Pour Swan, chorégraphie de Luc Petton

Publié le 18 juin 2012 par Onarretetout

Les premières images du spectacle de Luc Petton font penser à l’aventure de Zeus et Leda. Le cygne noir joue avec la nageuse, la séduit, la caresse, monte sur elle avant qu’elle sorte du bassin, tirée de l’eau par une autre. Zeus et Leda, c’était inévitable, et tant de peintres l’ont essayé qu’un chorégraphe pouvait bien s’y risquer. Faisant cela, il se confronterait aussi à la danse classique, et au fameux Lac des cygnes. Mais dans cette pièce de Tchaïkovski, les cygnes sont des femmes. Dans la pièce de Luc Petton, les femmes sont des danseuses qui tentent des mouvements de cygnes, le bras levé évoquant le col de l’animal, par exemple. Et l’exploit ici c’est d’approcher le plus possible le battement des ailes, le pas des pattes palmées, d’être à l’écoute de l’oiseau.

Je n’ai pas vu La confidence des oiseaux, du même Luc Petton, qui m’a donné envie de voir ce spectacle. La taille des cygnes impose des gestes différents, une sorte de confrontation entre l’élégance et la maladresse. On sourit de la marche en canard d’une danseuse, de la traversée du plateau par un cygne blanc volant pour rejoindre la danseuse. On admire surtout la chorégraphie, le détail des corps qui se déplient, qui s’enroulent. La musique modèle l’espace, vents, percussions, cliquetis. Les ondes glissent sur l’écran en fond de scène, où se reflète à la fin le plateau après la pluie et l’arc-en-ciel, projetant l’image d’un nuage où les nymphes et les dieux ailés s’ébattraient. Tout est beau dans ce spectacle et tout séduit.

Mais…

J'ai vu ce spectacle au Théâtre National de Chaillot.