Chroniques montreuilloises : 9e épsisode

Publié le 16 juin 2012 par Lecridupeuple @cridupeuple

Décidément, la vie politique montreuilloise réserve bien des surprises. Je ne vais pas passer sous silence l’événement : Jean-Pierre Brard ne siégera plus sur les bancs de l’Assemblée nationale. Il a appliqué notre principe de désistement républicain, bien que les précédents auraient pu l’en dissuader. J’en suis triste, je l’ai soutenu. Le Yalta passé entre l’amère et la rue de Solférino a donc porté ses fruits. Après les deux essais infructueux de Mouna Viprey - essais qui l’avaient amenée à passer alliance avec l’amère, on s’en souvient -, c’est donc celui qui avait promis aux habitants d’Orly de « rester à leurs côtés » qui représentera les Montreuillois et les Bagnoltais dans la chambre basse du Parlement.

Enfin, si les conditions du vote sont remplies. A l’heure où j’écris ces lignes, j’entends encore les coups de téléphone entre le cabinet de l’amère et tous les responsables politiques montreuillois. L’objet de cet affolement ? Vue la base militante d’Hammadi, il n’y avait pas, vendredi soir, assez d’assesseurs pour ouvrir les bureaux de vote dans des conditions normales dimanche. Ce qui amenait Claude Reznik, élu Europe Ecologie-Le Vide de Montreuil, à sonner l’alarme avec un très amical : “Les proches de Razzi Hamadi (les fautes sont d’origine) seront présents mais en trop petit nombre pour assurer la relève”. Etonnant, non ?

Les bureaux de vote de Montreuil ouvriront-ils à l’heure dimanche ?

J’ai du coup questionné ma conseillère municipale pour savoir si nous avions été sollicités. La réponse est négative. Je comprends mieux : vendredi 15 juin après-midi, à l’hôtel de ville, une réunion discrète a été provoquée, à laquelle ont participé une centaine d’agents municipaux. En échange de rétribution, bon nombre d’entre eux joueront les assesseurs dimanche. Pour faire élire son chouchou, Claude Rznik n’ayant réussi à réunir les troupes, l’amère banque pour assurer le bon fonctionnement de la démocratie.

Bref, s’il est élu finalement, ce qui devrait se produire, l’amère pourra raisonnablement se dire qu’elle a fait un bon calcul. A priori, les amis du futur député fictif ne devraient plus l’embêter avec ces vulgaires questions politiques de fond : l’avenir du cinéma municipal Le Méliès, l’urbanisme et autres hausses d’impôts. Qu’il me soit permis de dévoiler, à ce propos, la vraie raison qui a amené François Miranda à ne pas présenter sa candidature. Ce n’est pas le souci d’éviter la division, qui se rappelle des municipales de 2008 le comprend aisément. Il nous faisait juste son cinéma en tant que militant de l’association Renc’Art au Méliès.

Côté appareils, en tous cas, les leçons des cantonales 2011 ont été retenues : la social-démocratie verte ou blanc cassé ne se divisera plus. A l’amère - morte (il n’y a pas eu de nouveaux échanges de sms, elle n’a pas retrouvé le portable de François) - Montreuil. A Razzy, une ville à sa taille : 1,60m les bras levés, Bagnolet. Oups, ne venez pas dire que je manque de respect à la ville où siège mon ami Daniel Bernard. J’ai juste trouvé une jolie formule dans la bouche d’un ami.

Cette photo a été retouchée avec Photoshop

On me signale, dans l’oreillette, que le futur député fictif s’est engagé à ne pas briguer la mairie de Bagnolet en 2014. Je signale à mon oreillette qu’il a aussi écrit qu’il resterait « aux côtés des habitants d’Orly » à l’issue des municipales de 2008. Enfin, pour garder toujours notre sérieux, le candidat rose pale (bien qu’il se targue d’être de la « gauche » rue de Solférino – faut que je vérifie s’il y a un bar à ce niveau) nous a assuré, dans une vidéo largement popularisée par le vert Oliva, qu’il soutient le retour en régie publique de l’eau à Est-Ensemble. Il faut savoir que la délibération d’Est-Ensemble faisant adhérer cette Agglo au SEDIF, délibération initiée par les amis de Razzy, a été retoquée par le tribunal administratif. C’est Bertrand Kern qui va commencer à s’agacer avec ces coups de Trafalgar en direct de Montreuil-Bagnolet. A noter d’ailleurs que l’amère a été discrète sur cette question d’eau. N’y voyez aucune allusion aux rumeurs dégueulasses qui courent la ville sur certains de ses penchants. Je ne bois pas de ce vin-là. D’ailleurs, je suis à l’eau.

Donc, nous n’avons pas fini de rire puisque nous disposons désormais de deux sujets d’amusement dans le secteur. Merci aux électeurs de régaler mes lecteurs. Puisque je parle de vous amis lecteurs, je vais en toucher deux mots à l’attention de mes plus réguliers d’entre-vous : le cab de l’amère. Outre que, grâce à leur constance, j’ai encore grimpé au classement ebuzzing des blogs politiques les plus influents, ces Chroniques ton amère ont dépassé audiblement les seuls cercles militants. On me rapporte qu’un tel, citée ici, s’est vu transmettre le lien par courriel de son voisin, pourtant bien loin de mon lectorat de base. Moi, ça me fait plaisir de voir le cab si ravi. J’ai appris, incidemment, que ces petites lignes aux accents comiques circulent sous forme imprimée. Mais suffit, assez d’autosatisfaction.

L’amère va encore changer de couleurs. Mais pas de couleur de cheveux.

Ma satisfaction première est grande, moi qui vendait les petites mains siglées SOS Racisme quand j’avais quatorze ans au collège Rascol à Albi. Malgré les hauts scores de Marion Anne Perrine Le Pen ailleurs qu’en Montreuil, la lutte contre le racisme et les préjugés a énormément progressé et il convient de s’en féliciter. Les élus blancs, de sexe masculin, quinquagénaires et plus, n’ont plus le monopole de la malversation. Cela va fortement contribuer à réduire les discriminations. Le changement, c’est vrai, c’est maintenant. Et sous nos yeux.

J’en conclus là pour cette neuvième partie des Chroniques montreuilloises. Je n’ai pas tout dit mais il faut que j’en garde sous la pédale. Il y a conseil municipal le 24 juin. Je m’en voudrais de rater le rendez-vous et de priver mes amis conseillers municipaux du franc sourire de l’amère à cette occasion.

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Dernière minute : mon oreillette me glisse que Florence Frery, adjointe amère de Montreuil, se plaint de l’absence de Brard au second tour des législatives. Faudrait peut être que l’amère en chef lui rappelle que c’est dans l’unique intérêt de celui qui est son candidat, ne lui en déplaise. Oh, bien sûr, mon candidat à moi était arrivé en retard au premier tour. Mais Fréry devrait savoir qu’il y a de drôles de retournement de situation des fois… Et tant qu’à parler de courage, puisque l’accord PS-EELV ne prévoyait pas de candidature commune, pourquoi l’amère ne s’est-elle présentée ? Peur ?

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Bonus vidéo : Tribe “Daddy’s House”