Les adoptés

Par Clemiclem

C'est sur les conseils de Squizzz, un blogger ciné à surveiller que j'ai décidé de retenter l'aventure Mélanie Laurent. D'ordinaire, je la mettrai dans le même sac que les Marion Cotillard, Audrey Tautou et autres représentantes d'une exception culturelle à la française, à savoir, pédante et méprisante. Je vais pourtant faire exception et contempler le travail de Mélanie Laurent derrière la caméra. Elle qui n'avait réalisé jusque là que deux courts métrages et un album taillé en pièces s'attaque au long format, consciente que la critique se fera un malin plaisir de lui tomber dessus au premier écart!Une chose est sûre, la parisienne n'est pas venu les mains dans les poches mais des idées plein la tête qu'elle a pu piocher ça et là. Autant se le dire de suite, les adoptés n'a rien de novateur. Il emprunte les codes et techniques d'ancêtres du cinéma dans une sorte d'hommage dont on ne parvient jamais à déterminer le genre.
Le film raconte le destin de deux sœurs d'adoption, Marine et Lisa dont les relations oscillent entre une protection quasi malsaine et une culpabilité qu'elles agrémentent jour après jour au gré de leur rencontres. Difficile de se construire avec un boulet pareil même si Marine va tout de même tomber sur la perle rare et donner ainsi un nouveau sens à sa vie. Démarre alors une relation tumultueuse avec Alex ( le fermier d'Inglourious Basterds, ne cherchez plus!) qui va brutalement prendre court au coin d'une rue pour finir dans un profond coma. La position d'Alex n'est pas des plus évidentes dans une famille qui prône le protectionnisme depuis des lustres. Reste pour lui à les convaincre et parvenir contre tout à se faire adopter.
Le film est plutôt réussi même si Mélanie Laurent a sans doutes voulu trop bien faire. Elle mélange différents styles en nous balladant de la comédie romantique pendant prés d'une demi-heure au mélodrame des familles pour le restant du film. Ses approches sont intelligentes mais trop disparates. Elle prend chez Jeunet pour la nostalgie et les tableaux de l'enfance, chez Lioret pour la tragédie aux limites du pathos. Il faut dire qu'elle a été à la bonne école, elle qui incarnait l'actrice principale de je vais bien ne t'en fais pas dans une production qu'on pourrait facilement rapprocher des adoptés. Mélanie joue avec les champs contre-champs, floutant une réalité pas toujours facile à discerner et mettre sur la table. Elle enchaîne de nombreux  courts plans séquences qu'affectionne particulièrement Wes Anderson devenu maître en la matière. En somme, elle nous offre un patchwork de ce qu'elle kiffe dans le septième art depuis qu'elle y a mis un pied!
Vous l'aurez compris, je ne vous propose pas une soirée de franches rigolades malgré la présence au casting d'Audrey Lamy (sœur de) dont on ne vante plus les mérites sur la scène humoristique française. J'ai aussi oublié de vous préciser que Mélanie Laurent tenait sa place des deux côtés de la caméra. Elle nous offre une prestation assez sobre dans un genre qui l'habille à la perfection. On notera également la belle prestation de Marie Denarnaud qu'on espère revoir rapidement dans un prochain long métrage. Elle signe malgré son temps de jeu plutôt maigre une prestation notable qu'on ne peut qu'adopter!
Extrait musical