Groupama : vente de Gan Eurocourtage à Allianz, c’est fait !

Publié le 12 juin 2012 par Copeau @Contrepoints

Vendredi, les deux groupes Groupama et Allianz ont annoncé dans un communiqué commun avoir signé un accord définitif concernant la cession à Allianz France des activités de courtage en assurances dommages de Gan Eurocourtage.
Par Thibault Doidy de Kerguelen.

Le 5 juin dernier, les membres des comités centraux d’entreprise (CCE) de Groupama et d’Allianz ont rendu leurs avis sur la vente de Gan Eurocourtage au groupe allemand Allianz. La CGT ne s’est pas positionnée, la CFE-CGC s’exprimée favorablement, alors que la CFDT a rendu un « avis d’abstention à connotation positive ».  Le processus de cession a donc pu suivre son cours.

C’est ainsi que vendredi 8 juin, les deux groupes Groupama et Allianz ont pu annoncer dans un communiqué commun avoir signé un accord définitif concernant la cession à Allianz France des activités de courtage en assurances dommages de Gan Eurocourtage. Si le montant de la cession n’a pas été dévoilé, le transfert de portefeuille représente environ 800 millions d’euros de chiffre d’affaires et 1,9 milliard d’euros de total de bilan. L’agence Reuters croit savoir qu’ Allianz versera autour de 100 millions d’euros à Groupama pour cette opération. 600 personnes rejoindront donc Allianz, pour qui cette acquisition débouchera sur la création d’un des principaux acteurs sur le marché du courtage en assurances dommages dans le pays, avec un réseau de 2 500 courtiers actifs.

La réalisation effective de la transaction est attendue au cours du quatrième trimestre 2012, sous réserve des autorisations réglementaires.

Intervenant peu après sur Radio Classique, Thierry Martel, directeur général de Groupama SA, a également confirmé que l’objectif de son groupe était de revenir dans le vert dès 2012, après avoir connu un exercice 2011 plombé de 1,76 milliard par l’exposition de Groupama à la crise grecque. « C’est notre objectif. Je pense que le plus dur a été d’encaisser la perte sur la dette grecque. Nous sommes donc confiants sur la capacité, en tout cas sur nos activités courantes, d’atteindre l’équilibre et même des bénéfices sur l’année 2012″, a-t-il ajouté.

Toujours en pleine « cure d’amaigrissement », l’assureur français poursuit des négociations exclusives avec l’assureur espagnol Grupo Catalana Occidente pour lui céder sa filiale dans le pays. Négociations que le contexte bancaire ne facilite pas.

Nous avions évoqué dans un article précédent la cession de ce magnifique immeuble situé au 52-60 avenue des Champs-Élysées à Paris. Comme nos informations le laissaient supposer, Groupama l’aurait cédé le 1er juin dernier à Qatar Investment Authority (QIA), le fonds souverain qatari, qui possède déjà dans la capitale l’Espace Kleber et le Royal Monceau. Le coût de la transaction serait effectivement de l’ordre de ce que nous avions évoqué précédemment, à savoir, aux alentours de 500 M€. Ce qui en fait la troisième transaction la plus importante en immobilier d’entreprise depuis dix ans.

Cette dernière opération est agaçante à plusieurs titres:

  • Tout d’abord parce que voir Groupama obligé de vendre un de ses joyaux parce que des mégalomanes ont précipiter la compagnie dans un abîme en toute impunité est rageant.
  • Ensuite parce que voir passer un nouveau splendide immeuble de la capitale dans des mains qataries est scandaleux. Pas scandaleux parce que qataries, mais scandaleux parce que toutes ces transactions se font dans un contexte de concurrence faussée. Quand un pool d’investisseurs se décidera-t-il à porter cela en justice ? Le régime entièrement défiscalisé dont bénéficient les Qataris faussent complètement les règles de concurrence. Il est urgent, surtout de la part d’un gouvernement qui envisage d’augmenter la pression fiscale sur les citoyens français, soit de contester les opérations d’investissement des Qataris en France, soit de les soumettre au régime fiscal commun, à celui des citoyens français.
  • Enfin parce que voir partir un immeuble, quel qu’il soit, 500M€ et un bijou économique comme Gan Eurocourtage pour moins de la moitié donne une idée de l’état de notre économie. La France se fige, se transforme en statue de sel et son patrimoine immobilier attire plus les « investisseurs » qu’un machine à cash de 2500 courtiers. Ce me semble, hélas, révélateur de l’idée que les investisseurs, les vrais, se font de notre perspective économique pour les années qui viennent.

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