SPORT: Usain Bolt pourrait battre son propre record avec l’aide de l’altitude et du vent – European Journal of Sport Science

Publié le 03 août 2012 par Santelog @santelog

Alors que la finale du 100 mètres des Jeux Olympiques de Londres a lieu dimanche 5 juillet, ces chercheurs néo-zélandais montrentque l'homme le plus rapide du monde, le Jamaïcain Usain Bolt, pourrait l'être encore plus, avec l'aide du vent et de l'altitude. Si, malheureusement, il n'y a quasiment aucune chance que les conditions idéales soient réunies à Londres, cette étude nous rappelle que si talentueux qu'il soit, l'homme reste tributaire de la nature.


Les auteurs ont imaginé la situation suivante. La finale du 100 mètres est remportée par le Jamaïcain Usain Bolt. Rien de surprenant sinon que dans ce scenario, il bat son propre record (9,58 s) avec un temps de 9.48 secondes. Selon les chercheurs, ce serait le cas avec un vent arrière de 2 m/s (maximum de vitesse du vent autorisée) et si la course avait eu lieu à une altitude de 999 mètres. Evidemment, Londres ne trouve qu'à seulement 24 mètres d'altitude.


Les scientifiques défendent néanmoins largement l'idée de l'impact des facteurs environnementaux sur la performance sportive. Le 16 août 2008, Usain Bolt remportait son premier record du monde du 100 mètres, aux Jeux olympiques de Pékin avec un temps de 9,69 s. Un an plus tard, lors des championnats du monde à Berlin, en Allemagne, il battait son propre record en 9,58 s. Il y a le talent de l'athlète mais, expliquent les autres, d'autres facteurs qui peuvent influer sur ses performances. L'altitude ( < ou > à 1.000 mètres), le lieu, si la course a lieu en intérieur ou en extérieur, les challengers, le mode de chronométrage…


Dans le cas Usain Bolt, les auteurs invoquent le vent. Le jour de son premier record, il n'y avait pas de vent alors que lors des championnats du monde, il y avait bien un vent arrière d'une vitesse de 0,9 mètres/ seconde. Steve Hollings, auteur principal de l'étude et expert du Performance Research Institute et chercheur à l'Université de Technologie de Auckland (Nouvelle-Zélande) a utilisé une approche empirique pour estimer les effets de la vitesse du vent, de l'altitude et d'autres facteurs environnementaux sur 44.000 résultats de 619 athlètes masculins. Son étude identifie d'autres facteurs environnementaux comme le niveau de compétition, la méthode d'entraînement et si la compétition est en intérieur ou extérieur.


Bolt pourrait battre son propre record à nouveau : Si l'on ne se fiait qu'à ses précédentes performances, à Berlin, le coureur Jamaïcain aurait fait le 100 mètres en 9,62 secondes, sans le vent. « Le vent a donc amélioré le record de 0,04 secondes », précise Steve Hollings. Mais, son équipe va plus loin et suggère même que Bolt pourrait battre son propre record à nouveau avec un temps de 9,48 secondes si la vitesse du vent arrière atteignait 2 mètres par seconde et si la course se déroulait à une altitude de 999 mètres. Certes, les Jeux Olympiques de Londres ne répondent pas à ces critères.


Faut-il mesurer la vitesse du vent ? «Mesurer la vitesse du vent pour le 100 mètres, le 200 mètres haies et le 110 mètres est d'ailleurs l'un des sujets les plus controversés dans le sport depuis l'introduction de la mesure en 1936 (et en 1950 pour les 200 mètres)», explique S. Hollings. Une règle pourtant légitime, selon les auteurs, lorsqu'ils constatent, après avoir calculé qu'un vent arrière de 2 mètres par seconde apporte un avantage de 0,07 à 0,09 secondes sur un 100 mètres.


L'altitude aide les sprinters : L'altitude peut aussi avoir une influence sur la performance des athlètes. À des altitudes « élevées », les athlètes peuvent mieux résister à des courses courtes parce que la résistance de l'air est plus faible. Dans le cas des courses plus longues, les 1.500, 5.000 et 3.000 mètres haies voire 10.000 mètres, des temps plus courts ont été enregistrés grâce à la quantité d'oxygène disponible qui favorise la performance aérobie de l'athlète. D'une manière générale, l'auteur souligne l'amélioration, ces 10 dernières années, des performances réalisées dans les grandes compétitions « plus courtes » soit de 0,7% dans les 400 mètres et de 0,8% dans le 400 mètres haies vs une dégradation des temps de 0,6%, 1,2% et 0,2% pour les 1.500, 5.000 et 10.000 mètres, respectivement.


Source: European Journal of Sport Science 12(3): 201-206 DOI: 10.1080/17461391.2011.552640, 2012 Environmental and venue-related factors affecting the performance of elite male track athletes" (Visuel site officiel des Jeux Olympiques de Londres)