11 juin / La loose - Préambule 1/3

Par Blackout @blackoutedition
11 juin La loose - Préambule 1/3 M'appelle Tristan. Ça démarre mal. On vient de me plaquer. Je dis "on" parce que me souviens plus exactement de son nom… Me souviens seulement de sa raie. Que j'ai beurrée quelquefois. Que cela veut-ce dire lorsque de quelqu'un on ne se souvient que de dos ? M'étonne d'ailleurs que, cette fois ça ait duré aussi longtemps. Trois semaines ou deux mois c'est selon comme on compte… Entorse réglementaire, c'est plâtré que je vais pleurnicher chez mon psy. Un psy ça sert à ça. Pleurnicher. Un psy, ça ne sert qu'à ça. Ou on n'est pas vraiment malade et on pleurniche son aise on raconte des histoires salaces du genre on s'est branlé dans les toilettes de l'école en fantasmant sur une petite stagiaire de quinze ans on bouffe ses crottes de nez devant son directeur on frappe son fils unique parce qu'il a mal essuyé les cabinets on rêve de tuer sa légitime pour pouvoir enlever la jeune stagiaire en paix tout ça avec la délicieuse frayeur que de l'autre côté de la paroi quelqu'un écoute par un trou dans le mur caché par un tableau. Et on ressort content et les kleenex usagés froissés dans son poing. On tue sa mère on couche avec son père. J'ai jamais couché avec ma mère. Ou alors une fois parce que les éclairs étaient trop forts. Je l'entendais gémir à chaque coup de tonnerre, j'étais debout sur mon lit, la fenêtre grande ouverte je regardais trempé le spectacle de la nature en colère et je comptais les secondes après chaque décharge. Arrivé à trois je l'entendais pleurer et lorsque la foudre est tombée sur le marronnier, je suis allé la rejoindre. Je suis tombé dans ses bras, c'est moi qui était trempé c'est elle qui tremblait comme une feuille, elle m'installa à côté d'elle me serra fort dans ses bras, je m'en souvenais comme de la veille, et l'orage, ayant eu sa victime s'éloigna peu à peu. Et ma mère s'endormit et je ne pus me défaire de son emprise qu'au petit matin. Ma chambre était trempée, j'avais omis de fermer la fenêtre. Ou on est vraiment malade, et il ne sert à rien qu'à tendre l'oreille à un muet, les étendues de la connaissance de la psychiatrie se limitant à la camisole chimique. A suivre... demain !

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