Paperadoxe

Publié le 14 février 2012 par Tilman @til__man

C’est décidément un fait, nous n’avons plus besoin de papier. Plus besoin de livres, plus besoin de tickets de métro ou de concert, plus besoin de lettres ou de cartes postales, voire plus besoin d’affiches de cinéma, bientôt nous n’aurons plus besoin non plus d’envoyer nos colis par la poste grâce aux imprimantes 3D. Pourtant, nous n’avons jamais autant utilisé de papier qu’avec les ordinateurs, la facilité avec laquelle nous pouvons en un clic coucher nos concept est si déconcertante que l’on si donne à coeur joie, davantage encore qu’avant la généralisation des ordinateurs. Selon The Economist, 15000 milliards de feuilles sortent des imprimantes chaque année, et ce, à une époque où le papier devient soit disant superflu.

Le deuxième paradoxe réside dans le fantasme selon lequel le zéro-papier est forcément écologique. Il faut savoir que sur le pur plan des emails, votre messagerie “gratuite” se doit de stocker tous les mails que vous recevez, tous ceux que vous envoyiez, et indifféremment si ceux-ci reprennent la même pièce jointe volumineuse et le même texte plusieurs fois. Tous sont disponibles, à tout moment et depuis n’importe quel point du globe. La qualité de ce service demande de stocker vos données à plusieurs endroits afin d’en garantir l’intégrité. Donc, les multiples emails d’une chaîne d’email dont seul le dernier mériterait d’être conservé, sont enregistrés intégralement sur plusieurs disques durs à plusieurs endroits du globe et sur des serveurs qui ne s’éteignent jamais. Idem pour les destinataires de la mailing liste qui n’ont que faire de l’email. Il est donc important de faire le ménage régulièrement et de respecter la netiquette.  Moins nous avons de données stockées en ligne, moins nous polluons. Nous imaginons aisément ce qu’il en est des photos et des vidéos beaucoup plus gourmandes en espace.

L’idée du cloud computing, c’est à dire l’idée selon laquelle la mémoire de stockage ne sera plus à terme embarquée dans nos machines mais sur un ordinateur distant, avance à pas de géant, mais n’est pas pour autant plus écologique, si tant est que l‘idée de partage est assez séduisante. Il en sera de même pour la puissance de calcul. Vu les débits actuels du réseau, les calculs d’algorithme pourront se faire dans un autre endroit du globe sur un serveur puissant, et ce, en affichant instantanément le résultat sur votre écran. Au global seront nous plus écologique sur le modèle cloud computing que sur le modèle actuel des ordinateurs personnels aujourd’hui super-puissants et utilisés la plupart du temps à de très faibles pourcentages de leurs capacités? Le papier bat-ils les 2 premiers après analyse globale du cycle de vie?

Sur ce je vous laisse, je retourne à mon cloud booking de quartier (comprenez ici bibliothèque), rendre mes livres et en emprunter de nouveaux.