Euro 2012 / France – Angleterre: des regrets pour les français.

Publié le 11 juin 2012 par Wtfru @romain_wtfru

France-Angleterre était sans conteste l’affiche de ce groupe D. Et au contraire d’Espagne-Italie, les promesses n’ont pas été tenu. Après une première mi-temps encourageante, malgré l’ouverture du score anglaise, les français se sont ensuite cassés les dents sur la défense bien regroupée des hommes de Roy Hodgson. Nous pourrons toutefois retenir la belle capacité de réaction française et les bonnes prestations de Nasri, Ribéry et Diarra, longtemps décriés. La suite s’annonce belle pour la France, qui, avec un peu plus de volonté se qualifieront sans problèmes.

Comme un vulgaire Allemagne-Portugal, le match commence timidement. Les deux équipes ne veulent pas prendre le jeu à leur compte et les dix première minutes ne sont pas fracassantes. On pense alors que l’on va assister à un match merdique. Et bien non. Pour preuve, les anglais ne se contentent pas de défendre comme on aurait pu le penser et ils se montrent même dangereux par l’intermédiaire de Milner qui, servi par Young dans le dos de la défense centrale, n’a pas pu redresser son ballon alors qu’il semblait avoir pris le dessus sur Lloris. Le match est cependant équilibré, les occasions se font rares des deux côtés. Et pourtant on sent que les français peuvent faire la différence à tout moment grâce à des bonnes utilisations des côtés. Debuchy, à droite et Ribéry à gauche débordent bien, sans pour autant être précis dans le dernier geste. La France va le payer cher puisque ce sont les blancs qui vont ouvrir le score sur une tête de Lescott sur un coup-franc de Gerrard. Il est nécessaire de noter que c’est une faute bête de Patrice Evra qui coûte ce coup-franc. Les coqs sont en berne, mais ils vont vite réagir. Tout d’abord par l’intermédiaire d’Alou Diarra qui aura une double occasion de la tête à la 35ème minute. Puis ensuite grâce à Nasri bien servi en retrait par Franck Ribéry. Mais cette fois-ci c’est la bonne, la France recolle au score sur cette belle frappe lointaine du citizen. Longtemps un point faible de l’équipe de France, les frappes de loin semblent revenir à la mode. Tant mieux. Cette égalisation, qui intervient au meilleur moment, a l’avantage de pousser encore un peu plus des bleus dominateurs. La première mi-temps se termine par une action de Benzema, son unique du match.

Au retour des vestiaires, le match repart sur des bonnes bases. Les français attaquent le couteau entre les dents et tout s’emballe légèrement. Légèrement puisque cela ne va pas durer bien longtemps. Ainsi le match sombre dans l’ennui le plus total, les deux équipes jouent sur un faux rythme et les anglais sont tous regroupés en défense. La France a le ballon, le bloc anglais est bien en place. Les deux équipes semblent désormais jouer, non pas pour gagner mais plutôt pour ne pas perdre. Seuls Nasri, Debuchy et Ribéry créent du mouvement et il faut attendre la 80ème minute pour de nouveau vibrer sur une volée de Cabaye détournée de justesse en corner par Welbeck. On a comme l’impression que la France ne joue pas à fond, qu’ils se contentent de faire tourner le ballon, c’est crispant pour le téléspectateur. Et c’est sur ces mauvaises appréciations que le match se termine sur un score qui peut laisser d’énormes regrets à la France.

LES NOTES :

France :

Lloris (6) : il a connu des matchs plus compliqués. Jamais sollicité, on aurait mis Charles Itandje dans les buts qu’on y aurait vu que du feu.

Evra (5.5) : il n’a pas fait de grosses conneries et ça c’est déjà extraordinaire. En même temps, Milner n’a pas été très dangereux. Prenant la liberté de monter à plusieurs reprises, son apport fut intéressant mais pas essentiel.

Méxès (5.5) : trop loin des attaquants adverses sur certaines actions, il a cependant montré que le patron de la défense c’était bien lui. Auteur d’interventions salvatrices, sa motivation et son abnégation font du bien.

Rami (5.5) : sa balle perdue dès la deuxième minute au profit de AOC aurait pu présager une rencontre difficile. Que nenni. Il a assuré le minimum par la suite.

Debuchy (6.5) : son duel avec Oxlade-Chamberlain s’annonçait comme la clef du match. Cette clef, c’est Debuchy qu’il l’a remporté haut la main. Il a fait perdre la boule à ses adverses directs. Aucun doute, il est prêt pour Fort Boyard. N’osant pas trop monter dans les premières minutes, il s’est bien rattrapé par la suite en posant de gros problèmes à Johnson et à AOC.

Diarra (6) : fautif sur le but de Lescott puisqu’il lâche le marquage, il a bien failli se racheter mais ses deux têtes consécutives n’ont pas trouvé le chemin des filets quelques minutes plus tard. Ensuite, il s’est contenté de toujours jouer dans le même petit périmètre en ramassant les déchets. Mais ce n’est pas pour autant qu’il est embauché dans la société de Loulou Nicollin. Enorme en deuxième période.

Cabaye (6.5) : un jeu à base de passes courtes, de disponibilité, de précision, de récupération. Très complet, il a fait bonne impression. Indispensable. Remplacé par le plus offensif Hatem Ben Arfa à la 84ème minute qui n’a pas joué les coups à fond.

Malouda (4) : la déception de ce match. Auteur de matchs de préparations plutôt honnêtes, Malouda a sombré ce soir. Invisible, comme la petite culotte de Mère Teresa, il a seulement essayé de frapper de loin à plusieurs reprises. Mais ce n’est pas parce que ça a marché contre la Serbie que ça marchera tout le temps. Sorti logiquement pour Martin à six minutes de la fin.

Ribéry (7) : il a incontestablement retrouvé la confiance. Il a été partout, en attaque il s’est si bien infiltré dans les lignes adverses qu’il pourrait reprendre le rôle de Slinter Cell. Défensivement, il s’est montré accrocheur à la surprise générale. Bref, il n’avait jamais eu autant de travail à faire que depuis qu’il a appris l’alphabet, il y a deux ans.

Nasri (8) : en 732, ses ancêtres furent stoppés à Poitiers. Lui ne semble pas avoir de limites. Inarrêtable, il a couvert une surface de terrain incroyable. Normalement placé à droite, il a vite délaissé ce côté pour se placer en meneur de jeu. Sa frappe tendue et bien placée permet à la France de ne pas repartir les couilles dans le sac. A noter son petit ‘ferme ta gueule’ adressé aux journalistes qui participera à sa légende et qui fera parler les petits rageux du ballon rond.

Benzema (5) : sa note peut paraître un peu rude mais il n’a presque jamais été en position de marquer. Dézonant pire qu’un Anelka ou qu’un Fabregas hier, il a participé au jeu de passe mais pas au jeu d’attaque. Il n’a rien eu à se mettre sous la dent et pourtant il n’est pas somalien.

Angleterre :

Hart (5) : il avait un maillot Tetris mais ce n’est pas pour cela que sa performance a cassé des briques. Ses sorties en mousse de la première mi-temps laissaient augurer un match pourri mais il s’est bien rattrapé en seconde.

Johnson (5) : Ribéry lui a posé de gros problèmes. Lui, le latéral très offensif est resté bien sage de ce côté, préférant assurer derrière.

Terry (5.5) : sans adversaires directs, le travail est tout de suite plus facile. Il a donc eu tot le temps nécessaire pour penser à l’ex femme de Wayne Bridge.

Lescott (6.5) : la superficie de son front étant égal à l’aire de la Jordanie, c’était obligé qu’il marque de la tête. Très bon dans ce domaine, il n’eut pas de grosses interventions à effectuer en défense. +1 pour son but.

Cole (5) : Debuchy, le jeune international, s’est permis de jouer plusieurs mauvais tours à l’expérimenté latéral anglais. Le petit pont du premier sur le second a fait du mal.

Milner (5.5) : le troisième joueur de City sur la pelouse n’a pas été le meilleur mais il a assuré l’essentiel. Ici, on n’a pas grand chose à dire sur lui donc on meuble comme on peut.

Gerrard (6) : un Gerrard ne meurt jamais. Surtout si son prénom est Steven. Parce que le Jugnot, a bien falloir qu’il crève. Une passe décisive millimétrée et des retours défensifs salvateurs sont à mettre à son actif.

Parker (6) : jusqu’alors on avait vu Pirlo, Iniesta, Xavi. Maintenant, dans les joueurs classes, on peut rajouter Scott Parker. A court de forme, il céda sa place à Henderson le dernier appelé, à la 77ème minute.

Oxlade-Chamberlain (5) : à part un double contact et un carton, on l’a peu vu. Enfin si on l’a vu souffrir face aux français. Visiblement trop jeune et trop fougueux, le jeu de son équipe le forçait à défendre. Et défendre ce n’est pas du tout son genre. Remplacé par Defoe à la 76ème qui aurait pu perdre et son père et son match dans la même semaine.

Young (5.5) : des débuts prometteurs avant de peu à peu s’éteindre. Vivement pour l’Angleterre que Rooney revienne.

Welbeck (5.5) : à l’instar de Benzema, il a beaucoup décroché et c’est lui qui a le plus pesé sur la défense française. Qu’il retourne écrire des livres, Michel. Walcott a pris sa place à la 90ème après maintes tergiversations du quatrième arbitre.