Bob Dylan: Le Joker-Chapitre 4

Publié le 15 juillet 2012 par Numfar

Chapitre Quatre: Fidèles et Infidèles

(Tu es né avec un serpent dans chacune de tes mains,

pendant qu’un ouragan soufflait.

La liberté est au coin de la rue pour toi,

mais avec une vérité si lointaine,

à quoi te servirait-elle?

«Jokerman»)

En 1979, Dylan se fait baptiser chrétien et va ennuyer ses fans avec une trilogie d’albums à thèmes religieux : Slow Train Coming (1979), Saved (1980) et Shot Of Love (1981) qui contiennent néanmoins quelques très bons titres ici ou là.

Dylan renie ensuite sa foi (La musique reste ma seule religion affirmera t’il à l’époque) et renaît encore une fois avec l’excellent album Infidels, produit par Mark Knopfler, qui contrairement à son titre, n’est pas (ou plus uniquement) un album à thème religieux et un titre comme «Jokerman» réconcilie enfin Dylan et son public.

Malheureusement les années 80, comme pour beaucoup d’artistes de sa génération, vont être une décennie extrêmement médiocre pour le Zim.

Des albums live inutiles (Real Live en 1984 avec Mick Taylor ou Dylan & The Dead avec le Grateful Dead enregistré en 1987) ou des albums studios sans grand génie comme Empire Burlesque en 1985, Knocked Out Loaded en 86, Down In The Groove en 88 qui vont émécher la patience et la fidélité de ses admirateurs.

Mais en 1988, un nouveau miracle va se produire.

L’union de 5 potes: George Harrison, Tom Petty, Jeff Lynne, Roy Orbison et Bob Dylan, qui vont produire un superbe petit album sous le nom des Traveling Wilburys.

Un tube: Handle with care, et surtout une autoparodie de Dylan génialissime: Tweeter & the monkey man.

Dylan est meilleur que jamais sur Oh Mercy en 1989, enregistré à la Nouvelle Orleans et produit par Daniel Lanois.

De très grands titres (Political world, Man in the long black coat) et une production très réussie font de ce disque un must pour les fans.

En 1990, Dylan participe au 2e et dernier album des Traveling Wilburys et publie un autre album que j’aime aussi beaucoup mais qui divisera à nouveau son public: Under The Red Sky.

Dylan fête ses trente ans de carrière en 1992 avec un concert au Madison Square Garden, accompagné de ses amis et admirateurs: George Harrison, Eric Clapton, Johnny Cash, Kris Kristofferson, Lou Reed, Roger McGuinn, Tom Petty, Stevie Wonder, Neil Young, Willie Nelson etc.

Il publie en 92 et 93 deux albums acoustiques de traditionnels du folk: Good As I Been To You et World Gone Wrong,  à réserver aux inconditionnels.

Entre 1990 et 1997, Dylan ne publiera pas d’albums studios et la question que l’on peut se poser est la suivante:

Qu’est-ce que le vieux Dylan peut encore nous apporter?

© Pascal Schlaefli

Urba City

Juillet 2012