Anniversaires indiens

Publié le 16 août 2012 par Egea

Pascal TH revient de vacances et repend la bonne habitude de m'arroser de ses messages instructifs. C'est donc lui qui me signale de 65ème anniversaire de l'indépendance indienne, mais aussi le cinquantième anniversaire de l'abandon des comptoirs français dans le sous-continent. J'ai le grand plaisir de reproduire le texte qu'il a rédigé. Ajoutons que ce la aurait pu être l'occasion d'un article ou deux ici ou là, et qu'alors qu'on veut vendre des Rafales à Delhi, il y a quelques politesses qui marquent des attentions délicates qui ne sont pas de refus. Et si la courtoisie était l'art premier de l'influence ?

source O. Kempf

Il y aura 50 ans, le 16 août 2012, que le transfert de jure des Établissements français de l’Inde a été effectif. En effet, le 28 mai 1956 Jawaharlal NEHRU et Stanislas OSTROROG respectivement Premier ministre de l’Union Indienne et ministre ambassadeur extraordinaire des Affaires extérieures plénipotentiaire de France ont signé un Traité de cession des Établissements français de Pondichéry, Karikal, Mahé et Yanaon qui rentrera en vigueur le 16 août 1962 (notez, au passage, qu’un ambassadeur signe au nom du Président de la République ce qui revient moins cher que d’envoyer une délégation en voyage officiel depuis Paris et témoigne de la confiance que l’on accordait à l’époque à un ambassadeur…pardonnez-moi, je m’égare)

En 1601 une société formée en Bretagne fit partir deux navires (le Croissant, sous la conduite de La Bordelière et le Corbin sous les ordres de François Grout-du-Clos-Neuf) pour l'Inde. Cette compagnie, constituée à Saint-Malo, Laval et Vitré, entreprit, suivant les termes de l'auteur de la relation de son premier voyage, Pyrard, « de sonder le gué et de chercher le chemin des Indes pour aller puiser à la bonne source.»

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En 1615, deux marchands de Rouen, Muisson et Canis, créèrent la Compagnie des Moluques ou Flotte de Montmorency qui après bien des vicissitudes deviendra, en 1664, la Compagnie des Indes Orientales à l’instigation de Colbert. La Compagnie fonda son premier comptoir, Surate, en 1668 puis on vit successivement s'élever les Etablissements d'Hougly, de Chandernagor, de Dacca, de Kassimbazar, dans le Bengale ; de Mirzeou, dans le royaume de Visapour; de Ballipatnam et de Téllichéry, dans la contrée de Kananor; d'Alicota, sur les terres de Kalicut; de Masulipatam, dans le royaume de Golconde; et enfin de Pondichéry. Ce fut en 1670 que la Compagnie établit ce dernier comptoir vers le milieu de la côte de Coromandel, dans un lieu nommé auparavant Poudoutcheri ou Boudoutchéri, à peu près à égale distance de la ville portugaise de San-Thomé au nord, et de l'Etablissement de Tranquebar au sud, que les Danois y avaient fondé dès l'année 1630. Quand on songe que le Comté du Roussillon a été rattaché à la France, par le Traité des Pyrénées en 1659…

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En 1947 l'indépendance de l'Inde est proclamée. A partir de là, la question des Etablissements est soulevée : les partisans d'un rattachement à l'Inde s'opposent aux partisans du maintien de la souveraineté française, tandis que les deux gouvernements font la sourde oreille. Edouard Goubert, un créole pro-français, arrive à cette période-là, la France compte sur lui pour maintenir sa présence en Inde mais en 1954, lorsque le sort des Etablissements de l'Inde est une fois encore remis en question (suite à l'abandon de l'Indochine), Goubert fait volte-face et se range du côté indien. L'Inde et la France passent le 1er novembre un accord pour le transfert de facto du territoire. Le traité de cession entre en vigueur le 16 août 1962 (transfert de jure). Les habitants doivent alors choisir leur nationalité et l'administration devient entièrement indienne avec parfois le modèle français (on délivre aux mariés un livret de famille portant le nom et le symbole de la République Indienne). 10% des habitants des Etablissements choisirent la nationalité française.

PTH