Sportive de haut niveau, une rencontre avec Blandine Belz

Publié le 22 juin 2012 par Antoine Dubuquoy

Un mardi soir. L'équipe de France de balle au pied affronte les suédois. Le blogueur n'en a cure. Il regarderait bien le match avec ses potes, pour le plaisir de boire des coups en se gavant de pizza. La classe, quoi. Le pur cliché. C'est marrant le cliché. Parfois. Mais ce soir, le blogueur est en mission. Sur son bronco mécanique, il se dirige vers Saint Ouen. Il passe la frontière du périph. Les Puces. Les rues. La banlieue. Où est ce gymnase? Pluie fine. GPS... Devant le gymnase, des jeunes. Sweat façon Mark Zuckerberg pour la capuche. Casquettes enfoncées sur les yeux. Style baggy et baskets XXXXL. Le blogueur se la joue dégagé, genre Hunter S. Thompson au milieu des Hell's Angels. Scooter rutilant garé, respiration, hyperventilation. Même pas mal. Bob Morane contre tout chacal, l'aventurier contre tout guerrier.

Le décor est planté.

Flashback. Et question: mais que fait notre aventurier dans un gymnase de banlieue? L'invitation faite au blogueur: interviewer une internationale de handi-basket, être filmé pour la promotion de la cause du handisport. On est loin du rock'n'roll et des geekeries en tous genres. Mais le blogueur se doit d'être curieux de tout. Et la pratique fantasmée du gonzo journalisme implique de se plonger dans son sujet. Sans rien y connaitre hormis le fait que le basket se joue à 5. Mais le truc du fauteuil... Etrange. Bien sûr, il a en tête les images d'Oscar Pistorius, égérie récente d'un parfum Mugler. Un homme augmenté, malgré ses jambes amputées. Erange en plus d'avoir entendu parler la même semaine du transhumanisme. Le handicap, le regard gêné que l'on se surprend à avoir à l'égard de celui ou elle qui n'est pas conforme aux standards de perfection de la société du spectacle à la sauce Photoshop. Rencontrer une athlète de haut niveau, en fauteuil. Un coup de Google. "Blandine Belz, basket". 

Premiers mots pendant que l'équipe de tournage installe le matériel. "C'est vous le blogueur?". Bah, oui. Le blogueur, espèce étrange, qui cette fois-ci n'est pas dans les coulisses de l'Olympia ou en train de déguster des macarons aux saveurs exotiques, mais sur un parquet. Cinq fauteuils. Des mecs. Baraqués. Qui préparent leur matos, qui s'attachent au fauteuil, un fauteuil aux roues inclinées. Une fille. Jeune. Qui est arrivée en marchant et qui se marre quand je le lui fais remarquer. Car le basket-fauteuil, même des valides pourraient le pratiquer. C'est juste une question de degré de handicap. Un classement de 1 à 5 points en fonction de l'invalidité. Le valide a 5 points. Blandine Belz, 4. Un accident lors d'un match de handball en compétition, les séquelles et l'impossibilité de poursuivre son parcours chez les valides. N'ayant jamais vraiment joué au basket, et le découvrant pendant sa rééducation, Blandine Belz se pique au jeu. 

Internationale. En équipe de France et probablement sélectionnée pour les JO paralympiques de Londres, elle fonce sur le terrain. Le jeu avec ses sparring partners est rugueux. Marquages impressionnants, pointes de vitesse, virtuosité dans le maniement simultané du fauteuil et de la balle. Jusqu'aux sorties de route et basculements de fauteuils. Un joueur de handi-basket se relève à la force des bras et des abdos. Fort! Deux heures d'entrainement plus tard, le blogueur est assis sous les projecteurs en face de Blandine Belz. Petit trac malgré tout. Elle est cool et sympa. Début de la conversation. On oublie la caméra. Eclairages en place, tout est en place. Go! Clap! 

"Bonsoir Blandine, impressionné je suis, etc, etc..." On discute, on se marre. 

Et pendant ce temps, 11 baltringues gavés de fric en maillot blanc rayé se prennent un but. Le suédois quand il ne vend pas de meubles en kit en grignotant des sandwiches au renne fumé et des bonbecs Daim peut-être agressif sur un terrain de foot. Pas Njut!

Et pendant ce temps on parle avec Blandine de la faible médiatisation du handisport. Et des faibles moyens financiers disponibles. On parle de ses performances. De l'esprit d'équipe. On se parle comme de vieux amis. Conversation, on en oublierait presque la caméra. C'est cool. Raccords image, quelques questions encore. Champ-contrechamp. C'est dans la boîte. Le reste à découvrir dans la vidéo finale.

Voila.

Un dernier mot: allez faire un tour sur la page Facebook du club des supporters Handisport!

A suivre!