« this summer ep » de caged animals + this summer interview

Publié le 05 juillet 2012 par Acrossthedays @AcrossTheDays


A l’heure où chacun est parti en quête des riffs et mélodies qui accompagneront ses après-midi de cuivrage épidermique, ses heures de trajet en automobile, train ou avion, ses couchers de soleil couleur pamplemousse ou encore sa glace mangue/litchi (comprenez : la putain de playlist estivale parfaite), les New-Yorkais de Caged Animals dévoilent This Summer EP. Le timing est idéal. Le titre aussi.

Forts de Eat Their Own, leur album paru en 2011, les cinq Brooklynois reviennent pour nous faire bronzer. On connaît déjà leur don de manier et d’allier mélancolie et euphorie (un petit tour sur leur bandcamp vous permettra de mieux cerner leur palette) et leur sens de l’esthétisme (en témoignent les clips de Girls On Medication, du beau Pile Of $$$  et du plein d’œstrogène All The Beautiful Things In The World). Pas de surprise, This Summer EP comporte les mêmes ingrédients que leurs précédents opus.

Quinze minutes et trois secondes d’évasion

C’est le déjà culte This Summer I’ll Make It Up To You qui ouvre la marche. Le morceau, déjà présent dans Eat Their Own, n’est plus une découverte. Il donne néanmoins toujours furieusement envie de louer une chaloupe et de prendre la mer à toute vitesse.

L’escapade terminée, on regagne la plage avec Burnt Butterfly, où Vincent Cacchione et ses acolytes dévoilent un savant mélange de surf music vocalement assaisonnée de reverb tout droit sortie des 80′s. C’en est étonnant de réussite. On écoute plaisamment les bruits des vagues de She Oughta Be In Malibu puis le beau I Will Take My Own Hand, regrettant son trop facile refrain, avant de s’arrêter plus longuement sur ^^ & Away. On y retrouve la même voix que sur Pile Of $$$. Mélancolie légère, chœurs croquignolets, mélodie répétitive : on voyage. C’est réussi pour les Caged Animals. Bien qu’ils n’opèrent pas là un grand bouleversement dans leurs sonorités, on ne peut s’empêcher de se rêver aux quatre coins du monde, à l’écoute de l’EP. On programme ses vacances, achète ses billets et on attend patiemment les beaux jours dont la bande son se dessine peu à peu.

Entre deux sessions en studio, Vincent Cacchione a bien voulu nous accorder un peu de son temps pour nous parler de ses « animaux en cage ».

Ce n’est pas trop dur de faire de la musique avec sa famille et sa petite amie ?

Pas du tout ! Tout les membres du groupe ont leurs propres projets en dehors, on peut donc être ensemble sans soucis et on en éprouve un grand plaisir. Je suis désolé pour les autres groupes, mais au niveau des vibrations et relations au sein de la formation, on est au dessus.

Comment avez-vous enregistré « This Summer EP » ? Chez vous et par vos propres moyens, comme « Eat Their Own » ? Si oui, vous êtes-vous lancé dans le mastering, pour celui-ci ?

Tous les morceaux de Caged Animals sont enregistrés dans mon appartement, à Bushwick. L’EP a été enregistré et mixé ici, mon ami Paul Gold de Salt s’est encore chargé du mastering. Les titres de « This Summer » sont, en fait, assez vieux, à l’exception de « She Oughta Be In Malibu », qui a été écrit pour compléter les quatre autres morceaux juste avant d’enregistrer l’EP. Les chansons ont bien 2/3 ans.

Quels sont les futurs projets de Caged Animals ?

On a passé l’année à travailler sur un nouvel album intitulé « In The Land Of Giants », sur lequel on apporte en ce moment même les dernières retouches. C’est assez différent de tout ce qu’on a fait avant mais c’est carrément la meilleure musique sur laquelle j’ai travaillé. Je n’ai jamais passé autant de temps dans un projet solo et ne me suis jamais autant investi émotionnellement dans quoique ce soit avant ça.  J’ai l’impression d’évoluer dans un autre catégorie, là. Ce sera intéressant de laisser sortir cette musique de l’espace très privé dans lequel on vit et de voir quelles seront les retours.

Quels sont les albums que tu as apprécié, depuis le début de l’année 2012 ?

Je n’ai pas vraiment prêté beaucoup d’attention à ce qui est sorti cette année. Musicalement, je passe énormément de temps dans du plus « classique ».  Lorsque j’ai travaillé sur cet album, j’ai écouté des artistes qui me sont chers : John Prine, Robert Wyatt Prince, Neutral Milk Hotel, Chad VanGaalen, The Magnetic Fields, Destroyer, Cass McCombs Ray Davies, Arthur Russell, Spiritualized, Nick Cave, John Lennon et Bob Dylan.

Les quelques albums récent qui m’ont touché ont été réalisés par mes amis ;  »Oshin » de DIIV’s, « Manifest » de Friends, « Staring At The X » de Forest Fire’s et les nouveaux projets de mes amis Shilpa Ray, Larry Ratso Sloman et Give To Light ont tous été de la plus grande importance pour moi.

Aurais-tu une anecdote marrante à partager avec nous ?

En Hollande, à Noël, ils ont une parade bizarre à laquelle on a pu assister. C’est, en gros, une interprétation raciste du mythe du Père Noël dans laquelle ce dernier arrive en ville à dos de cheval, accompagné d’un groupe d’elfes portant des visages noirs.

Qui a réalisé le clip de « This Summer I’ll Make Up To You » ?

La vidéo a été réalisée par notre ami Ace Norton. On avait déjà travaillé avec lui sur le clip de « Pile Of $$$ », donc quand il m’a présenté l’idée, je savais qu’on devait sauter sur l’occasion. Le plus intéressant, au sujet de ce clip, est qu’il a été filmé en dehors de Los Angeles entre d’intenses et sporadique averses de grêle. C’était un temps non-estival comme on en invente pas, mais je pense que c’était écrit dans le thème de la chanson et de ses attentes déçues.

Est-ce que les Caged Animals aiment aller au zoo ?

J’y vais, bien que, comme tout le monde, ça me rende triste.

Qui est le meilleur danseur du groupe ?

Barbarino a le move !

Quels sont tes lieux favoris de Brooklyn ?

Uncle Louie G’s Italian Ice, Tilden Beach (qui est techniquement dans le Queens) et ma maison.

Comment te vois-tu dans 10 ans ?

Je ne me suis jamais vu d’une manière différente que la manière dont je me vois actuellement : à enregistrer des morceaux et bosser sur des projets intéressants avec des gens que j’admire. J’aimerais faire un film, un jour ou l’autre, durant la prochaine décennie.

Et si je t’avais posé la question il y a dix ans ?

J’aurais décrit ma vie exactement comme elle est aujourd’hui. Je me serais peut-être donné un plus gros salaire (rires).