish, un mano à mano, un corps-à-corps, d'accord, d'accord. En son for intérieur, Klaus Gayhand von Fachofreund III, son nom complet pour l'état-civil, se remémora l'ancestrale devise familiale : "Schön. Gut. Bosch". C'est Beau. C'est Bon. C'est Boche