OM Unit – Aeolian | EP (Civil Music)

Publié le 02 août 2012 par Splash My Sound @splashmysound

Il est des sorties musicales qu’on attend, d’autres un peu moins, certaines arrivent enfin, d’autres ne voient jamais le jour. Une attente créée par la créativité de l’artiste et par une petite touche supplémentaire de marketing effervescent sur la toile.

Aeolian fait partie de celles-là. Bon, certes à moindre échelle qu’un certain Dretox, forcément Om Unit ne joue pas dans la même cour que Dr. Dre. Quoiqu’il en soit, cet EP est sorti, et c’est déjà pas mal. Et moi, la cour de Om Unit, même si elle n’est pas très grande, je trouve qu’on s’y plait bien dedans.

Voilà quelques temps que Om Unit fait parler de lui. Déjà remarqué avant sa participation à la RedBull Music Academy en 2011, à la suite de laquelle des projecteurs supplémentaires se sont focalisés sur lui. Des EPs, beaucoup de remix, un side-project tonitruant sous le nom de Philip D. Kick, et hop l’annonce d’un EP en plein été fait saliver tout le monde.

A sa juste valeur

L’EP Eolian démarre avec un Ulysses qui porte plus que bien son nom. Les trompettes synthétiques d’introduction sont triomphalistes, le beat démarre, un petit 160bpm des familles sans s’essouffler. Si avec ce track Ulysse revient, il sortira de son vaisseau spatial en faisant des pas de danses footwork à rendre jaloux n’importe quel danseur de Chicago. Mais sans trop s’essouffler non plus, le kick et le snare sont là tous les temps pour ne pas se presser, c’est le premier track du EP, on va non plus cracher nos poumons dès le début non plus!

Même si Om Unit s’est dernièrement illustré sous les meilleures lumières dans des rythmiques rapides et futuristes, il démontre avec ce nouvel EP qu’il sait très bien calé ses machines à 80bpm, sans doubles croches, sans pression. Fumes te transportera de nénuphars en nénuphars, à fleur d’eau. Une escapade semi aquatique, semi aérienne avec une grosse basse dub et des frivolités mélodiques aiguës, minimalistes, le tout accompagné de nappes synthétiques qui te font sentir bien dans les airs. Ferme les yeux mais pas trop longtemps, elle ne dure que 3 minutes.

Avec Eolian, on sent que Om Unit a voulu quand même affirmer ses influences. Et c’est tout à son honneur. Eviter l’étiquette, partir la tête la première dans un style précis, briller, et ne plus pouvoir sortir du cadre. Avec cet EP, il pose les choses, rappelle à l’ordre. Tu veux du hip hop? Du gros boom bap? Dès les premières secondes de Lightworkers call t’en as pour tes tympans et ta tête bougera avec autant d’envergure que pour Organized Konfusion ou Onyx à l’époque. La sirène west coast en plus. Et ouais. Entre un fat beat et une ligne de basse bien actuelle, OM Unit arrive à te glisser le petit rappel de 1996 directement venu de Compton lifté façon 2012 : la sirène du gangsta rap!

Om Unit part dans des tempos différents et rend hommage à des influences diverses. Il le fait constamment à sa manière, avec ses outils. On sent quand même tout le long un fil conducteur, un truc en arrière plan, une sonorité particulière, la clé de voûte centrale qui fait que cet EP tient debout, fièrement, les épaules droites, le torse bombé, le regard porté vers le futur.

Bémol? Bin oui bémol. On l’attendait cette sortie de OM Unit, et une petite « erreur » fait baisser l’émerveillement. Tamara Blessa, pourtant chanteuse à la voix pleine de grâce avec un grain très chaleureux ne fait pas mouche sur Dark Sunrise. Une production minimaliste et efficace mais une mélodie de voix qui frôle à certains moments la dissonance. Une collaboration qui aurait pu nous emmener beaucoup plus loin. Dommage.

Une critique qui n’entache que très peu le tableau global de cet EP se concluant sur 2 remixes impressionnants de Reso et Sweatson Klank. Aeolian nous laisse présager que le meilleur pour le demain et l’après demain de Om Unit. Des sorties de sa part il y en aura d’autres, et on les attendra toujours autant!

Aeolian est disponible en vinyle et digital (MP3 / FLAC) sur www.civilmusic.com et sur